Équipe de France

Sofiane Guitoune, la révélation catalane du Top 14

Sofiane Guitoune est un miraculé. Après avoir subi une rup­ture des ligaments croisés sous le maillot de l’USAP en 2012, il a signé un retour fracassant, avec des essais à la pelle. Son portrait entre Perpi­gnan et Marcoussis.

Un aller-retour Perpignan-Paris. C’est la Fédération qui a casqué. Sofiane Guitoune, l’arrière catalan, n’était pas peu fier d’être appelé sous les drapeaux de Marcoussis fin septembre pour un stage avec les Bleus. Mais c’était mérité car son début de saison fut flamboyant. Jugez plutôt : cinq essais en sept journées ! Qui disait mieux ? Personne. Aussi, le sélectionneur Philippe Saint-André l’a convoqué, histoire de voir ce que cela donnerait dans la basse cour des Coqs. Avec Rabah Slimani, le pilier droit du Stade Français, Guitoune était le p’tit nouveau chez les Bleus.
Sofiane, né à Alger, connaît la maison Marcoussis : il avait été sélectionné chez les U19. Cette fois-là, c’était sa grande première chez les A. Patrice Lagisquet, qui s’occupe des arrières du XV de France, brossait un rapide portrait du jeune Catalan : « Il a un profil à la Yoann Huget. On le suivait depuis un moment. Là, il faut reconnaître qu’il a passé un cap avec Perpignan. Il y a de la détermination et du talent chez ce joueur. »

Lié à Perpignan jusqu’en 2017
Formé à Agen et passé par Albi, Sofiane Guitoune est arrivé à l’USAP en 2012. Il fut sévè­rement blessé dès le premier match de la saison dernière. L’arrière catalan revenait sur cette période noire : « Une rupture des ligaments croisés, c’est le gros coup dur. Mentalement, tu peux vite plonger. Avec Jean-Pierre Pérez (ndlr : troisième ligne), qui était également blessé, on s’est remonté le moral mutuellement. On allait travailler sur le terrain ensemble à 7h du matin. Heureusement qu’on était deux pour faire ce genre de choses car c’est extrêmement difficile. On se soutenait l’un, l’autre constamment. »
Plus de six mois d’absence mais un retour fracassant. L’arrière perpignanais n’a jamais douté. « C’est le boulot qui m’a remis en selle. Il ne fallait pas précipiter les choses mais il était important de soigner la tête, aussi, avec des séances me permettant de retrouver mes moyens. » Guitoune a enflammé Aimé-Giral en signant des essais déroutants. Sa vitesse, ses appuis et sa détermination ont bluffé les dirigeants de l’USAP qui l’ont prolongé de 3 ans. Sofiane a l’esprit libre, il est désormais lié aux « Sang et Or » jusqu’en 2017. « Je me sens bien à Perpignan, alors je ne vois pas pourquoi j’aurais été voir ailleurs », explique-t-il.
Chez les Bleus évidemment, c’est autre chose. Les mauvaises langues diront que « PSA » procède à des essais parce qu’il ne sait pas trop où il va à l’approche de la Coupe du monde. Le trois-quarts aile de l’USAP n’a pas, lui-même, de réponse : « Je ne sais pas ce que je vaux au niveau international. On verra mais je suis déterminé. J’espère porter longtemps le maillot bleu. » Des garçons comme Antonie Claassen, Benjamin Fall et Daniel Kotze n’ont pas confirmé chez les Bleus. Alors, Guitoune fait profil bas. A seulement 24 ans, il doit se concentrer sur son rugby. « Je suis quelqu’un de réservé dans la vie au quotidien mais sur un terrain, je lâche tout », dit-il. Et il n’a pas froid aux yeux.
C’est cette énergie et cette volonté qui ont plu au staff tricolore. Formé à la même école que Yoann Huget et Brice Dulin, Sofiane sait où il veut aller. Mais tout passera par l’USAP. Ce sont les « Sang et Or » qui lui permettront d’accéder au plus haut niveau. En tout cas, on comprend aisément pourquoi l’arrière perpignanais était le meilleur marqueur d’essais du Top 14 après sept journées. Il est actuellement 2e derrière Metuisela Talebula, le trois-quarts aile de Bordeaux-Bègles (9 essais contre 12).

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