Étranger

Stades mythiques : Maracana, le dieu des stades

Fermé pendant deux ans et demi pour se refaire une beauté en vue de la Coupe du monde 2014, le mythique Maracana, flambant neuf, a rouvert ses portes. Bienvenue dans le saint des saints.

■ LA PETITE HISTOIRE

Pelé restera à tout jamais le joueur le plus mythique du dieu des stades où il a laissé une trace indélébile. C’est d’abord lui qui a inscrit ce qui est considéré comme le plus beau but de l’histoire du Maracana. Le 5 mars 1961, au cours d’une rencontre de championnat entre Santos, son club, et Fluminense, le môme – 20 ans à l’époque – part dans un ballet étourdissant, dribble un, deux, trois, quatre, cinq puis six adversaires avant de crucifier le gardien. Une plaque commémorative sera apposée dans l’enceinte afin de saluer cet exploit pour l’éternité.
Suivie d’une seconde, huit ans plus tard, quand El Rey marque, sur penalty, le 1 000e but de sa carrière dans son Maracana chéri. C’est encore là qu’il fête le 18 juillet 1971 sa 108e et dernière sélection internationale, contre la Yougoslavie (2-2), devant plus de 180 000 fans. Ces assistances n’ont plus cours puisqu’à la suite d’importants travaux au fil des ans, la capacité de l’enceinte a été considérablement réduite. Pour des raisons de sécurité mais aussi parce que dans les années 90, on avait constaté que la structure en béton armée des lieux était rongée… par l’urine des spectateurs qui se soulageaient sans passer par la case « Sanitaires » !

■ LE MATCH DE LÉGENDE : Brésil-Uruguay 1-2 (Coupe du monde), le 16 juillet 1950

Le Maracana a été spécialement construit pour la Coupe du monde 1950 et tous les travaux ne sont pas finis lorsque la compétition débute. Qu’importe, la Seleçao survole l’épreuve et ce 16 juillet doit être un jour de fête. 200 000 spectateurs se sont entassés dans l’enceinte qui déborde. C’est l’ultime match dans un système de poule finale à quatre équipes (avec également la Suède et l’Espagne). Le futur champion du monde se trouve sur la pelouse du Maracana. Ce sera donc le Brésil, qui n’a besoin que d’un nul pour rafler le trophée, ou l’Uruguay, à la condition express que la « Celeste » s’impose.
L’affaire semble définitivement entendue lorsque l’ailier brésilien Friaça ouvre le score au début de la seconde période. Erreur ! A la 65e minute, Juan Schiaffino, le meilleur attaquant uruguayen, égalise dans un silence assourdissant. L’impensable survient un petit quart d’heure plus tard quand son compère Gigghia double la mise. C’est tout un stade et tout un peuple qui s’effondre au coup de sifflet final. Le Brésil va vivre ce que l’on a appelé « le Maracanaço » (le coup du Maracana) comme un véritable deuil national. S’ensuivent des crises d’hystérie et des suicides dans une atmosphère hallucinante.
Plus de 60 ans plus tard et malgré les cinq titres mondiaux conquis depuis, la blessure n’est toujours pas complètement refermée. Après ce drame, la Seleçao a définitivement abandonné le maillot blanc porte-malheur et opté pour les jaune, bleu et vert du drapeau national que l’on connaît aujourd’hui.

■ LES GRANDS HOMMES
Juan Schiaffino et les champions du monde uruguayens 1950. Mais aussi et surtout les grands joueurs brésiliens qui s’y sont distingués en club ou en sélection : Pelé, Rivelino, Garrincha, Didi, Zagalo, Vava, Carlos Alberto, Gerson, Tostao, Jairzinho, Ademir, Zico, Romario, Bebeto, Ronaldo, Ronaldinho…

■ CV
Site : Rio de Janeiro
Origine : Construit pour la Coupe du monde 1950 organisée au Brésil, il s’est d’abord appelé stade Municipal avant d’être rebaptisé stade Mario Filho, en hommage à un célèbre journaliste qui milita ardemment pour la construction de cette enceinte de plus de 150 000 places à l’époque. Mais depuis l’origine et pour toujours, pour tout le monde, il est le Maracana, du nom de la rivière qui coule près du stade.
Inauguration : Le 16 juin 1950, sélection de Rio 1-3 sélection de Sao Paulo (amical)
Clubs résidents : ponctuellement Flamengo, Fluminense, Botafogo, Vasco de Gama
Dimensions terrain : 105 m x 68 m
Capacité actuelle : 78 838 places
Record d’affluence : Le 16 juillet 1950, 199 854 spectateurs, Brésil-Uruguay 1-2 (Coupe du monde)

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