Étranger

Uruguay : Aux âmes bien nées…

Avec un sélectionneur et des joueurs cadres qui vont disputer leur troisième Coupe du monde successive, la Celeste entend faire parler le poids de son expérience. Et elle pèse lourd.

Même si la deuxième partie des éliminatoires dans cette zone AmSud interminable – dix-huit matches pour chaque équipe – a été un peu moins emballante et un peu plus crispante pour l’Uruguay, c’est sans guère de frayeurs, contrairement à l’Argentine par exemple, que les hommes d’Oscar Tabarez ont validé leur billet aller direct pour la Russie. Ils avaient, c’est vrai, bien assuré au départ en réussissant une entame quasi parfaite, notamment dans leur mythique stade du Centenario (victoires nettes et sans bavure face à la Colombie, le Chili ou le Paraguay), se permettant même, au passage, d’accrocher un nul plutôt bon genre au Brésil (2-2) grâce aux inévitables Edinson Cavani et Luis Suarez.
La suite, on l’a dit, a été moins flamboyante, même si l’Edinson de Paris a continué à faire tourner son compteur buts avec la régularité du goleador en or qu’il est. De toute façon, qu’est-ce qui pouvait bien leur arriver, avec Oscar Tabarez à leur tête ? Depuis que le sorcier de Montevideo a repris les rênes de la Celeste (il l’avait déjà dirigée de 1988 à 1990) en mars 2006, alors que l’équipe nationale venait de rater le rendez-vous de la Coupe du monde en Allemagne, il a toujours assuré la qualification à la phase finale. Et pas pour faire de la figuration. Demi-finaliste en 2010 puis en huitièmes de finale, quatre ans plus tard, au Brésil.
Ce sera donc sa troisième participation à l’événement planétaire, comme pour ses tauliers, qui ont continué à l’accompagner à travers le temps et auxquels il est resté fidèle : Fernando Muslera, Diego Godin, Maxi Pereira, Martin Caceres, Egidio Arevalo Rios, Suarez, Cavani… Pour eux, l’aventure mondiale, la vraie, avait débuté en juin 2010 en Afrique du Sud, du côté de Cape Town, contre la France (0-0). Pour certains, on peut imaginer qu’elle va s’achever sur des adieux internationaux – Godin, Suarez ou Cavani, jeunes trentenaires, ne doivent pas se sentir concernés – et une retraite annoncée en Russie après ce dernier raout.
Evidemment, tout ce beau monde n’a pas rajeuni et n’a plus forcément ses jambes de 20 ans mais il a, en contre-partie, emmagasiné une expérience incomparable qui peut s’avérer un atout essentiel dans un tournoi longue durée où il convient de savoir gérer la pression, l’événement, l’environnement, enfin toutes ces petites choses, sur comme en dehors du terrain, qui peuvent faire basculer un destin. De ce côté, pas de doute, l’Uruguay est parée.

L’homme à suivre : Edinson Cavani
Pour le leadership de la popularité au sein de la sélection, il n’y a pas toujours eu photo entre les deux goleadors uruguayens. L’affaire a souvent tourné en faveur du sanguin et volcanique Luis Suarez. Ce n’est plus vraiment la même limonade ou plutôt le même maté, pour faire couleur locale, aujourd’hui. Avec 5 buts en 13 rencontres au cours des éliminatoires, l’attaquant du Barça a laissé la vedette à Edinson Cavani (10 pions en 15 matches). Le buteur parisien, qui arrache tout en club depuis le départ de Zlatan Ibrahimovic et son repositionnement dans l’axe et qui n’a même pas été perturbé par l’arrivée de la mégastar Neymar (à part une fois, pour se chipoter à propos d’un penalty à tirer), montre la même efficacité et la même envie – mais qui en aurait douté ? – avec la Celeste où il se bat comme un mort de faim, que ce soit en phase offensive ou défensive. Avec lui, pas de chichis ou d’arabesques superflues. Il joue comme il tire : en première intention. Et ça fait très souvent mouche.

