Équipe de France

Russie : On attend un tsar à la barre

La Russie, un peu cachée, ne s’est pas beaucoup découverte lors d’éliminatoires un brin poussives, avant l’arrivée de Leonid Slutski aux manettes. Pour mieux surprendre ?

On va le dire tout net, cette équipe de Russie a-t-elle les moyens de viser d’autres sphères et donc d’autres amplitudes que la zone des faire-valoir ? Difficile de répondre à la question. Quand Maître Fabio Capello la dirigeait, durant la phase éliminatoire, elle avait dangereusement plongé. Son successeur (nommé en août 2015), Leonid Slutski, a réalisé l’improbable. Quatre matches, quatre victoires, douze buts marqués, un seul encaissé, des stats en or qui ont permis d’accrocher une qualification, en tant que 2e de son groupe, derrière l’Autriche.
L’ami Leonid roulait alors sur une dynamique positive. Et ses joueurs déclaraient leur flamme : « Il est apprécié parce qu’on le comprend et qu’il ne favorise pas les joueurs de son club (ndlr : le CSKA Moscou qu’il continue de driver, en plus de l’équipe nationale). Il a également réussi à recréer une ambiance conviviale à l’intérieur du groupe », insistait ainsi Roman Shirokov, l’artificier russe. 
Depuis, il y a eu un petit coup de moins bien. Une défaite en amical, au mois de novembre, contre la Croatie (3-1), une autre en mars au Stade de France (4-2), qui ont dessiné les limites d’une défense vieillissante, face aux turbo réacteurs tricolores, à moins que ce ne soit la relève qui tarde à montrer les crocs. Toujours est-il que les points de suspension accompagnent cette sélection en mal de repères. Mais dont il faudra se méfier, surtout si elle se sort d’un premier tour loin de paraître inabordable avec l’Angleterre, la Slovaquie et le Pays de Galles dans son groupe). « Tout n’est pas parfait, a tranché Leonid Slutski, mais nous allons continuer de travailler sur la base qu’on s’est fixée. »
Jusqu’à maintenant, cela ne leur a pas mal réussi. On aurait également tort d’oublier qu’au moment d’affronter la France, cette formation sortait tout juste de sa trêve hivernale (la plupart des sélectionnés évoluent au pays) et qu’elle n’avait pas forcément tout le gaz pour s’opposer aux vagues bleues. Dans deux mois, cela pourrait être une tout autre histoire. Contre tous ses adversaires au 1er tour, comme, éventuellement, par la suite.
« Je crois, assure le rondelet Slutski, qu’on sait où l’on veut aller. Maintenant, je ne prétendrais pas que le chemin n’est pas semé d’embûches. Mais bon, le 1er tour n’apparaît pas inaccessible. L’Angleterre ? Il s’agit d’un beau challenge, qu’on a envie de relever et qui nous plaît. On connaît moins la Slovaquie et le Pays de Galles que l’on suit dorénavant. » Pour ça, nous lui faisons entièrement confiance.

Classement FIFA : 27e

Bilan Euro :
• 10 participations (1960, 64, 68, 72, 88, 92, 96, 2004, 2008 et 2012)
30 matches, 12 v, 6 d, 12 p, 36 bp-39 bc
• Meilleure performance : vainqueur en 1960
• Meilleurs buteurs : Alan Dzagoev (3 buts en 2012), Roman Pavlyuchenko (3 buts en 2008), Viktor Ponedelnik (3 buts ; 2 en 1960, 1 en 1964)

Comment ils jouent
Dans le 4-2-3-1 que Leonid Slutski a instauré comme base de travail, la défense ne manque pas d’expérience, surtout la charnière centrale qui approche, en âge cumulé, les 70 ans (!), avec Sergei Ignashevich et Vasili Berezutski. Elle allie sens du placement et intelligence tactique. En revanche, la lenteur des tours de contrôle peut causer des dégâts face à des attaquants vifs et inspirés. Au milieu, c’est Roman Shirokov qui tient les clés du jeu tandis que le plus souvent, Igor Denisov et Alan Dzagoev forment le duo à la récup’. A noter la présence en pointe du très efficace Artem Dzyuba, étincelant durant les éliminatoires (8 matches, 8 buts), qui assure avec réussite la succession d’Aleksandr Kerzhakov, meilleur buteur de l’histoire de la jeune Russie (30 buts), d’après l’Union Soviétique et l’éphémère CEI, et toujours dans le groupe. Sans parler du délicieux pied droit d’Oleg Shatov. Mais bon, derrière…

Le coach : Leonid Slutski
Né le 4.05.1971 à Volgograd
En poste depuis août 2015
8 matches, 6 v, 2 d

La parole à… Roman Shirokov
Il l’assure et on veut bien le croire. Donc, Roman Shirokov, brassard de capitaine autour du bras après avoir laissé de côté ses jeunes années un peu trop alcoolisées, est formel : « Le changement de sélectionneur a été un bienfait pour tout le groupe. Avec le nouveau coach, on a retrouvé la joie de jouer. Il nous a également apporté plus d’équilibre dans le jeu. On ne se croit pas, aujourd’hui, les meilleurs du monde mais il me semble qu’on avance dans la bonne direction. L’Euro ? Nous y allons sans certitudes mais avec conviction. On donnera tout. » Qui en doutait vraiment ?
8 matches, 6 v, 2 d

La cote de Planète : 3

Leurs éliminatoires
2e du groupe G
20 pts, 6 v, 2 n, 2 d, 21 bp-5 bc
08.09.2014 : Russie-Liechtenstein 4-0 (Büchel c.s.c.,
Burgmeier c.s.c., Kombarov s.p., Dzyuba)
09.10.2014 : Suède-Russie 1-1 (Kokorin)
12.10.2014 : Russie-Moldavie 1-1 (Dzyuba)
15.11.2014 : Autriche-Russie 1-0
27.03.2015 : Monténégro-Russie 0-3 (sur tapis vert)
14.06.2015 : Russie-Autriche 0-1
05.09.2015 : Russie-Suède 1-0 (Dzyuba)
08.09.2015 : Liechtenstein-Russie 0-7 (Dzyuba 4,
Kokorin s.p., Smolov, Dzagoev)
09.10.2015 : Moldavie-Russie 1-2
(Ignashevich, Dzyuba)
12.10.2015 : Russie-Monténégro 2-0
(Kuzmin, Kokorin s.p.)

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