Équipe de France

Zinédine Zidane : « Ce serait bien de voir les Français en finale »

C’était un peu avant. A quelques encablures du Stade de France, en marge de France-Allemagne, « Zizou » était venu présenter le ballon officiel de l’Euro 2016. C’était calme, c’était paisible et l’occasion était trop belle de faire une pause avec le « Z », entre sa nouvelle vie d’entraîneur du Castilla (l’équipe B du Real Madrid) et ses sentiments à l’égard de l’équipe de France, qu’il sent plutôt bien à quelques mois de l’Euro. Et c’était, aussi, quelques jours avant la claque 0-4 infligée par le Barça au Real, qui a lourdement fragilisé Rafael Benitez et fait subitement remonter son nom à la surface, pour devenir le prochain entraîneur du Real Madrid…. Séance de mots croisés façon « ZZ ».

PLANETE FOOT : Comment faut-il s’adresser à toi ? On doit dire « Monsieur l’entraîneur » ? « Zizou » ? Comment te sens-tu dans cette nouvelle vie de coach ?
Zinédine ZIDANE :
Bien, bien, je me considère toujours en apprentissage. C’est beaucoup de travail, d’abnégation, c’est le quotidien. J’ai eu la grande joie d’être le second de Carlo Ancelotti dans l’équipe première du Real. Mais au bout d’un an, j’avais envie de faire autre chose. J’ai eu, c’est vrai, la possibilité d’aller à Bordeaux l’an passé (ndlr : à l’été 2014) mais ça ne s’est pas réalisé. Et le Castilla s’est offert à moi. Comme je voulais rester à Madrid, j’ai sauté sur l’occasion.

PF : Pourquoi cela ne s’est pas fait à Bordeaux ?
Z.Z. :
J’avais envie. J’ai rencontré Jean-Louis Triaud, on a bien discuté. Dès le départ, il m’a exposé très clairement la situation. Il m’a dit qu’il n’y aurait pas beaucoup de recrutement, que les moyens étaient limités. Voilà, les choses ne se sont pas faites mais c’était très clair dès le départ. J’ai opté pour un autre choix. Et je ne le regrette pas.

PF : Un an et demi après, quelle est ton ambition ?
Z.Z. :
D’abord, je suis entraîneur, sous contrat. On verra le reste plus tard. L’ambition, c’est de coacher une grande équipe un jour. Mais je vois déjà qu’il y a beaucoup de boulot avec le Castilla. Et j’aime ça. Avec les jeunes, c’est vraiment gratifiant.

PF : Quelles sont les différences entre être un joueur et être un entraîneur ?
Z.Z. :
Quand tu es joueur, tu t’occupes de toi. Entraîneur, tu t’occupes de tout le monde. Ça change tout. La vision change. Mais je dois dire qu’être responsable de tout un groupe, c’est quand même assez top ! Tu t’aperçois qu’il y a deux objectifs. Le premier : gagner des matches. Le second, la chose la plus importante à mes yeux : essayer de tirer 100% de chaque joueur.

PF : La question revient régulièrement mais toujours avec ce recul nouveau pour toi, peut-on t’imaginer un jour à la tête de l’équipe de France ?
Z.Z. :
On me pose toujours cette question. Oui, bien sûr qu’un jour, si j’ai la possibilité d’entraîner les Bleus… A ce moment-là, pourquoi pas. Mais on en est loin. D’abord et c’est pareil pour tous les entraîneurs, ce sont les victoires et les palmarès qui te permettent d’avancer. Que tu t’appelles Zinédine Zidane, Pierre, Paul ou Jacques. Cette saison, on est bien, l’objectif est d’accéder aux playoffs. On est en haut du tableau, ça va. Mais c’est un travail continu. Chaque semaine, on s’améliore, à tous les niveaux. Dans la communication, le management, dans à peu près tout en fait. J’espère monter en Deuxième division avec les jeunes. Je suis content d’être avec eux. Les jeunes, c’est différent. Mais avec eux aussi, j’apprends.

PF : Que préfères-tu gagner ? Une Coupe du monde avec les Bleus ou dix Ligues des champions en tant qu’entraîneur ?
Z.Z. :
Les deux ! Bien sûr. Elle est bizarre, la question…

PF : Ne penses-tu pas qu’au-delà de ta jeune expérience de coach, les présidents de clubs peuvent se montrer réticents à l’idée d’appeler Zinédine Zidane, de déranger une légende ?
Z.Z. :
Franchement ? Non. Ma carrière de joueur s’est réalisée en vingt ans. Les choses se passent petit à petit. Entraîner, c’est pareil. Tout ne vient pas du jour au lendemain. Je prends mon temps. On a l’impression que je pourrais, demain, entraîner qui je veux… Mais non, ça ne se fait pas comme ça. Eh, « step by step », comme on dit !

PF : « Step by step », donc, pas le grand Real ?
Z.Z. :
Je ne lorgne rien du tout. Je ne regarde pas derrière, je ne regarde pas le futur. Je prends du plaisir dans ce que je fais jour après jour. Je suis focalisé sur le présent.

PF : Quel regard portes-tu sur l’équipe de France ?
Z.Z. :
Ils ont fait une belle Coupe du monde au Brésil. Ils ne sont pas passés loin de réussir l’exploit contre les Allemands en quarts de finale. Il n’y a pas grand-chose à dire.

