Équipe de France

Tanguy Ndombélé, le box to box sort de sa boîte

Il est arrivé le dernier et depuis, on ne voit que lui ou presque. Lui, c’est Tanguy Ndombélé, la nouvelle bombe de l’OL. Attention : avec ce gaillard, ça cogne des deux côtés !

Il a signé à Lyon le dernier jour du mercato et il s’est, dans la foulée, blessé à l’épaule avec l’équipe de France Espoirs. Il y a mieux pour appréhender – à 20 ans – son nouveau club, ses nouveaux coéquipiers et son nouvel environnement, non ? Et puis il a joué. Titulaire au Parc des Princes contre le Paris SG. Sa deuxième sortie parisienne de la saison, d’ailleurs, puisqu’il avait déjà foulé la pelouse de la Porte d’Auteuil lors des trois coups du championnat, avec Amiens.
Côté amiénois, on le sait, on a perdu le meilleur joueur. C’était une évidence et l’évidence, maintenant, se nomme Tanguy Ndombélé à l’OL. A peine arrivé, le voilà qui nage comme un poisson dans l’eau du bocal rhodanien. Comme s’il était la dernière merveille du centre de formation. Un comble pour un gamin refoulé aux portes des centres de formation de Nantes, quand il avait 12 ans (il était malade et avait vomi tout son quatre heures au moment de faire son essai) et Guingamp, en 2014. Autant d’épreuves qui auraient pu avoir raison de sa motivation mais qui ont, au contraire, renforcé le mental en fer forgé du bonhomme. C’est finalement en Picardie qu’il va trouver une porte ouverte. Amiens lui offre son premier contrat pro en octobre 2016. Il y a douze mois…
Depuis ? Une ascension fulgurante. La diagonale d’un fou pour certains. Pas pour lui ni pour son éphémère coach en Picardie, Christophe Pélissier, qui aura eu la chance de le voir à l’œuvre quelques mois. « Il a une qualité mentale extraordinaire. On sentait le garçon humble, introverti mais aussi la bête de compétition, malgré son jeune âge, dès qu’il se trouvait sur le terrain. Quand je l’ai vu, j’ai compris que je n’avais jamais eu un joueur de ce niveau sous mes ordres. »
Sept passes décisives, deux buts : tels sont les chiffres froids de sa première saison chez les pros. A chaud, Tanguy a été, bien au-delà des chiffres, un artisan majeur de la montée d’Amiens en Ligue 1. Débarqué à Lyon dans les dernières heures du mercato, il fait dans le multifonction. Il assure aussi le service après-vente. Dans la refondation totale du milieu de terrain rhodanien, Bruno Genesio tenait déjà le successeur de Maxime Gonalons avec Lucas Tousart dans le rôle de la sentinelle. Encore fallait-il trouver ses adjoints.
Dans l’effectif de l’OL, personne n’avait vraiment pris la place de Corentin Tolisso, parti au Bayern Munich. Si on n’ira pas jusqu’à dire que Sergi Darder et Jordan Ferri ont constitué des échecs, on n’osera pas, non plus, parler de franche réussite au moment d’émarger leur fiche de note de la saison dernière. Et voilà Tanguy. Le milieu box to box par excellence. Le harceleur qui défend debout. Le milieu qui casse la ligne par une prise de balle, voire deux, par une passe ou une accélération balle au pied. Un potentiel largement au-dessus de la moyenne, qui prend encore plus d’épaisseur avec l’état d’esprit du bonhomme.
Ludovic Blas, qui l’a juste aperçu à Guingamp mais qui a partagé avec lui les sélections de jeunes, en est convaincu. « C’est quelqu’un de très intelligent dans le jeu. Puissant et technique en même temps. Il peut apporter de l’impact partout où il joue. Il aime percuter balle au pied et je pense que l’OL est une bonne équipe pour lui, pour exprimer son style de jeu. »
Forcément un bon point pour Florian Maurice, en charge du recrutement à l’OL et qui en pinçait pour le bonhomme depuis plusieurs mois. « On est vraiment heureux de sa venue parce que c’est un profil qu’on n’avait pas chez nous. Il est complémentaire des autres milieux de terrain. Il a une capacité à se projeter devant avec sa puissance. Il sait casser les lignes. Il avait déjà montré à Amiens qu’il avait le niveau de la Ligue 1 et il possède une grosse marge de progression. »
Aveu de Christophe Pélissier : « Le jour où il a signé à Lyon, je lui ai dit qu’il pouvait aller encore au-dessus. On dit toujours qu’un milieu box to box, c’est un peu un tiroir mais avec lui, c’est très clair : sa qualité technique lui permet d’évoluer plus haut, alors que son intelligence l’autorise à jouer plus bas. » Comme un milieu box to box qui sort de sa boîte. Ça commence à se voir.

Il était le voisin de Ricardo Faty
Né à Longjumeau, Ndombélé a grandi à Epinay-sous-Sénart. Juste à côté de la famille Faty. Jacques, le grand frère, avait déjà entamé sa formation au Stade Rennais. Ricardo, qui joue actuellement à Bursaspor, en Turquie, se souvient bien des premiers pas de Tanguy dans la cité essonnienne. « Tout Epinay m’a dit que c’était un crack. « Il fallait parier sur lui, vous allez voir, il n’est pas encore à 100% physiquement, il va passer un palier supplémentaire… » Je me souviens d’un petit gars assez frêle qui disputait ses premiers matches sur la place du marché, à Epinay. » Entre les étals, les fruits et les légumes. Le voilà encore entre les lignes. Mais en Ligue 1.

Profil
• Né le 28 décembre 1996 à Longjumeau
• 1,81 m, 75 kg
• Milieu de terrain
• Roadbook : Amiens (2016-août 2017), Lyon (depuis septembre 2017)
• International Espoirs

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