Équipe de France

Valentin Rongier, le Canari qui veut aller plus haut

Le milieu de terrain – très prometteur avant une grave blessure il y a un an et demi – est devenu un joueur clé, depuis le début de l’année, dans le team de Sergio Conceiçao, l’entraîneur de la « remontada » nantaise. Et pourtant, ce n’était pas forcément gagné d’avance. Explications.

Sergio Conceiçao était un joueur, milieu offensif ou attaquant, plutôt côté droit, qui donnait tout sur un terrain. Depuis qu’il a pris place sur un banc, il donne peut-être encore davantage et c’est peu dire. En interview, aujourd’hui, parfois mais pas souvent, il se lâche. Ce jour-là, c’était pour déclarer sa flamme, ce qui est loin d’apparaître anodin avec le bonhomme. Du pur portugais, qui s’exprime élégamment en français depuis son passage au Standard de Liège, dans le texte.
Il était donc question de Valentin Rongier, qu’il a découvert en débarquant à Nantes cet hiver. « Nos meilleurs renforts sont les joueurs qui sont là, a-t-il débuté. Vous prenez Valentin Rongier ; dans deux ou trois ans, il pourra évoluer n’importe où. Il n’est pas inférieur à un milieu du Paris SG comme Marco Verratti, par exemple. Franchement, il m’a surpris. C’est un joueur de très grande qualité qui pense plus vite que tout le monde. »
Le compliment a dû faire rougir de plaisir Rongier qui nommait voici quelque temps ses modèles. « Pour moi, le nec plus ultra, c’est Marco Verratti et Luka Modric, confiait-il. Je regarde davantage leurs déplacements et leurs gestes que les matches qu’ils disputent. Techniquement, dans la vision du jeu, ils sont hyper précis. Ils ont la classe internationale. Ce sont des milieux modernes qui vont vers l’avant. Ils représentent le top à mes yeux. »
Et donc, son coach affirme que le Mâconnais de naissance, parti très jeune dans la région nantaise pour cause de déménagement professionnel de son père, se rapproche de ce top. Pourtant, entre le jeune milieu récupérateur (22 ans) et son entraîneur (20 ans de plus), ce n’était pas forcément gagné d’avance… Enfin, de ce que l’on sait du technicien, on croit deviner qu’il est venu titiller son protégé parce qu’il imaginait qu’il pouvait offrir encore mieux que les copies rendues.
Pour ses deux premiers matches en décembre, après une blessure, Valentin se contente d’entrer en jeu. Surtout, les deux fois, il a droit à l’issue du match, à même la pelouse, à une explication de texte plutôt musclée du Sergio, gesticulation ample, un brin théâtrale, et grands yeux noirs. Rien de méchant selon Valentin. « C’est un coach qui nous harangue et qui dégage de l’énergie, assurait l’intéressé. Personnellement, ça me motive. Il est très pointu et ne laisse rien passer. »
Surtout pas à lui, auquel il croit très fort. Nouveau debriefing en janvier, avant la réception de Caen. « Il m’a dit qu’il aimait bien mon style technique mais que cela n’était pas suffisant. Qu’il fallait que je mette également beaucoup plus d’intensité dans le jeu sans ballon. »
Depuis, le Canari, associé à Guillaume Gillet à la récupération – ils sont aussi les premiers relanceurs – vole et, souvent, survole les débats. Impliqué à 200%, appliqué sur son sujet, toujours très juste techniquement, il gratte les ballons comme un fou, se projette vers l’avant le plus proprement possible et peut même, à l’occasion, se transformer en buteur. Avec une moyenne de douze bornes par match, il ne lâche jamais rien mais apporte encore plus d’intensité dans ses courses. Le message a été reçu cinq sur cinq et c’est le FC Nantes qui en profite.
Il y a moins de deux ans, c’était le grand espoir du club. Lancé dans le bain par Michel Der Zakarian, le môme avait réalisé un début de saison 2015-16 des plus prometteurs, avant d’être stoppé net dans son superbe élan, victime d’une rupture totale du ligament croisé du genou droit qui l’avait laissé hors piste durant plus de six mois. « Quand on a connu des moments comme ceux-là et qu’on parvient à revenir, après, on ne peut qu’apprécier », dit encore celui qui a obtenu son baccalauréat ES avec mention « Bien ».
Aujourd’hui, l’ancien supporter de la tribune Loire de la Beaujoire est devenu un acteur majeur au cœur du jeu nantais. « J’ai tout ici, ma famille, mes amis, j’évolue dans le club que j’aime. C’est comme dans un rêve. » Sauf que si le Canari venait à s’endormir dans son nid, il aurait un certain entraîneur pour lui remettre les idées en place. Pas de grandes craintes de ce côté-là, l’un comme l’autre ayant la même exigence professionnelle et les mêmes envies de monter plus haut.

Un pro aussi en e-sport
Brillant sur les pelouses en cette deuxième partie de saison, le milieu de terrain nantais l’est aussi manette en mains. Il est ainsi devenu le premier joueur professionnel dans la jeune histoire de l’Orange e-Ligue 1 sur Fifa 2017 à représenter son club lors de la finale du Tournoi de Printemps, qui se déroulait les 22 et 23 avril derniers. En fait, plus précisément, il aurait dû le représenter car il y a eu un hic : à cette même date (le 22), le FCN disputait un match de championnat à Caen. Et celui-là n’avait rien de virtuel. Donc, ce jour-là, ce n’est pas à Paris mais à D’Ornano qu’il se trouvait. Et comme, en plus, Nantes s’est imposé…

Profil
• Né le 7 décembre 1994 à Mâcon
• Milieu
• 1,72 m, 70 kg
• Roadbook : Nantes (formé au club)

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