Équipe de France

Simon Pouplin, l’impossible retour

Entre blessures et chômage, le Sochalien est resté deux ans sans jouer. Avant de revenir en pleine lumière. On peut appeler ça une résurrection !

Cela faisait Deux ans, pas jour pour jour mais presque qu’il n’avait pas joué au plus haut niveau. Deux ans qu’il n’avait, en fait, plus joué du tout. Perdu, oublié, l’ex-grand espoir du Stade Rennais au poste de gardien. Simon Pouplin. Et puis tout à coup, il a surgi du néant, au cœur du mois de septembre, sous ses nouvelles couleurs, sochaliennes. Extraordinaire one-man-show sur la pelouse de Geoffroy-Guichard. Une renaissance ? En tout cas, cela y ressemblait drôlement. Tout avait pourtant si bien commencé pour le jeune Pouplin, encore poupin… A 15 ans, il quitte la famille et Cholet, la ville de son enfance, pour rejoindre le centre de formation du Stade Rennais. En Ille-en-Vilaine, la qualité de ses prises de balle, son assurance dans les sorties aériennes et ses réflexes sur la ligne lui valent de grimper rapidement les échelons et de sauter quelques classes. Au point de se retrouver, lors de la saison 2003-2004, doublure de Petr Cech.
Simon ne joue pas beaucoup (deux matches de championnat, le premier à 18 ans et 10 mois) mais il apprend forcément beaucoup au contact de l’immense gardien tchèque. En 2005, il signe son premier contrat pro, toujours dans la peau du n°2. Profitant de la blessure du successeur de Cech, le Suédois Andreas Isaksson, Pouplin gagne du temps de jeu et même une place de titulaire. Il dispute au total 15 rencontres de Ligue 1 et 4 de Coupe de l’UEFA. L’intérim est si bien assuré que Pierre Dréossi le désigne n°1 des n°1 du club breton pour la saison 2006-07, Christophe Revault, 36 ans à l’époque, endossant le paletot de second, autant pour instaurer une concurrence que pour aider le jeunot à progresser. Succès total. Rennes termine 4e du championnat avec la deuxième défense de France (30 buts encaissés, juste derrière Lyon, le champion) et Pouplin, qui n’a pas manqué une rencontre de L1, semble avoir définitivement pris son envol. Il plane… mais pas pour très longtemps. Plus dure sera la chute. Impérial, si sûr de lui quelques mois plus tôt, il commet quelques bourdes lourdes de conséquence. Le jeune portier est aussi enquiquiné par les pépins physiques. L’arrivée de Guy Lacombe comme entraîneur en décembre 2007 finit de sceller son sort. Pouplin effectuera la deuxième partie de saison sur le banc. Rideau.

Artisan de la montée et du maintien en Bundesliga
En quête d’un nouveau challenge, le Choletais attend que son téléphone sonne. Mais il ne croule pas sous les propositions et finit par signer au SC Fribourg, en Bundesliga 2. Ce n’est pas l’Amérique mais en Forêt Noire, Simon retrouve la lumière. Il s’impose dans les cages, en impose face aux attaquants adverses et se pose comme l’un des artisans de la remontée parmi l’élite, la première année. Ce sera l’un des cadres qui assureront le maintien, la deuxième. La troisième, alors qu’il approche de la fin de son contrat, s’avère beaucoup plus compliquée. Quelques semaines seulement après la reprise de la compétition, le Choletais peut sortir sa boîte de mouchoirs : sa cheville vole en éclats, bousillée, et met un terme à une saison qui venait à peine de débuter. Deuxième baisser de rideau. Cette fois, il mettra beaucoup plus de temps à remonter.
L’été suivant, Simon effectue un essai à Evian. Sans suite. « Cela ne s’était pas mal passé mais le médecin n’a pas donné son accord après examen de ma cheville. Et il avait raison. » Retour au bercail, chez lui, dans le Maine-et-Loire. Chômeur. « Pour rester actif, je me suis soigné, j’ai fait de la muscu, j’ai enfilé les longueurs de piscine et les kilomètres à vélo. C’était assez compliqué mais il fallait rester positif. Finalement, cette période de ma vie m’a ouvert l’esprit. » En janvier 2012, il obtient de Landry Chauvin, son ancien coach au centre de formation de Rennes, le feu vert pour s’entraîner avec la réserve nantaise. Une façon de remettre le pied à l’étrier et les mains dans les gants. Deuxième coup de projecteur en mai, quand il rejoint les Bleus à Clairefontaine (voir encadré). Et puis ce fut le bout du tunnel avec un bail de 3 ans signé, l’été dernier, en faveur de Sochaux. Même s’il la jouait profil bas.

