Équipe de France

Wissam Ben Yedder, le nouveau roi du Stadium

Wissam Ben Yedder est un enfant de la balle, ancien international de futsal, tube de l’été devenu affaire très sérieuse l’automne dernier. Gros plan.

« Zlatan Ibrahimovic, c’est comme Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo. Je regardais tous ses buts en vidéo. Mais maintenant, je regarde plus souvent mon but contre Evian ! » Son but à lui. Le truc qui tournait en boucle sur son téléphone. « Pratiquement tous les jours. Le soir, quand je rentrais chez moi. Le maillot rose d’Evian, tout ça… » Le déclic. C’était le 21 avril dernier, un soir de défaite pour Toulouse face à l’ETG (2-1, 32e journée). Un souvenir indélébile pour Wissam Ben Yedder. Son premier but en Ligue 1.
Wissam, titi de 22 ans, gamin du 9-5 (Garges-lès-Gonesse) et des alentours, tortionnaire de défenses dès les catégories de jeunes (il a joué à Saint-Denis avant de rejoindre Alfortville) et enfant de la balle sous toutes ses coutures et toutes ses formes (expert en futsal mais on y reviendra). Wissam, ADN de l’attaquant et aussi enfant de la télé. « Quand je regarde les grands joueurs, c’est toujours pour prendre des infos. J’essaie de mémoriser ce qu’ils font puis de le reproduire sur le terrain, comme un copier-coller. Je suis un fou de foot depuis tout petit. » Foot sur herbe et sur bitume. Le garenne du Téfécé est le seul joueur à avoir été sélectionné en équipe de France de futsal et en équipe de France de football à 11 (avec les Espoirs). « On le me rappelle souvent. Mais c’est de l’histoire ancienne, j’ai laissé ça de côté. »

« En marquant à Evian, j’ai pleinement pris conscience de mon statut »
Ben Yedder est devenu pro et ça, ça change tout. « C’est beaucoup d’exigences, énormément de choses à mettre en place pour réussir. » Le plus dur ? « Le rythme, la régularité. Enchaîner tous les jours, toutes les semaines, c’est encore ce qui me manque un peu. Au fur et à mesure, je progresse mais bon, il y a eu ce petit déclic à Evian. » Encore ? « Oui parce que ce but m’a libéré dans ma tête. Ce n’est pas que je me sentais à part dans ce milieu mais en marquant, j’ai pleinement pris conscience de mon statut. Ce but m’a fait comprendre que je rentrais dans le monde pro. Depuis, ça y est, je fais partie du TFC, je suis l’un des leurs. »
Au « Tef », comme il dit, on ne regrette évidemment pas d’être allé le chercher à Alfortville. Il claquait tellement de buts avec la CFA que l’équipe finit par monter en National. « C’est à ce moment que je suis parti. Je n’ai pas joué en National. » La Ligue 1, c’est forcément mieux. Avec 6 buts en 8 matches, il était le dauphin de Zlatan Ibrahimovic au classement des buteurs. Depuis, le Suédois s’est échappé. « Ce que Wissam réalise est phénoménal, assure Alain Casanova, son coach. A vrai dire, nous ne sommes même pas surpris. Et il peut encore faire mieux. »

« L’expérience du futsal me sert beaucoup aujourd’hui »
L’entraîneur toulousain comparait Ben Yedder à… Lionel Messi (!) quand il le voyait évoluer avec la CFA. Il est intarissable au sujet de sa petite trouvaille. « Il a l’instinct du grand joueur, du buteur. Il nous a permis de nous améliorer dans le jeu. » Franck Tabanou est baba lui aussi devant l’éclosion du phénomène. « Devant le but, je n’ai jamais vu ça ! Dans un match, on ne le remarque pas trop et pan, il marque et déverrouille tout. » L’héritage du futsal ? « Sur les petits périmètres, j’ai l’habitude d’aller très vite, confirme l’intéressé. Mais là, contrairement au futsal, il faut aussi exploiter de grands espaces. Il m’a fallu du temps pour m’adapter, notamment au jeu long. Mais par rapport au marquage d’un défenseur, par exemple, je trouve que c’est moins compliqué à 11, on peut plus facilement s’échapper qu’en salle où tout est réduit. Cette expérience me sert beaucoup aujourd’hui, en tout cas. »
Du gymnase au Stadium, voilà Wissam qui mystifie les défenseurs de Ligue 1 à coups de frappes et de passements de jambes diaboliques. « Je sens que j’ai franchi un cap. Marquer 6 buts comme ça, en début de championnat, c’était quelque chose d’extraordinaire. Mais je ne veux pas m’arrêter à ça. Je sais que rien n’est acquis et que tout est sans cesse remis en question. C’est la grosse différence dans le monde pro. » Dis, Wissam, depuis le temps qu’on promet à Toulouse une saison pleine avec ses pitchouns devenus grands, tu y crois ? « Oui. Je le pense, je le dis. On a manqué la Ligue Europa de peu l’an passé. Je nous sens plus costauds, plus solides. Je me suis fixé un objectif dans ma tête mais je ne le dis pas. A personne. C’est là, dans un coin, on verra en fin de saison. A ce moment, promis, je le révélerai, qu’il soit atteint ou pas. »
Seul hic dans ce parcours, cette fameuse escapade nocturne avec quatre de ses collègues des Bleuets qui a fait mauvais genre. Mais depuis cette erreur, Ben Yedder n’en finit pas de s’excuser et il promet qu’on ne l’y reprendra plus. Craché, juré.

Wissam Ben Yedder en short
■ Né le 12 août 1990 à Sarcelles
■ 1,70 m – 68 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Toulouse (depuis 2010)
■ International Espoirs. Première sélection : le 7.09.2012, Slovaquie-France 2-1

Fan du Barça
En comparant Wissam Ben Yedder (en photo avec son pote Adrien Ragattin) à Lionel Messi, Alain Casanova ne pouvait pas faire plus plaisir à son joueur. « Je suis fan du Barça. Ça reste la référence, le meilleur jeu du monde. C’est comme au futsal : ça joue vite, il faut voir juste, avant de recevoir la balle, savoir où sont situés les joueurs. Avec eux, tout va plus vite… Comme au futsal. » Tout un art !

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