Équipe de France

Suède : Même sans Zlatan…

Dauphins de l’équipe de France dans le groupe A des qualifications, les Suédois ont maté les Italiens en barrage, avec une sérénité qui en dit long sur leurs capacités. Attention, les hommes en jaune sont lancés !

Pour la première fois de l’histoire, un pays s’est qualifié pour la phase finale de la Coupe du monde en ayant eu face à lui trois anciens vainqueurs (France et Italie) ou finaliste (Pays-Bas) de l’épreuve lors de son parcours préliminaire. Au moins, pour le tirage au sort de Moscou, les sélectionneurs qui sont tombés sur la Suède ont pu réviser leurs classiques.
On les disait orphelins de Zlatan Ibrahimovic ? Ou plutôt libérés par le retrait de la star ? On pensait que l’impact et les buts en moins d’« Ibra » laisseraient un vide gros comme un mètre de neige sur un trottoir de Stockholm ? Un vrai brise-vue. Au contraire, avec la patte Janne Andersson, qui a repris le flambeau après l’Euro en France et donc la retraite internationale du « Z » du nord, les Suédois ont bien balayé devant leur porte. Si bien qu’ils ont fini leur coup de chiffon par un vrai remue-ménage à l’échelle planétaire : l’Italie absente de la Coupe du monde. Un séisme retentissant, qui renvoie une fois encore à l’équilibre fragile entre les confédérations (le Pérou a éliminé la Nouvelle-Zélande en terminant cinquième en AmSud alors que l’Italie et la Suède ont terminé 2es derrière la France et l’Espagne…) et pourrait vite faire naître un nouveau débat. Mais quand même.
Au-delà des répliques sismiques, il faut saluer le caractère de cette équipe, son implication dans un projet collectif et ce dépassement de fonction quasiment ancré dans les gènes suédois. Pas toujours le plus médiatisé des pays. On rappellera ici que la culture du sport dans son ensemble et du foot en particulier est largement supérieure en Suède par rapport à ce qu’elle est en France. De la provoc’ ? Non, juste un constat.
Sinon, il y a à peu près tout en stock dans le magasin de Janne Andersson, avec une charnière centrale qui peut s’appuyer sur ce barrage un peu dingue contre l’Italie. Victor Lindelöf-Andreas Granqvist (qui vient d’être élu Sportif de l’année en Suède, après plus de dix ans de règne – sans partage – du sieur Zlatan), pour peu que la confiance vienne vraiment, ça peut devenir très difficile à jouer. Mikael Lustig et Ludwig Augustinsson sont plus que des valeurs sûres. Sebastian Larsson, un peu perdu à Hull City, reste un super footeux et Emil Forsberg une pépite. Ajoutez à tout cela Marcus Berg, Ola Toivonen, Jimmy Durmaz et les autres et vous avez tout ce qu’il fallait éviter au tirage au sort de Moscou.

L’homme à suivre : Emil Forsberg
Son toucher de balle, ses accélérations et sa vision du jeu avaient ébloui la Bundesliga la saison dernière. Avec le RB Leipzig, il découvre la Ligue des champions cette année et ça le fait plutôt bien aussi. Il ne dépareille pas, Emil. Et puis il y a cette qualité de frappe sur coups de pied arrêtés, cette faculté à fouetter le ballon sans le faire tourner et à le faire replonger derrière le mur comme un cotillon un soir de réveillon. On revoit un peu Juninho. Et ça fait du bien. Un poison constant qui pourrait bien, avec une Coupe du monde réussie, faire le grand saut en club également. A suivre.

1er tour
Le 18 juin à 14h, Stade de Nijni-Novgorod : Suède-Corée du Sud
Le 23 juin à 20h, Stade Ficht à Sotchi : Suède-Allemagne
Le 27 juin à 16h, Stade d’Ekaterinbourg : Suède-Mexique

Visa mondial
• Superficie : 449 965 km2
• 10 millions d’habitants
• Capitale : Stockholm
• Fédération : Svenska Fotbollförbundet (SVFF)
• Année de fondation : 1904
• Affiliation FIFA : 1904
• Couleurs : maillot jaune, short bleu, bas jaunes
• Equipementier : Adidas

Le chiffre : 3
Comme le nombre de podiums récoltés par les Suédois dans l’histoire de la Coupe du monde. Deux fois troisièmes (1950 et 1994), une fois finaliste (1958). Beaucoup aimeraient étaler un tel bilan.

Comment ils jouent
On ne va pas redire ici qu’ils savent bien jouer au ballon et que ce n’est pas seulement un bloc construit pour défendre. On est assez bien placé pour évoquer les problèmes posés par les hommes en jaune au Stade de France en novembre 2016, sans même parler de la bataille perdue par les Bleus en juin dernier, chez eux. Ils savent jouer au ballon et même s’ils ont passé leur temps à défendre contre l’Italie en barrage, ils ont défendu en 4-4-2. Sans fermer les doubles rideaux. Victor Lindelöf, si décrié à MU, s’est révélé dans la tempête de San Siro aux côtés du capitaine Andreas Granqvist. Manquait plus que ça.

Leurs éliminatoires
Zone Europe
2e du groupe A
19 pts, 6 v, 1 n, 3 d, 17 bp-19 bc
6.09.2016 : Suède-Pays-Bas 1-1 (Marcus Berg)
7.10.2016 : Luxembourg-Suède 0-1 (Mikael Lustig)
10.10.2016 : Suède-Bulgarie 3-0 (Ola Toivonen, Oscar Hiljemark, Victor Lindelöf)
11.11.2016 : France-Suède 2-1 (Emil Forsberg)
25.03.2017 : Suède-Biélorussie 4-0 (Emil Forsberg 2 dont 1 s.p., Marcus Berg, Isaac Kiese Thelin)
9.06.2017 : Suède-France 2-1 (Jimmy Durmaz, Ola Toivonen)
31.08.2017 : Bulgarie-Suède 3-2 (Mikael Lustig, Marcus Berg)
3.09.2017 : Biélorussie-Suède 0-4 (Emil Forsberg, Christoffer Nyman, Marcus Berg, Andreas Granqvist s.p.)
7.10.2017 : Suède-Luxembourg 8-0 (Andreas Granqvist 2 s.p., Marcus Berg 4, Mikael Lustig, Ola Toivonen)
10.10.2017 : Pays-Bas-Suède 2-0
Barrage
10.11.2017 : Suède-Italie 1-0 (Jakob Johansson)
13.11.2017 : Italie-Suède 0-0

Le coach
Janne Andersson
55 ans
Suédois
En poste depuis juin 2016
« Des matches très difficiles nous attendent. Mais après le barrage contre l’Italie, je ressens une très grande confiance au sein de notre équipe. On a prouvé qu’on pouvait rivaliser avec les meilleurs. »

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