PF : Sont-ils bien lancés pour l’Euro ?
Z.Z. :
Ils sont armés. Des jeunes arrivent derrière, l’équipe se met en place, avec des joueurs intéressants à tous les postes.

PF : Elle te plaît, cette équipe ?
Z.Z. :
Oui, ça joue, il y a de très bons joueurs et surtout un groupe qui se met en place. L’entraîneur y est pour beaucoup.

PF : Pour revenir à l’Euro, es-tu confiant pour les Bleus ?
Z.Z. :
Pas confiant, je suis très confiant ! Supporter, à fond, comme toujours, même si ça surprend du monde à chaque fois. A fond derrière l’équipe. C’est en France. Alors forcément, ça mettra de la pression mais l’équipe est habituée. Ils (les joueurs) évoluent tous dans les meilleurs clubs européens. Ça me rappelle un petit peu ce qu’on a vécu en 1998. On était aussi dans les meilleurs clubs européens et on a gagné.

PF : C’est quoi, la recette ?
Z.Z. :
Il faut juste arriver prêt le jour J. On est à six mois, c’est encore loin mais en même temps, c’est tout près, parce que ça va venir vite. Mais l’ossature, les joueurs, l’entraîneur, tout y est, tout est rassemblé pour faire quelque chose de bien.

PF : L’Allemagne, que les Bleus viennent de battre, est-elle toujours la meilleure équipe du monde ?
Z.Z. :
Elle fait partie des meilleures. C’est l’actuelle championne du monde. Mais il y en a d’autres qui peuvent l’inquiéter. A chaque fois, c’est pareil. Je suis bien placé pour le savoir… (Il sourit, en coin)

PF : La Mannschaft était au-dessus du lot en 2014. Est-ce, à ton avis, toujours le cas ?
Z.Z. :
Quand on regarde de près cette équipe, on se dit que l’entraîneur, là aussi, y est pour beaucoup. Joachim Löw a mis quelque chose en place, des joueurs arrivent à bien jouer tous ensemble, une complémentarité s’est créée. C’est bien pour les Bleus de les avoir affrontés. Ça a montré le niveau de l’équipe de France.

PF : OK, l’équipe de France est sur le bon chemin. Mais avec quelques bâtons dans les roues, quand même, avec l’affaire Mathieu Valbuena-Karim Benzema…
Z.Z. :
Encore une fois, je vois simplement l’objectif des Bleus, dans six mois J’espère que tout sera réglé, rentré dans l’ordre et qu’on verra la meilleure équipe de France possible sur le terrain. Point.

PF : Pour toi, l’ancien capitaine des Bleus et l’actuel éducateur, Karim Benzema a-t-il encore sa place en Bleu ?
Z.Z. :
En reparler encore et encore n’arrangera rien. La seule chose que j’ai dite à Karim, parce que j’ai parlé avec lui, c’est de faire attention.

PF : Quelle pourrait être la surprise à l’Euro ?
Z.Z. :
Il y a tellement d’équipes ! La Belgique est capable de réaliser quelque chose de bien. Avec des joueurs pareils, fantastiques, un entraîneur qui arrive lui aussi à mettre une philosophie en place… C’est très intéressant, c’est à voir, la Belgique ! Je les ai suivis deux ou trois fois, notamment au Stade de France, au moins de juin. Ils ont été premiers au classement FIFA, c’est normal. Il existe toujours une logique dans le football. Et puis ils ont Eden Hazard, celui qui me procure le plus de plaisir quand je le regarde jouer.

PF : Oui mais il est un peu dans le dur, Eden, cette saison, non ?
Z.Z. :
Ouais mais ce n’est rien, ça ! Ça fait partie d’une carrière, des moments qu’il faut accepter. On est moins bien, ça arrive, il faut travailler et sortir la tête de l’eau. Mais on parle de qui, là ? Eden Hazard ? Donc, je ne me fais aucun souci pour lui !

PF : On parle rarement de l’Italie. Qu’en penses-tu, toi, l’ancien de la Juventus Turin ?
Z.Z. :
Moi, je ne l’oublie pas. C’est un peu comme pour les Anglais, comme les Allemands. Dans les grandes compétitions, elle répond toujours présent. Après, on verra à quel degré mais c’est une équipe sur qui il faudra compter. Parfois, il n’y a pas trop de jeu mais ils parviennent quand même à sortir leur épingle du jeu et ils arrivent à aller très loin dans les compétitions.

PF : As-tu un pronostic pour la finale de l’Euro ?
Z.Z. :
Ce serait bien de voir les Français. En finale, oui. Contre qui ? La France en finale. Contre qui, peu importe ! Après, l’essentiel sera de voir une belle compétition, de beaux matches.

ZZ présente Beau Jeu, le ballon de l’Euro
« C’est un beau et bon ballon. Parce que Adidas est toujours à la pointe de la technologie. Le cuir rappelle le ballon du Brésil (ndlr : Brazuca), les couleurs sont celles du Tricolor (le ballon de la Coupe du monde 1998). Et puis son nom, c’est ce qu’on veut tous voir. J’aime ça. » Si lui le dit…

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