Équipe de France

Stéphane Ruffier, le Basque bondissant

A 25 ans, le nouveau pilier des buts stéphanois reste sur les bases de ses deux dernières saisons sur le Rocher monégasque. A peine arrivé, déjà adopté. Le nouveau géant vert, c’est lui. « C’est bien simple, en ce moment, on a un gardien qui est sur une autre planète. »
OK, c’était en janvier 2010 et ça commence à dater mais il y a des soirs comme ça qui vous marquent pour longtemps. Les mots sont de Sébastien Puygrenier, alors défenseur de l’A.S. Monaco et accessoirement premier relais de Stéphane Ruffier, l’extraterrestre en question. C’était donc il y a presque deux ans. Il faisait très froid au Parc des Princes mais le crâne rasé posté dans les buts monégasques avait embrasé l’atmosphère. Bien au-delà de sa surface de réparation. Monaco s’était imposé sur la pelouse du Paris SG grâce à un but contre son camp d’Apoula Edel, Gaston Lagaffe du Parc, et Antoine Kombouaré avait dit, en quittant le stade, quelque chose comme : « On aurait pu jouer trois heures, on n’aurait pas réussi à marquer. »
C’était en janvier 2010, une éternité dans le foot. Monaco est aujourd’hui en L2, Apoula Edel on ne sait plus vraiment où et Stéphane Ruffier à l’A.S. Saint-Etienne. A 25 ans, le nouveau portier vert dégage toujours cette impression de muraille infranchissable, avec cette même sûreté dans ses appuis et ses prises de balle, cette même volonté de dominer au sol ou dans les airs dès que l’on s’approche de son périmètre réservé. Gardien de la caste.
Bayonnais de naissance, Stéphane avait enfilé la chistera avant une paire de gants. Passionné de Cesta Punta, le jeune Ruffier fréquenta davantage les frontons en béton que les buts sur gazon. Mais ça n’a pas duré. Comme le foot, d’ailleurs. Enfin, le foot dans le champ. Trop limité techniquement, le garçon. Dans les buts, c’était autre chose. L’histoire ne dit pas si c’est son envie de grimper au fronton qui lui donna cette agilité féline sur la ligne de but. Toujours est-il que Stéphane se passionna très vite pour le poste. Il avait réussi 114 arrêts la saison dernière. Il en était déjà à 6 (et 10 frappes détournées) en 360 minutes de jeu cette année.
Décisif à Bordeaux lors de la première journée du championnat, pour sa première dans la peau du n°1 devant Jérémie Janot – ex-chouchou de Geoffroy-Guichard -, Ruffier n’a pas tardé à conquérir le cœur des supporters stéphanois. Ça partait sur de bonnes bases. Les siennes. Toujours les mêmes. A savoir la plus haute exigence possible. « Je connais la pression, elle fait partie de notre métier. Mais je ne suis pas quelqu’un qui se pose trop de questions. Je veux faire de grandes choses avec Saint-Etienne. Le club est ambitieux, moi aussi. »
La relégation de Monaco en Ligue 2 a précipité son départ. Il était hors de question, pour le quatrième gardien dans la hiérarchie actuelle de l’équipe de France, de descendre d’un étage. Mais quitter la Principauté se révéla difficile. « Voir ce club, avec son histoire, son palmarès et tout ce qu’il représente, en Ligue 2, c’est un truc qu’on a du mal à avaler. Mais bon, je ne pouvais pas évoluer en Ligue 2. J’ai eu quelques propositions à l’étranger. Saint-Etienne m’a exposé ses objectifs et c’est devenu ma priorité. »
Chez les Verts, on se réjouit de ce joli coup. « Quand une opportunité comme celle-là se présente, on est heureux de concrétiser », soulignait l’entraîneur, Christophe Galtier, lors de l’intronisation son nouveau n°1.
Le Forez comme un nouveau départ. Et une remise en question pour celui que l’on voyait bien faire toute sa carrière sur le Rocher, à l’instar d’un Jean-Luc Ettori. A l’A.S.S.E., Ruffier a gardé le même état d’esprit, entre humilité et ambitions avouées. « Ce qui m’intéresse, c’est l’équipe. Mes prestations passent après. »
En juin 2010, il lézardait sur les plages de Saint-Jean-de-Luz pendant ses vacances. Raymond Domenech l’appela pour remplacer Cédric Carrasso, blessé. Stéphane grimpa dans un avion pour l’Afrique du Sud et intégra les Bleus. C’est en posant le pied sur le sol africain, après une journée entière de voyage, qu’il apprit que la FIFA n’autorisait finalement pas la France à l’inscrire sur les feuilles de match pour la Coupe du monde. En clair, il arrivait pour faire le nombre à l’entraînement. Sauf que les Bleus ont refusé de s’entraîner… Stéphane s’est retrouvé mutin malgré lui. Il était, quelques semaines plus tard, titulaire dans le but de l’équipe de France en Norvège, un soir de première pour Laurent Blanc. Et pour lui. Sa seule sélection en Bleu. Mais il est là, il frappe à la porte et ça fait du bruit. Car physiquement, le Basque bondissant en impose. Nul doute qu’on reparlera très vite de lui.

Fan de Barthez
Tout petit déjà, Ruffier admirait le divin chauve. Il en fit son idole. « C’est lui qui m’a donné conscience de l’importance du poste. Avant, on avait l’impression que le gardien de but était toujours la dernière roue du carrosse. »

Clone de Fabien
« Je suis hermétique à la pression, rappelle souvent Stéphane. L’attaquant en face de moi, je me fous de son nom. Ça reste un être humain. S’il est en forme, il peut m’en planter quatre. S’il l’est moins, il peut tirer quinze fois à côté. » Du Barthez dans le texte !

Profil
■ Né le 27 septembre 1986 à Bayonne
■ 1,88 m, 90 kg
■ Gardien
■ Roadbook : Monaco (2004-05), Bayonne (2005-06), Monaco (2006-11), Saint-Etienne (depuis 2011)
■ International A. Première sélection : le 11 août 2010, Norvège-France (2-1)

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