Équipe de France

Ukraine : En terre inconnue

Les Ukrainiens ont enfin brisé le verrou des barrages pour se qualifier pour l’Euro. Ils retrouvent la France mais pas les Bleus et ils vont jouer loin du SDF. Ça ne leur déplaît pas…

Certes, c’est leur seconde participation à un Euro mais c’est aussi une première. Quatre ans après avoir co-organisé l’événement avec la Pologne, les hommes en jaune ont enfin brisé le plafond de verre des barrages qui les enserrait depuis trop longtemps. Les barrages, ce dernier péage avant la phase finale (Euro et Coupe du monde confondus), ils en étaient devenus les mascottes. Côté lose. C’était l’équipe qu’il fallait prendre pour être sûr de passer. Un symbole parmi les symboles ? La fameuse « remontada » des Bleus en novembre 2013, le 3-0 magique d’un Stade de France en fusion après la défaite honteuse de l’aller, 0-2.
Une fois encore, une fois de plus, les Ukrainiens se sont retrouvés sur l’échafaud. Mais ce ne fut pas une fois de trop. Ce sont les Slovènes qui ont été passés à la moulinette avec, s’il vous plaît, une victoire au match aller 2-0, soit exactement la même configuration que contre les Bleus deux ans plus tôt. Mais les hommes de Mykhailo Fomenko n’ont pas cédé à Maribor. Un nul arraché à la… 97e minute, c’était un visa pour la France, un nom qui ne hante même plus leurs nuits. Les voilà qualifiés.
Une seconde participation en forme de première, si l’on veut. Aux plus jeunes, il faut rappeler qu’en 1988, quand l’URSS s’était hissée jusqu’en finale (défaite face aux Pays-Bas et la volée de martien de Marco Van Basten sur Rinat Dasaev), douze joueurs ukrainiens faisaient partie du groupe convoqué par Valery Lobanovsky. Le coach soviétique, à l’époque, était aussi l’entraîneur du grand Dynamo Kiev. Douze joueurs sur vingt-deux, c’était plus de la moitié…
Lobanovsky a laissé son nom au centre d’entraînement du Dynamo et tellement d’autres choses encore en Ukraine. La relève se nomme Andriy Yarmolenko et Yevhen Konoplyanka. Les deux accélérateurs de particules sont à la fois les leaders et les symboles. Leaders parce qu’ils sont les deux meilleurs footballeurs, ceux par qui tous les ballons passent ou arrivent. Symboles parce que le second (Konoplyanka) est devenu un joueur important du FC Séville et de la Liga espagnole quand le premier (Yarmolenko) est une cible prioritaire sur le prochain marché des transferts (on parle de lui avec insistance à Chelsea et au Barça notamment). Au pays, il est surnommé « L’homme aux deux cœurs ». Il est le joueur qui a délivré le plus de passes décisives en sélection. Avec lui, l’Ukraine peut regarder loin, avec une mission de reconnaissance bien lisible à l’arrière du short.
Avec Lille, Lyon et Marseille sur leur carte du 1er tour et un camp de base à Aix-en-Provence, les hommes en jaune et bleu s’évitent, en plus, les alentours du Stade de France, ce terrain maudit qui a laissé quelques cicatrices chez certains il y a deux ans et demi. C’est peut-être aléatoire mais c’est un signe que même Andriy Yarmolenko a relevé. « Nous n’irons jouer là-bas que si nous allons loin. C’est très bien ainsi. »
Avec l’Allemagne, l’Irlande du Nord et la Pologne au menu, ils peuvent légitimement envisager la troisième place. La deuxième sera plus difficile à accrocher.

Classement FIFA : 22e

Bilan Euro :
• 1 participation en 2012
3 matches, 1 v, 2 d, 2 bp-4 bc
• Meilleure performance : Premier tour
• Meilleur buteur : Andreï Chevtchenko (2 buts en 2012)

Comment ils jouent
Le 4-2-3-1 qu’Oleg Blokhine s’était efforcé de mettre en place, notamment lors de l’Euro 2012 que les Ukrainiens avaient co-organisé avec la Pologne, est toujours d’actualité avec Mykhailo Fomenko qui laisse, dans ce système, la possibilité à Andriy Yarmolenko et Yevhen Konoplyanka d’exploiter tout leur potentiel et leur puissance de feu sur les côtés. Rouslan Rotan et Denys Garmash ferment régulièrement les écoutilles au milieu, avec un volume de jeu intéressant et une touche technique non négligeable. Il manque sans doute de la vitesse derrière mais c’est du costaud, avec du kilo au mètre carré et pas mal de centimètres aussi, d’Andrei Pyatov dans les buts à Yevhen Khacheridi, qui culminent à plus de 1,90 mètre. Mais Pyatov, sur les balles au sol, c’est lent aussi… A l’autre bout du terrain, il manque un tueur des surfaces.

Le coach : Mykhaylo Fomenko
Né le 19.09.1948 à Mala Rybystia
En poste depuis décembre 2012
32 matches, 22 v, 6 n, 4 d

La parole à… Evgen Konoplyanka
« Bien sûr, nous avons un groupe très relevé avec l’Allemagne et la Pologne. Mais si par bonheur, nous parvenons à nous qualifier, nous n’aurons plus à les affronter avant une finale éventuelle. Il faudra que nous soyons tous au top de notre forme, c’est le plus important. Après, nous pouvons avoir confiance en nous. »

Leurs éliminatoires
3e du groupe C, barragiste
19 pts, 6 v, 1 n, 3 d, 14 bp-4 bc
08.09.2014 : Ukraine-Slovaquie 0-1
09.10.2014 : Biélorussie-Ukraine 0-2 (Martynovich c.s.c., Sydorchuk)
12.10.2014 : Ukraine-Macédoine 1-0 (Sydorchuk)
15.11.2014 : Luxembourg-Ukraine 0-3 (Yarmolenko 3)
27.03.2015 : Espagne-Ukraine 1-0
14.06.2015 : Ukraine-Luxembourg 3-0 (Kravets, Garmash, Konoplyanka)
05.09.2015 : Ukraine-Biélorussie 3-1 (Kravets, Yarmolenko, Konoplyanka s.p.)
08.09.2015 : Slovaquie-Ukraine 0-0
09.10.2015 : Macédoine-Ukraine 0-2 (Seleznov s.p., Kravets)
12.10.2015 : Ukraine-Espagne 0-1
Barrage
14.11.2015 : Ukraine-Slovénie 2-0 (Yarmolenko, Seleznov)
17.11.2015 : Slovénie-Ukraine 1-1 (Yarmolenko)

La cote de Planète : 2

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