Étranger

Tunisie : Une si longue attente

De retour sur la grande scène de la Coupe du monde, douze ans après leur dernière participation, les Tunisiens sont fiers du chemin parcouru et lorgnent sans s’emballer la Russie. Mais ambitieux quand même.

Seule équipe de la zone Afrique à avoir changé de sélectionneur au cours des qualifications (Henri Kasperczak a été remplacé par Nabil Maaloul), la Tunisie revient en Coupe du monde par la grande porte, après douze ans d’absence. L’ancien milieu de terrain international connaissait déjà la maison de la façade principale aux pièces cachées. Figure emblématique de l’Espérance de Tunis, comme joueur puis comme entraîneur, Espérance où il avait notamment réussi le triplé en 2011 (Ligue des champions africaine, championnat et Coupe), il avait déjà pris les rênes des Aigles de Carthage en 2013.
Et là, il a réussi sa mission. Une qualification sans trop d’éclats, certes, mais éclairée par cette ligne grasse, en bas du bilan : 0 défaite. Ce fut âpre, tendu contre la Libye, lors du dernier match, mais les 50 000 supporters massés dans le stade Olympique de Radès ont pu laisser éclater leur joie au coup de sifflet final.
Les Aigles reprennent leur envol et Wahbi Khazri n’est pas peu fier. « Nos compatriotes attendaient ce jour depuis longtemps. Nous avons travaillé sérieusement dans nos clubs pour y arriver. Nous sommes très heureux et dédions cette qualification au peuple tunisien. »
La première étape franchie, les voilà en vol groupé vers la Russie. Et si certains d’entre eux rêvaient de croiser le Brésil pour affronter Neymar, l’Argentine pour affronter Lionel Messi ou le Portugal pour affronter Cristiano Ronaldo, Khazri préfère se concentrer sur son équipe. « Il faut qu’on comble nos lacunes et qu’on améliore nos points forts pour la phase finale. Nous avons une belle équipe, vraiment, et des joueurs talentueux. Nous ne devons absolument pas nous dire que nous allons en Russie pour jouer les seconds rôles. Nous voulons aller le plus loin possible. »
En quatre participations à la Coupe du monde, les Tunisiens n’ont connu la victoire qu’à une seule reprise. Sinon ? Quatre matches nuls et sept défaites. Aucune sortie de la phase de poules sur cette feuille de bilan-là. Il y a donc d’autres lignes à graisser, forcément. Avec quelques têtes d’affiche qui s’assument et des solutions qui sont un peu plus que des jokers (on pense à Naïm Sliti, notamment), ils peuvent voyager tranquillement. Heureux, fiers et tranquilles.

L’homme à suivre : Wahbi Khazri
Grand espoir à Bordeaux, il s’est un peu perdu à Sunderland où, on pouvait s’en douter, les caractéristiques des docks du nord de l’Angleterre collent bien mieux au blason du club que le nom de son stade (Stadium of Light, Stade de la Lumière). De retour en Ligue 1, Khazri a retrouvé des jambes et une certaine explosivité. Et même s’il manque encore de constance, c’est un garçon qui raffole des gros matches. Comme à Marseille, en début de saison. La meilleure copie et de loin du Stade Rennais jusqu’à ce que Christian Gourcuff se fasse virer comme un malpropre. Au Vélodrome, il volait. En Russie, il n’y a que des grands rendez-vous qui l’attendent…

1er tour
Le 18 juin à 20h, Stade de Volgograd : Tunisie-Angleterre
Le 23 juin à 14h, Stade du Spartak à Moscou : Tunisie-Belgique
Le 28 juin à 20h, Stade de Mordovie à Saransk : Tunisie-Panama

Visa mondial
• Superficie : 163 610 km2
• 11 millions d’habitants
• Capitale : Tunis
• Fédération : Fédération Tunisienne de Football
• Année de fondation : 1957
• Affiliation FIFA : 1960
• Couleurs : maillot, short et bas blancs
• Equipementier : Uhlsport

Le chiffre : 0
Comme le nombre de défaites des Tunisiens lors de leur parcours qualificatif. Faut pas les chatouiller, les Aigles de Carthage.

Classement FIFA : 28

Comment ils jouent
Arrivé un peu dans l’urgence en avril, Nabil Maaloul s’est appuyé sur ses hommes forts pour gagner du temps et aller à l’essentiel. On peut citer Aymen Balbouli, le gardien de l’Etoile Sportive du Sahel et capitaine de la sélection, parmi ses premiers relais. Sinon, les pépins à rallonge d’Aymen Abdennour depuis cet été ne lui ont pas permis de l’incorporer mais on sait que le roc de Sousse et de l’OM fait aussi partie des piliers de l’équipe, dont il forme la charnière centrale aux côtés de Fakhreddine Ben Youssef, l’ancien Caennais. Avec un schéma préférentiel en 4-2-3-1 et les grandes libertés accordées à Wahbi Khazri et Youssef Msakni sur les côtés, c’est toujours mieux et ça peut en enquiquiner plus d’un.

Leurs éliminatoires
Zone Afrique
2e tour
13.11.2015 : Mauritanie-Tunisie 1-2 (Wahbi Khazri, Yassine Chikhaoui)
17.11.2015 : Tunisie-Mauritanie 2-1 (Fakhreddine Ben Youssef, Saad Bguir)
Tour final
1er du groupe A
14 pts, 4 v, 2 n, 11 bp-4 bc
9.10.2016 : Tunisie-Guinée 2-0 (Aymen Abdennour, Anis Ben Hatira)
11.11.2016 : Libye-Tunisie 0-1 (Wahbi Khazri s.p.)
1.09.2017 : Tunisie-RD Congo 2-1 (Yassine Meriah s.p., Ghailene Chaalali)
5.09.2017 : RD Congo-Tunisie 2-2 (Wilfred Moke c.s.c., Anice Badri)
7.10.2017 : Guinée-Tunisie 1-4 (Youssef Msakni 3, Mohamed Amine Ben Amor)
11.11.2017 : Tunisie-Libye 0-0

Le coach : Nabil Maaloul
55 ans
Tunisien
En poste depuis avril 2017
« Sans aucun doute, les Belges sont les favoris, leur coach a un problème de riches. Pour la 2e place, je pense que nous pouvons rivaliser avec l’Angleterre. Ce sera LE match clé. »

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