Étranger

Ukraine : La dynamique du barrage (1)

Pour la première fois de sa jeune histoire, l’Ukraine, historiquement chat noir en barrage, est sortie vainqueur de son face-à-face ultime pour l’Euro, contre la Slovénie. La roue tourne et les ambitions avec.

Quelque part, c’est aussi une première. Les Ukrainiens étaient les porte-poisse historiques des barrages (avec, en symbole parmi les symboles, un 2-0, 0-3 en novembre 2013, dernier péage avant la Coupe du monde au Brésil dont tout le monde se souvient en France et que personne n’a oublié en Ukraine). Et les Ukrainiens viennent de briser la glace. Ils ont tremblé, jusqu’à la dernière seconde du temps additionnel, en Slovénie mais ils sont passés. Qualifiés d’office en tant que co-organisateurs de l’Euro 2012, ils avaient bien une phase finale européenne accrochée à leur tableau mais c’est la première fois qu’ils se qualifient pour la compétition en validant leur billet sur le terrain. Alors…
Bostjan Cesar, un nom connu des supporters marseillais, malgré le peu d’impact que le grand Slovène a pu avoir du côté du Vélodrome, avait relancé les espoirs de son équipe et de tout un peuple lors du match retour à Maribor, en marquant en tout début de match. Il aura fallu un arrêt décisif d’Andrei Pyatov en toute fin de rencontre pour empêcher Bostjan, capitaine courage, de doubler la mise et donc d’égaliser sur l’ensemble des deux matches. Et puis dans un final à couper le souffle, les Ukrainiens sont sortis en contre à la… 97e minute (!), pendant que les onze Slovènes et tout Maribor poussaient dans leur surface. Artem Kravets a le temps de fixer le pauvre Samir Handanovic, qui a déjà compris, puis de glisser à Andriy Yarmolenko, seul pour pousser dans les filets un ballon qui compte plus que tous les autres pour le foot de l’Est.
Les voilà donc qualifiés pour l’Euro quatre ans après être passés (un peu) à côté du leur (éliminés au 1er tour par l’Angleterre et la France). Vainqueurs en barrage. De quoi exulter, comme Yehven Seleznev, attaquant aux anges. « On savait que ce serait un match très difficile. On a su hausser notre niveau de jeu en seconde période et on a obtenu le résultat qu’on voulait. Nous sommes trop contents de nous qualifier pour l’épreuve en France ! »
Mykhailo Fomenko, qui a su prendre la relève d’Oleg Blokhine en s’appuyant sur les points forts d’un groupe qui n’avait pas changé ou presque (cette fois, le cousin d’Andreï Shevchenko n’est vraiment plus là), a presque esquissé le début d’un sourire. Comme quoi, c’était vraiment la fête. « Tout d’abord, je veux remercier tous les joueurs du fond du cœur pour leur travail remarquable. Pour une bataille comme celle que nous venons de mener, vous avez besoin d’être vraiment bien préparés, à la fois physiquement et mentalement. Je les félicite donc et les remercie encore. Dans le vestiaire, il y a eu de l’émotion, une joie immense. Ces dernières minutes ont été incroyablement intenses, intenables. Ce fut dur mais je suis convaincu que ce barrage va nous servir. On mérite notre ticket d’entrée pour l’Euro. Maintenant, nous devons récupérer, pour nous préparer tranquillement et arriver avec de la fraîcheur. » Et aussi, puisque le sortilège est brisé, des ambitions.

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