Étranger

Stades mythiques : El Monumental, vraiment monumental !

C’est dans ce stade que l’Albiceleste a remporté son premier titre mondial. C’est là que River Plate, le plus grand palmarès du foot argentin, a signé ses plus retentissants succès. C’est aussi là que sont nés tant de génies du jeu. Et c’est ce stade qui accueille des matches de D2 puisque, pour la première fois de sa longue histoire, River a perdu sa place parmi l’élite…

■ LA PETITE HISTOIRE
Si le Monumental a officiellement été inauguré au printemps 1938, les travaux n’étaient pas achevés. Aussi, ils se sont poursuivis jusqu’en 1940. Avant, cette fois, de s’arrêter pour de longues années… alors que la tribune Nord n’était pas construite. Explication : du fait de la Seconde guerre mondiale, le coût des matériaux avait considérablement augmenté. Il fit exploser le budget prévisionnel. Du coup, il n’y avait plus d’argent pour terminer l’enceinte. C’est ainsi que très longtemps, l’ovale ressembla plutôt à un fer à cheval.
Précisément jusqu’en 1958. L’homme qui décanta la situation ? Le jeune et talentueux attaquant argentin Omar Sivori ! Eh oui, c’est grâce aux 10 millions de pesos de son transfert – un record à l’époque – de River Plate à la Juventus Turin que le président Enrique Pardo put faire reprendre les travaux. Et enfin donner – 20 ans après ! – sa forme définitive au Monumental.

■ LE MATCH DE LEGENDE : Argentine-Pays-Bas, 3-1 (a.p.), 25 juin 1978
Ce 25 juin 1978, ce ne sont pas seulement les 71 000 spectateurs du stade Monumental en fusion qui portent leur équipe, c’est tout un peuple. Oubliés les soucis de la vie quotidienne et les horreurs de la junte militaire du général Videla, l’Argentine est en finale de « SA » Coupe du monde et tout le pays retient son souffle. Lorsque les 22 acteurs pénètrent sur le terrain, des milliers de « papelitos » tombent des tribunes comme de gros flocons de neige qui viennent tapisser la pelouse. Le Monumental en éruption crache sa lave de papiers.
Ambiance de feu dans le stade, match tendu sur le terrain. Une rencontre qui se résume pour l’essentiel à une immense bataille au milieu. Il y a bien eu ce missile du Néerlandais Johnny Rep que l’excellent portier de l’Albiceleste, Ubaldo Filliol, est parvenu in extremis à détourner mais pas grand-chose d’autre à signaler. La mi-temps approche sur un probable 0-0 lorsque Super Mario Kempes décide de prendre les affaires en main. Le « Matador » profite d’une passe de son compère de l’attaque Leopoldo Luque pour venir transpercer la défense batave et planter la banderille fatale. Le Monumental, au paroxysme de la passion, explose.
En deuxième période, les hommes de Luis Cesar Menotti, forts de cet avantage, gèrent sans trop de problème la situation. Jusqu’à la 82e minute. D’une foudroyante reprise de la tête, le remplaçant batave Dick Nanninga, totalement démarqué, glace le stade et remet les deux équipes à égalité. Pire : à quelques secondes de la fin du temps réglementaire, un tir de Robert Rensenbrink vient se fracasser sur le poteau. Le coup(eret) passa si près…
Changement de décor en prolongation. Les Argentins reviennent plein d’allant et d’envie et c’est l’inévitable Kempes, meilleur joueur et meilleur buteur de la compétition, qui inscrit le but de la délivrance, en multipliant les contres favorables. La troisième réalisation, signée Daniel Bertoni, ne fera que sceller le premier succès de l’Argentine en Coupe du monde. Et tandis que le capitaine Daniel Passarella brandit le trophée, des milliers de « papelitos » tombent sans discontinuer du ciel de Buenos Aires dans une ambiance de fiesta indescriptible.

■ LES GRANDS HOMMES
Entraîneurs : Renato Cesarini, José Maria Minella, Angel Labruna, Alfredo Di Stefano, Hector Veira, Cesar Luis Menotti, Daniel Passarella, Ramon Diaz.
Joueurs : Bernabé Ferreyra, Alfredo Di Stefano, Omar Sivori, José Manuel Moreno, Angel Labruna, Mario Kempes, Daniel Passarella, Enzo Francescoli, Claudio Caniggia, Roberto Ayala, Juan Pablo Sorin, Ramon Diaz, Hernan Crespo, Marcelo Gallardo, Gabriel Batistuta, Ariel Ortega, Pablo Aimar, Javier Mascherano, Lucho Gonzalez, Gonzalo Higuain.

■ CV
Site : Buenos Aires (Argentine)
Origine : Au début de l’ère du professionnalisme, en Argentine (1931), le président de River Plate Antonio Vespucio Liberti décide de doter son club d’une nouvelle enceinte. Il veut quelque chose de beau, de grand, de monumental. Ce sera El Monumental. Le stade est implanté dans le quartier de Belgrano. Le choix fait polémique car certains le trouvent trop éloigné du centre ville. Sa construction est confiée aux architectes José Aslan et Hector Ezcurra. La première pierre est posée le 25 mai 1935. Le stade est officiellement inauguré trois ans plus tard, jour pour jour. En réalité, les travaux dureront jusqu’en 1940 et même beaucoup plus. Il atteindra la capacité maximale de 100 000 places. Elle sera réduite, sécurité oblige, pour accueillir la Coupe du monde 1978. Le 29 novembre 1986, quelques mois après le deuxième sacre mondial des Argentins, le stade est rebaptisé Monumental Antonio Vespucio Liberti en l’honneur de l’homme qui initia ce projet… monumental.
Inauguration : 25 mai 1938, River Plate-Penarol Montevideo, 3-1 (amical)
Club résident : River Plate
Dimensions terrain : 105 m x 68 m
Capacité actuelle : 66 449 places
Record d’affluence (ère moderne) : 71 712 spectateurs, 10 juin 1978, Argentine-Italie, 0-1 (Coupe du monde, match de poule)

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