1er tour
Le 15 juin à 14h, Stade d’Ekaterinbourg : Uruguay-Egypte
Le 20 juin à 17h, Stade de Rostov : Uruguay-Arabie Saoudite
Le 25 juin à 16h, Stade de Samara : Uruguay-Russie

Visa mondial
• Superficie : 176 220 km2
• 3,5 millions d’habitants
• Capitale : Montevideo
• Fédération : Asociation Uruguaya de Futbal
• Année de fondation : 1900
• Affiliation FIFA : 1923
• Couleurs : maillot ciel, short et bas noirs
• Equipementier : Puma

Le chiffre : 12
Arrivé à la tête de la Celeste en mars 2006, Oscar Tabarez est le plus ancien sélectionneur en place parmi les 32 qualifiés pour la Coupe de monde. Il précède de quelques mois l’Allemand Joachim Löw qui s’est glissé dans le costume en juillet 2006. A côté, les autres paraissent des jeunots dans le job. Au moment du tournoi, cela fera plus de douze ans que l’Uruguayen est à la tête de l’équipe nationale.

Comment ils jouent
Oscar Tabarez fait toujours confiance à la génération qu’il a lancée au Mondial 2010 et apprécie beaucoup le 4-4-2 qu’il utilise le plus souvent, quel que soit l’adversaire. La défense est articulée autour de la charnière centrale de l’Atlético de Madrid avec l’expérimenté et sécurisant Diego Godin, associé au très prometteur José Maria Gimenez. A la récup’, le vétéran Arevalo Rios ne semble toujours pas décidé à céder sa place, tandis que Matias Vecino creuse son sillon à l’Inter Milan. Sinon, le plus souvent, ce sont Carlos Sanchez, à droite, et Cristian Rodriguez, côté gauche, qui sont chargés d’alimenter les deux dinamiteros maison. Vous savez, le gars qui évolue au Barça et l’autre au PSG…

Leurs éliminatoires
Zone Amérique du Sud
2e du groupe
31 pts, 9 v, 4 n, 5 d, 32 bp-20 bc
8.10.2015 : Bolivie-Uruguay 0-2 (Martin Caceres, Diego Godin)
13.10.2015 : Uruguay-Colombie 3-0 (Diego Godin, Diego Rolan, Abel Hernandez)
12.11.2015 : Equateur-Uruguay 2-1 (Edinson Cavani)
17.11.2015 : Uruguay-Chili 3-0 (Diego Godin, Alvaro Pereira, Martin Caceres)
25.03.2016 : Brésil-Uruguay 2-2 (Edinson Cavani, Luis Suarez)
29.03.2016 : Uruguay-Pérou 1-0 (Edinson Cavani)
1.09.2016 : Argentine-Uruguay 1-0
6.09.2016 : Uruguay-Paraguay 4-0 (Edinson Cavani 2, Cristian Rodriguez, Luis Suarez s.p.)
6.10.2016 : Uruguay-Venezuela 3-0 (Nicolas Lodeiro, Edinson Cavani 2)
11.10.2016 : Colombie-Uruguay 2-2 (Cristian Rodriguez, Luis Suarez)
10.11.2016 : Uruguay-Equateur 2-1 (Sebastian Coates, Diego Rolan)
15.11.2016 : Chili-Uruguay 3-1 (Edinson Cavani)
23.03.2017 : Uruguay-Brésil 1-4 (Edinson Cavani s.p.)
28.03.2017 : Pérou-Uruguay 2-1 (Carlos Andres Sanchez)
31.08.2017 : Uruguay-Argentine 0-0
5.09.2017 : Paraguay-Uruguay 1-2 (Federico Valverde, Gustavo Gomez c.s.c.)
5.10.2017 : Venezuela-Uruguay 0-0
10.10.2017 : Uruguay-Bolivie 4-2 (Martin Caceres, Edinson Cavani, Luis Suarez 2)

Le coach : Oscar Tabarez
70 ans
Uruguayen
En poste depuis mars 2006
« L’Uruguay est un petit pays avec beaucoup d’histoire et il mérite d’être connu de tout le monde. Nous chercherons à nous transcender afin de remporter des succès. »

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