Équipe de France

XV de France : Main-d’œuvre étrangère chez les Bleus

Si la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre et l’Ecosse puisent sans scrupule dans le réservoir étranger, la France a toujours été réticente à le faire. Philippe Saint-André n’a pas eu le choix pour la tournée en Nouvelle-Zélande, faisant appel à la main-d’œuvre venue d’ailleurs. Débat au pays du cocorico…

La déroute de l’équipe de France lors du Tournoi des VI Nations a incité Philippe Saint-André à ouvrir sa liste à trois étrangers pour les trois test-matches contre la Nouvelle-Zélande programmés en juin. Trois nouveaux : les Sud-Africains Bernard Le Roux et Daniel Kotze et le Fidjien Noa Nakaitaci. Un autre Sud-Af, Antonie Claassen, a rejoint les Bleus après sa finale du Top 14 contre Toulon. Cet apport de sang neuf était indispensable selon « PSA » qui ne s’est pas posé la question de savoir si ça allait plaire ou déplaire. « J’ai eu la chance de jouer avec Eric Melville et Abdelatif Benazzi et je peux vous dire qu’au bout de cinq sélections, on ne se demandait plus s’ils étaient nés à Paris ou à Oujda. Ces gars-là se donnaient à 200%. » Un nouveau débat sociétal à travers le rugby made in France…
L’Angleterre aligne fièrement des joueurs d’origine sud-africaine (Brad Barritt, Mouritz Botha), néo-zélandaise (Thomas Waldrom, Mako Vunipola), samoane (Manu Tuilagi) et galloise, quand elle intègre Ben Morgan notamment. Philippe Saint-André ne s’est pas gêné pour le rappeler à des médias toujours très conservateurs dans ce milieu : « Dans l’équipe d’Angleterre qui nous a battus lors du dernier Tournoi, neuf joueurs sur quinze n’étaient pas nés en Angleterre et cela ne leur posait pas de problèmes. » En clair, pourquoi la France se priverait-elle d’un droit (article 8 de l’IRB) si les sélectionnables en question sont meilleurs que les Français au même poste ? Saint-André poursuit : « J’ai emmené 4 gars sur une liste de 35 joueurs. C’est plus que d’habitude mais au poste de pilier droit, il y a beaucoup d’étrangers dans le Top 14. » Cela justifie le choix de Kotze mais minimise celui d’un troisième ligne aile comme Bernard Le Roux, formé au Racing Métro. C’est surtout à l’ouverture que les étrangers sont légion dans le championnat de France. « PSA » assure pourtant avoir ce qu’il faut en numéro 10, même s’il a laissé François Trinh-Duc à Montpellier.
Si ces « étrangers » sont bons, le débat sera clos. S’ils n’apportent pas une nouvelle dimension dans le jeu tricolore, ils seront jetés en pâture et on reparlera de Wenceslas Lauret ou Alexandre Lapandry, pour jouer en troisième ligne aile, ou Romain Martial pour remplacer le Fidjien Noa Nakaitaci. On peut penser que ce dernier a de vraies chances de revenir chez les Bleus : à 22 ans, il peut évoluer aussi bien à l’aile qu’au centre et la saison passée, il a inscrit 8 essais en 13 matches du Top 14 sous le maillot de Clermont. Mais dans un milieu où l’important n’est pas la Rose mais de chanter correctement « La Marseillaise », Nakaitaci a tout intérêt à retenir les sermons de Saint-André autant que les paroles de l’hymne national.
Tous n’ont pas eu le temps de les apprendre dans un passé plus ou moins lointain. Dris Van Heerden n’avait obtenu que 2 capes, comme Steven Hall et Legi Matiu, passés en coup de vent en 2002 et 2000. Philippe Saint-André veut bien justifier ses choix, encore faut-il que les joueurs adhèrent à son projet.

La règle de trois
Un joueur étranger peut être sélectionné par une autre nation s’il remplit les trois conditions suivantes :
1. Le joueur ne doit jamais avoir été sélectionné dans son pays d’origine lors d’une rencontre reconnue par la Fédération Internationale de Rugby
2. Le joueur doit être né ou l’un de ses parents ou l’un de ses grands-parents doit être né sur le sol de la nation pour laquelle il est susceptible d’être sélectionné
3. Le joueur doit habiter depuis trois ans dans le pays en question et jouer depuis au moins 36 mois dans une équipe du pays pour lequel il est sélectionnable
A noter que ce dernier point de la réglementation a été contourné par la FFR dans les cas du Sud-Africain Bernard Le Roux et du Fidjien Noa Nakaitaci, qui étaient dans les fameux cadres des JIFF (Joueurs issus des filières de formation) et qui sont donc considérés comme Français par une faille dans le système des JIFF.

Neuf étrangers en bleu
Avant les Sud-Africains Bernard Le Roux et Daniel Kotze et le Fidjien Noa Nakaitaci, ils étaient 9 à avoir porté le maillot tricolore.
Nom >>> Pays d’origine
Abdelatif Benazzi, Maroc
Legi Matiu, Samoa
Tony Marsh, Nouvelle-Zélande
Eric Melville, Afrique du Sud
Dris Van Heerden, Afrique du Sud
Steven Hall, Afrique du Sud
Pieter De Villiers, Afrique du Sud
Brian Liebenberg, Afrique du Sud
Antonie Claassen, Afrique du Sud

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