Étranger

Suisse : Quatre à la suite

Malgré neuf victoires pour une seule défaite en éliminatoires, la Nati a dû passer par un barrage crispant pour obtenir le droit de disputer son quatrième Mondial consécutif. Et c’est amplement mérité.

C’est une gentille blagounette vieille comme l’Etat suisse, qui se raconte avec le délicieux accent valaisan. L’histoire d’un train qui arrive en gare de Lausanne. « Ici Lausanne ! », annonce fièrement le chef de gare, planté avec son drapeau au début du convoi. Et puis tout là-bas, à l’autre bout du quai, sortant du dernier wagon, un quidam balance : « Ici aussi ! » La gare, le train qui part et surtout qui arrive à l’heure : l’histoire, même au pays des horlogers, a failli dérailler. Cela aurait été injuste.
La Nati n’est pas partie en retard, plutôt en avance (ou presque) dans ces qualifs pour la Coupe du monde. Une entame parfaite avec une victoire 2-0 contre l’ennemi numéro un portugais. Puis ce fut la suite du voyage, toujours sur le mode TGV, pour arriver à un total de neuf victoires consécutives. Une série qui lui aurait permis de valider sans problème, dans n’importe quel autre groupe de la zone Europe, son billet pour la Russie avant le dernier match. Le problème, c’est que cette der se dispute chez Cristiano Ronaldo et les siens…
Des Portugais qui, après leur défaite initiale, ont eux aussi enchaîné les victoires à gogo et distribué les claques à répétition. Avant l’ultime rendez-vous, la Seleçao a trois points de retard mais un bien meilleur goal-average. Equation simple, dès lors. Dans un estadio de la Luz en fusion, les locaux vont la résoudre grâce à Johan Djourou, malheureux buteur contre son camp, et Andre Silva.
Voilà comment les Suisses se sont retrouvés à disputer un barrage stressant au sort forcément aléatoire. Ils ont plutôt bien maîtrisé la première manche en Irlande du Nord, même s’il leur a fallu un penalty généreux, transformé sans état d’âmes par Ricardo Rodriguez, pour s’imposer. Ils ont plutôt bien maîtrisé le retour au St Jakob Park de Bâle, même si Ricardo Rodriguez, le nouveau héros de la patrie, a sauvé la balle de match, sur sa ligne de but, dans les dernières secondes des arrêts de jeu. Ce qui, du même coup, entérinait une quatrième participation consécutive à la Coupe du monde pour les Helvètes.
Vladimir Petkovic, passé par tous les sentiments lors de la fin de parcours de la Nati, veut désormais voir plus loin. « Je ne me fixe aucune limite et j’espère arriver là où on pense qu’il est impossible d’aller. Ce groupe solidaire fait preuve d’un état d’esprit remarquable. Mais maintenant, il faut qu’il se montre encore plus affamé. » Le train est arrivé à l’heure et les joueurs sont dorénavant conviés à dévaliser le snack. Tout un programme.

Classement FIFA : 11

1er tour
Le 17 juin à 20h, Stade de Rostov : Suisse-Brésil
Le 22 juin à 20h, Stade de Kaliningrad : Suisse-Serbie
Le 27 juin à 20h, Stade de Nijni-Novgorod : Suisse-Costa Rica

Visa mondial
• Superficie : 41 285 km2
• 8,4 millions d’habitants
• Capitale : Berne
• Fédération : Association Suisse de Football
• Année de fondation : 1895
• Affiliation FIFA : 1904
• Couleurs : maillot blanc rayé rouge, short rouge, bas blancs
• Equipementier : Puma

Le chiffre : 4
Si les pépins physiques le laissent en paix, Valon Behrami devrait disputer sa quatrième phase finale de Mondial consécutive en Russie. Il a toujours été présent depuis l’édition 2006. C’est le seul joueur suisse dans ce cas. Johan Djourou et Blerim Dzemaili faisaient bien partie du groupe en 2006 et 2014 mais ils ont manqué l’Afrique du Sud 2010. Quant à Stephan Lichtsteiner, réserviste en 2006, il avait raté de peu le vol pour l’Allemagne.

L’homme à suivre : Granit Xhaka
Comme beaucoup de ses potes de la sélection, Granit Xhaka est passé par la Bundesliga. Comme plusieurs d’entre eux, c’était à Mönchengladbach, qu’il a quitté il y a dix-huit mois pour rejoindre la Premier League et Arsenal, un transfert estimé à un peu plus de 35 millions d’euros. Il s’y est, d’entrée, imposé comme un indiscutable titulaire. Comme en équipe nationale, qu’il a découverte alors qu’il n’avait pas 20 ans. Placé au cœur du jeu, c’est un guerrier qui court bien et beaucoup, n’hésitant jamais à aller au duel, qu’il gagne le plus souvent. Il frappe également juste et fort et ses passes longues sont chirurgicales pour casser les lignes. Hyper complet, ce Granit est un roc.

Comment ils jouent
Longtemps adepte du 4-3-3, Vladimir Petkovic lui préfère maintenant le 4-2-3-1, qu’il a énormément utilisé durant les éliminatoires, jusqu’au barrage. Il a un onze de départ précis en tête sur lequel il s’appuie, sauf blessure, comme pour Johan Djourou, suppléé avec succès par le jeune Manuel Akanji sur les derniers matches. Sinon, un autre jeune, Denis Zakaria, 21 ans, qui a profité, lui, de l’indisponibilité de Valon Behrami, a réussi à gagner sa place pour former le binôme avec Granit Xhaka devant la défense. Mais attention, Petkovic apprécie les hommes d’expérience comme Behrami… Enfin, en attaque, Breel Embolo peut sortir de sa boîte dans le rôle du « supersub ». Dernière chose à savoir : le gros de la troupe évolue en Bundesliga et n’a pas peur de grand-chose.

Leurs éliminatoires
Zone Europe
2e du groupe B
27 pts, 9 v, 1 d, 23 bp-7 bc
6.09.2016 : Suisse-Portugal 2-0 (Breel Embolo, Admir Mehmedi)
7.10.2016 : Hongrie -Suisse 2-3 (Haris Seferovic, Ricardo Rodriguez, Valentin Stocker)
10.10.2016 : Andorre-Suisse 1-2 (Fabian Schär, Admir Mehmedi)
13.11.2016 : Suisse-Îles Féroé 2-0 (Eren Derdiyok, Stephan Lichtsteiner)
25.03.2017 : Suisse-Lettonie 1-0 (Josip Drmic)
9.06.2017 : Iles Féroé-Suisse 0-2 (Granit Xhaka, Xherdan Shaqiri)
31.08.2017 : Suisse-Andorre 3-0 (Haris Seferovic 2, Stephan Lichtsteiner)
3.09.2017 : Lettonie-Suisse 0-3 (Haris Seferovic, Blerim Dzemaili, Ricardo Rodriguez s.p.)
7.10.2017 : Suisse-Hongrie 5-2 (Granit Xhaka, Alexander Frei, Steven Zuber 2, Stephan Lichtsteiner)
10.10.2017 : Portugal-Suisse 2-0
Barrage
9.11.2017 : Irlande du Nord-Suisse 0-1 (Ricardo Rodriguez s.p.)
12.11.2017 : Suisse-Irlande du Nord 0-0

Le coach
Vladimir Petkovic
54 ans
Suisse (naturalisé)
En poste depuis décembre 2013
« Je suis satisfait de ce tirage. Avec le Brésil, nous affronterons l’un des prétendants au titre. Le rencontrer dès le premier match n’est pas une mauvaise chose et on espère un résultat positif contre lui. Mais il faudra être à 150%. »

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