Étranger

Yacine Brahimi : « Je ne me fixe pas de limites »

Il s’est révélé lors de la Coupe du monde au Brésil et a explosé cette saison à Porto. Yacine Brahimi a pris le temps de faire une pause avant de défier le Bayern en quarts de finale de la Ligue des champions. Même pas cracheur de feu, le Dragon…

PLANETE FOOT : Ça fait quoi de se retrouver dans le top huit européen, en quarts de finale de la Ligue des champions ?
Yacine BRAHIMI :
C’est une très, très grosse satisfaction. Surtout que c’était ma première expérience en Ligue des champions. On a fait un superbe parcours. Jouer ces grands matches, c’est du bonheur.

PF : Quand on atteint ce stade de la compétition, est-ce que l’idée, c’est d’aller au bout ?
Y.B. :
Non, on n’y pense pas encore. On n’avait pas d’objectif très précis. Notre but, c’était surtout de ne pas avoir de regrets. Tout donner pour aller le plus loin possible. C’est déjà bien de s’être qualifié pour les quarts. On savoure, on prend match après match.

PF : Où situerais-tu Porto sur l’échiquier européen aujourd’hui ?
Y.B. :
Déjà, il s’agit d’un grand club au vu de son histoire et de ses performances chaque année, aussi bien en Ligue des champions qu’en championnat. Porto ne fait peut-être pas partie des… (Il hésite) six ou sept meilleures équipes du monde mais je pense qu’il a les qualités pour rivaliser chaque année avec les meilleurs. Il ne cesse de progresser, de grandir.

PF : Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de ton arrivée chez les Dragons ?
Y.B. :
L’organisation. Tout de suite, je l’ai vue, sentie. Depuis la première minute, tout se passe pour le mieux autour de moi. C’est le top de l’organisation. Et puis il y a les supporters. C’est une chance de pouvoir compter sur leurs encouragements qui ne se démentent jamais. Un vrai plus.

PF : Justement, on parle souvent de l’ambiance du Dragao. Concrètement, quand on joue pour Porto, ça fait quoi ?
Y.B. :
C’est beaucoup de responsabilités. Dans les grands clubs, la seule chose qui compte, à chaque match, c’est de gagner. C’est une banalité de le dire mais il s’agit d’une réalité qu’on vit au quotidien. Ne jamais rester sur une défaite et toujours avancer dans le positif, voilà notre credo. Bien sûr, les supporters ont beaucoup d’attentes. Mais je le répète, c’est une chance de les avoir. On essaie de tout donner à chaque match, surtout au Dragao.

PF : Comment expliques-tu ton explosion au plus haut niveau à 25 ans alors que tu étais pourtant l’un des plus gros espoirs du championnat de France quand tu n’en avais que 20 ?
Y.B. :
C’était écrit, c’est comme ça. Je crois au destin. Tout ce qui est arrivé dans ma vie devait se passer, c’est ainsi que je vois les choses. Ces années m’ont permis d’apprendre, de grandir et de mûrir. Au final, je suis beaucoup plus serein dans ma tête. Ce ne sont pas des années perdues. Ça aurait pu aller plus vite ? Ç’a pris ce temps-là, voilà. Ç’a été compliqué pour moi en France mais j’ai beaucoup appris dans la difficulté. Je n’ai pas perdu de temps. Je n’ai ni rancune, ni regret. Ensuite, j’ai vécu deux très bonnes années à Grenade, importantes, où je me suis épanoui et où j’ai profité de beaucoup de temps de jeu.

PF : Te considères-tu au sommet de ton art ou penses-tu pouvoir améliorer certains points ?
Y.B. :
Je peux encore beaucoup progresser. J’en suis convaincu. J’essaie toujours de travailler un peu plus pour m’améliorer, arriver au plus haut niveau possible. Il y a encore tellement de choses à apprendre…

PF : Lesquelles ?
Y.B. :
L’efficacité, marquer le plus possible, offrir plus de passes décisives. Etre le plus influent possible dans le jeu.

PF : Dans quel domaine penses-tu avoir le plus progressé depuis ton départ de Rennes ?
Y.B. :
J’ai mûri. Je crois que c’est le plus important. Il y a aussi le fait que je marque beaucoup plus. Je me montre plus décisif aujourd’hui qu’hier. Mais ce n’est pas encore assez.

PF : On dit que le niveau international change un joueur. Est-ce que la Coupe du monde change un homme ?
Y.B. :
Non. Ça procure une immense expérience, c’est quelque chose de formidable. Participer à une Coupe du monde, c’est juste extraordinaire. Tout jeune rêve d’en disputer une un jour. Elle m’a apporté énormément de bonheur et de très grands souvenirs mais je ne dirais pas qu’elle change un homme.

PF : Et au niveau du joueur, est-ce que la Coupe du monde au Brésil a tout changé ou est-ce une progression linéaire qui t’a mené jusque-là ?
Y.B. :
Je travaille depuis longtemps pour progresser petit à petit. La Coupe du monde, vu la médiatisation et tout ce que cela engendre, ça compte plus, c’est un accélérateur dans le sens où nous, les joueurs, qui la disputons sommes, sans nous en rendre compte, beaucoup plus exposés. Mais je dirais que ma progression est bien plus linéaire.

PF : Quels sont tes rapports avec Christian Gourcuff ?
Y.B. :
Excellents. J’ai de très bons rapports avec lui et aussi avec Yazid Mansouri (ndlr : son adjoint). C’est un très bon coach qui a beaucoup de choses à apporter à la sélection algérienne.

PF : Quels sont les ambitions des Fennecs à plus ou moins long terme ? En avez-vous déjà parlé entre vous, avec l’ossature très forte qui compose la sélection aujourd’hui ?
Y.B. :
Le seul regret, c’est la dernière Coupe d’Afrique cet hiver. De ne pas être allé plus loin. Maintenant, pour beaucoup d’entre nous, comme moi, c’était une première CAN. Dorénavant, on sait à quoi s’attendre. Nos prochains objectifs : la CAN 2017 et bien sûr la qualification pour la Coupe du monde 2018. On veut vraiment continuer notre progression et surtout gagner quelque chose pour notre pays.

PF : Petit, avais-tu un, voire plusieurs modèles sur lesquels tu t’es appuyé ?
Y.B. :
J’aimais beaucoup Ronaldinho et Zinédine Zidane pour une raison très simple, ils étaient les meilleurs joueurs du monde. Leur style de jeu m’attirait. Ils ont marqué ma jeunesse. C’était eux et puis c’est tout. Je n’ai pas vraiment eu de déclic. J’ai juste toujours énormément travaillé. Travail, travail, détermination, c’est le fruit de ma réussite. J’ai certes un caractère fort mais je sais où je veux aller et comment.

PF : Aucun regret, alors ?
Y.B. :
Non. Pas de regret. J’avance.

PF : Où se situent tes limites ?
Y.B. :
Sincèrement, je ne sais pas. Je ne m’en fixe pas. Je vais tout faire pour aller le plus loin possible. A la fin de ma carrière, on pourra se poser et se dire : « Voilà, ses limites, elles étaient là. »

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