Étranger

Serbie : Le grand chambardement

Celui qui a qualifié les Serbes pour la Coupe du monde n’est déjà plus le sélectionneur de l’équipe nationale. Après le choc, le groupe ne repart pas d’une page blanche mais le temps presse.

Ce n’est pas une première mais c’est quand même une sacrée surprise. Dans la foulée de la qualification de la Serbie pour la Coupe du monde 2018, Slavo Muslin, l’homme qui avait mené à bien cette mission sans passer par la case « Barrage », dans un groupe piégeux et particulièrement compact avec la République d’Irlande, l’Autriche et le Pays de Galles notamment, a quitté ses fonctions. Les raisons du départ de cet ancien pensionnaire du championnat de France, qui avait œuvré à Lille, Brest et Caen dans les années 1980, restent assez mystérieuses. La Fédération s’est contentée d’un communiqué lapidaire pour le remercier du job accompli et évoquer « une séparation par consentement mutuel ». En fait, il semblerait que les instances lui aient reproché de ne pas avoir suffisamment rajeuni les cadres et d’avoir « oublié » de donner leur chance à certains espoirs comme le milieu Sergej Milinkovic-Savic, très convaincant, c’est vrai, avec la Lazio Rome, ou le gardien Mile Svilar, plutôt en difficulté, lui, depuis son arrivée au Benfica cet été. Si la Serbie ne repart pas d’une page blanche, elle ne s’est pas non plus simplifié la tâche en s’offrant ce remue-méninges, alors que la qualification, après l’absence de la sélection au Brésil il y a quatre ans, aurait dû être source d’apaisement.
Pour succéder à Muslin, on a fait appel à son assistant, Mladen Krstajic, qui a été nommé sélectionneur… intérimaire. L’homme, sans aucune expérience à un poste d’entraîneur en chef, est là mais on ne sait pas pour combien de temps. Quant à dire si ce sera lui qui mènera les troupes serbes en Russie, alors là… Les paris sont ouverts et les cotes aléatoires. Dans ce contexte qui ressemble à de la navigation à vue, Krstajic (ou un autre) a six mois pour remettre le groupe, forcément perturbé, la tête à l’endroit et les idées claires. Bien sûr, il y a de l’expérience, avec Branislav Ivanovic ou Aleksandar Kolarov, et de la qualité avec Nemanja Matic, Dusan Tadic ou le fameux Milinkovic-Savic. Bien sûr, la Serbie ne manque pas d’arguments mais il ne s’agit plus, dorénavant, de badiner et de se perdre en conjectures.

Classement FIFA : 38

1er tour
Le 17 juin à 14h, Stade de Samara : Serbie-Costa Rica
Le 22 juin à 20h, Stade de Kaliningrad : Serbie-Suisse
Le 27 juin à 20h, Stade du Spartak à Moscou : Serbie-Brésil

Visa mondial
• Superficie : 77 475 km2
• 7,1 millions d’habitants
• Capitale : Belgrade
• Fédération : Fédération de Serbie de football
• Année de fondation : 1919 (Yougoslavie)
• Affiliation FIFA : 1921 (Yougoslavie)
• Couleurs : maillot, short et bas rouges
• Equipementier : Umbro

Le chiffre : 1
Depuis sa retraite, l’ancien défenseur international Mladen Krstajic n’avait jamais occupé un poste d’entraîneur en chef. Il a été, pendant six mois, directeur sportif du Partizan Belgrade, où il avait débuté en pro, avant de devenir… président du club de Bijeljina. En mai 2016, il était arrivé « dans les bagages » de Slavo Muslin pour être son adjoint en équipe nationale. Et le voilà donc, aujourd’hui, pour la première fois, en première ligne à un poste d’entraîneur, qui plus est celui de sélectionneur.

L’homme à suivre : Nemanja Matic
Malgré son 1,94 m, Nemanja Matic est plutôt du genre discret. Aussi discret qu’indispensable. Comme il l’a toujours été dans les clubs où il est passé, Benfica ou Chelsea notamment, Manchester United aujourd’hui. Pareil en sélection où son dépassement de la fonction lui vaut d’être à la fois la sentinelle et le métronome de l’équipe. Celui qui donne le tempo. Il ne s’agit pas d’un monstre de rapidité mais question clairvoyance, sens du placement et du jeu, on ne fait guère mieux. Ses passes sont soit des offrandes, soit permettent de casser les lignes et sa qualité de frappe constitue vraiment un plus. C’est Monsieur Propre.

Comment ils jouent
Difficile de savoir ce que va changer le sélectionneur intérimaire Krstajic, dont on n’est même pas sûr qu’il conduira l’équipe nationale cet été. S’il travaille dans la continuité de son prédécesseur, il faut noter que celui-ci avait parfois opté pour le 4-2-3-1, voire le 4-4-2, mais le plus souvent, Muslin avait privilégié un 3-4-3 modulable en 5-4-1 en phase défensive, selon le positionnement des joueurs de côté, Antonio Rukavina-Dusan Tadic à droite, Aleksandar Kolarov-Filip Kostic à gauche, sachant que Tadic et Kostic n’hésitent pas à permuter. Dans les buts, Vladimir Stojkovic, qui n’a vraiment pas laissé un souvenir impérissable lors de son passage à Nantes, ni après, reste titulaire. Sinon, l’expérimenté capitaine Branislav Ivanovic dirige avec fermeté la défense, Nemanja Matic est une sentinelle précieuse mais aussi le régulateur et le premier relanceur de son équipe, tandis que la pointe Aleksandar Mitrovic s’est plutôt montrée à son avantage en éliminatoires. Un mot encore sur le grand espoir du milieu, Milinkovic-Savic, excellent avec la Lazio Rome et qui pourrait venir redistribuer les cartes.

Leurs éliminatoires
Zone Europe
1er du groupe D
21 pts, 6 v, 3 n, 1 d, 20 bp-10 bc
5.09.2016 : Serbie-République d’Irlande 2-2 (Filip Kostic, Dusan Tadic s.p.)
6.10.2016 : Moldavie-Serbie 0-3 (Filip Kostic, Branislav Ivanovic, Dusan Tadic)
9.10.2016 : Serbie-Autriche 3-2 (Aleksandar Mitrovic 2, Dusan Tadic)
12.11.2016 : Pays de Galles-Serbie 1-1 (Aleksandar Mitrovic)
24.03.2017 : Géorgie-Serbie 1-3 (Dusan Tadic s.p., Aleksandar Mitrovic, Mijat Gacinovic)
11.06.2017 : Serbie-Pays de Galles 1-1 (Aleksandar Mitrovic)
2.09.2017 : Serbie-Moldavie 3-0 (Mijat Gacinovic, Aleksandar Mitrovic, Aleksandar Kolarov)
5.09.2017 : République d’Irlande-Serbie 0-1 (Aleksandar Kolarov)
6.10.2017 : Autriche-Serbie 3-2 (Luka Milivojevic, Nemanja Matic)
9.10.2017 : Serbie-Géorgie 1-0 (Aleksandar Prijovic)

Le coach
Mladen Krstajic
43 ans
Serbe
En poste depuis novembre 2017
« Derrière le Brésil, nous allons, avec la Suisse et le Costa Rica, nous battre pour la 2e place. Le troisième match à Moscou contre la Seleçao s’annonce comme un grand moment pour nous et nos supporters. »

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