Envolées magiques et arrêts miraculeux dans le Chaudron
« J’arrive en position de n°2 derrière Pierrick Cros, soulignait-il. Après les deux années que je viens de vivre, il aurait été prétentieux d’exiger une place de titulaire. Je dois déjà apporter mon expérience, on verra ensuite ce qui se passera. » La suite, c’est un départ en douceur pour les gars du Doubs. Pas franchement des durs derrière. Dix buts encaissés après 4 journées de Ligue 1 et un gardien, Cros, qui ne s’impose pas vraiment comme le patron dans les cages. Pour ne rien arranger, il est victime d’une blessure au talon. La titularisation de Pouplin pour le très délicat déplacement à Saint-Etienne ne constitue pas une franche surprise. « Il s’agit d’un choix sportif, précise l’entraîneur, Eric Hély. L’expérience de Simon est entrée dans ma réflexion. L’équipe est jeune et manque parfois de repères. Lui a du vécu. »
Excellente pioche. Dans le Chaudron, l’ancien Rennais fait le show avec quelques envolées magiques et des arrêts miraculeux devant Romain Hamouma, Pierre-Emerick Aubameyang ou Loïc Perrin. Pouplin refroidit Geoffroy-Guichard tandis que Thierry Doubaï assure l’improbable victoire (1-0). Enorme, quasiment deux ans jour pour jour après son dernier match avec Fribourg. Simon savourait, forcément. « C’est vrai qu’à la fin du match, ce fut très fort émotionnellement. J’ai repensé à ces moments où je m’entraînais avec mon père dans le jardin ou avec des potes, si loin des pros… » C’était l’automne dernier. On le retrouvait de nouveau, enfin, dans les habits d’un n°1 mais les pieds bien sur terre. « Quand on est sorti du foot pendant deux ans, on a tendance à relativiser… »

Simon Pouplin en short
■ Né le 28 mai 1985 à Cholet
■ 1,87 m – 79 kg
■ Gardien de but
■ Roadbook : Rennes (2003-08), SC Fribourg (ALL, 2008-11), Sochaux (depuis 2012)
■ Palmarès : Champion de Bundesliga 2 en 2009 avec Fribourg • Vainqueur de la Coupe Gambardella en 2003 avec Rennes • Champion de France U17 en 2002 avec Rennes

Avec les Bleus à Clairefontaine
Ou comment Simon Pouplin est passé du statut de chômeur à celui de sparring-partner des Bleus (en survêt’ bleu marine sur la photo) au début du stage de Clairefontaine, en mai dernier, lors de la préparation pour l’Euro. En l’absence de Hugo Lloris, Steve Mandanda et Cédric Carrasso, retenus par la dernière journée de L1, Laurent Blanc a besoin de deux portiers afin de donner le change aux sélectionnés déjà présents au rassemblement. Le néo-Sochalien raconte la suite. « Franck Raviot, l’entraîneur des gardiens, m’avait connu à l’époque du championnat d’Europe Espoirs 2006 au Portugal. Il savait que j’étais libre et avait gardé mon numéro de téléphone qui n’avait pas changé. Lorsqu’il m’a appelé, je n’ai pas hésité une seconde ! »
Les vacances prévues à Madagascar sont remplacées par un stage de six jours à Clairefontaine. « Une super expérience. Quand tu arrives dans le vestiaire et que tu as à tes côtés Patrice Evra, Philippe Mexès, Adil Rami et Yohan Cabaye, c’est vraiment impressionnant. Mais une fois sur le terrain, l’esprit du compétiteur reprend le dessus. Tu es hyper motivé pour être à la hauteur. Ce que je retiens de ces quelques jours ? C’est comme un stage en club mais puissance 10 ! »

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top