Coupe du Monde

Steffon Armitage, le Richie McCaw européen

Meilleur joueur européen de l’année 2014, Steffon Armi­tage a donné une nouvelle dimen­sion à Toulon. Outre-Manche, le statut du troisième ligne faisait débat à l’approche de la Coupe du monde. Explications.

Dans la famille Armitage du RC Toulonnais, je voudrais le troisième ligne ! Avec Steffon, la pioche est bonne car Delon joue à l’arrière. Le cadet est un beau bébé de 100 kg pour 1,75 m qui gratte des ballons à la pelle tout en assurant un maximum de plaquages. Le bonhomme squatte les Tops 10 des troisièmes lignes et il a obtenu, récompense suprême, le titre de meilleur joueur européen de l’année 2014.
Cette distinction individuelle obtenue trois jours après le deu­xième sacre européen consécutif du RCT (23-6 contre les Saracens à Cardiff) couronne les progrès constants de Steffon depuis son arrivée à Mayol en 2011. Et aussi son abattage, absolument énorme. « C’est un grand honneur, pour le club comme pour moi, commentait-il. C’est le fruit du boulot de toute une équipe. On avance ensemble, c’est notre force. »
Armitage se plaît sur la Rade, c’est une évidence. Depuis 4 ans, il participe pleinement à la vie d’un club dont le palmarès avait besoin d’être dépoussiéré. Et qui vient d’accueillir trois H Cups coup sur coup. Le Top 14 était la cerise sur le gâteau l’an dernier. « Il y a de grands noms à Toulon mais nous formons une vraie famille. Sans mes coéquipiers, cette récompense individuelle n’aurait pas été possible », assure Steffon qui s’empressait d’ajouter que « suivre les traces de Jonny (Wilkinson) était quelque chose de très spécial pour (lui) ». Un champion succède à un autre champion. Le n°8 toulonnais sait ce qu’il doit au buteur légen­daire, qui a tiré sa révérence.
Des garçons de la trempe de Jacques Burger, Chris Ashton et Schalk Brits, sans oublier « Wilko », concouraient pour cet award de meilleur joueur européen. Cela souligne un peu plus la perfor­mance du troisième ligne rouge et noir. Un garçon qui revient de loin. Tout n’a pas été facile pour Steffon, ébranlé par des rumeurs de dopage en 2012 avant d’être finalement blanchi par une contre-expertise.
Avec deux (à l’époque) médailles de champion d’Europe autour du cou et le bouclier de Brennus dans son salon, Armitage animait à nouveau les débats outre-Manche. La raison ? Stuart Lancaster, patron du XV de la Rose, avait imposé une règle draconienne en début de saison : les joueurs évoluant à l’étranger ne sont pas sélectionnables ! Et ce, alors que se profilait la Coupe du monde sur le sol anglais… Un scandale pour les fans. Chez les sujets de sa gracieuse Majesté, on ne comprend pas le raisonnement du sélectionneur, jugé tantôt borné, tantôt obtus.
L’Angleterre était sur les nerfs à l’approche de ce Mondial qu’elle accueil­lera. Stuart Lancaster veut des garçons à sa disposition en permanence. Sous la pression, il a fini par admettre que Steffon Armitage pourrait être « l’exception ». Il s’expliquait, tant bien que mal : « Je vois la même philosophie s’appliquer en Nouvelle-Zélande. Le système est aussi strict, pour ne pas dire encore plus rigide. Aucune flexibilité n’est permise. Je pense que c’est une bonne règle et je la soutiens en tant qu’entraîneur national. » Il s’empressait toutefois d’éteindre l’incendie à propos du Tou­lonnais. « En cas de circonstances exceptionnelles, on peut voir les choses différemment. Si Steffon livre une super saison l’année prochaine, la porte sera peut-être ouverte pour la sélection. »
La presse britannique en rajoutait, évidemment. Le « Daily Mail » a pris position pour un retour du Varois en équipe nationale. « Oui, sur ce qu’il a montré en 2013-14. Il évolue dans une équipe de Galactiques et c’est l’un des éléments majeurs. » Le « Daily Telegraph » se montrait nettement plus réservé. Selon lui, la règle est valable pour tous les joueurs et il ne peut y avoir d’exception…
Le troisième ligne du RCT n’a été sélectionné qu’à cinq reprises en équipe d’Angleterre. Trois fois en 2009, deux fois en 2010. Il a participé à deux Tournois des VI Nations sans jamais être un maillon fort. Mais les temps ont changé et on comprend que le public, outre-Manche, s’agace de voir un bonhomme de ce calibre non sélectionnable en vertu d’une règle édictée par la seule Rugby Football Union (la Fédération anglaise). Steffon Armitage ne communique pas trop sur le sujet. Toulon occupait toutes ses journées. Il a 29 piges et son président, Mourad Boudjellal, lui a offert une extension de contrat de 3 ans. Armitage se retrouve ainsi lié au RCT jusqu’en 2017. Stuart Lancaster n’a peut-être pas fini de se poser des questions…

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