Étranger

Russie : Les Tsars à la barre (1)

Hôte du tournoi pour la première fois de l’histoire, la grande Russie se trouve dans l’obligation de bien y figurer. Mais les hommes de Stanislas Cherchesov en ont-ils vraiment les moyens ? Pas si sûr…

Pour présenter à la face du monde les fastes et les paillettes du tirage au sort en direct du Kremlin, la Russie sait faire. Tout est mis en œuvre, opulent et ostentatoire. C’est indiqué dans le cahier des charges de la FIFA, c’est sûr, mais c’est à noter quand même. Vladimir Poutine voulait les Jeux Olympiques et la Coupe du monde de football. Il a eu les premiers en version hiver à Sotchi. Il est ravi d’accueillir la seconde et il a envie, à défaut de le faire savoir, de le montrer.
Mais à l’heure de décliner les noms des têtes de série, la Russie porte un peu le masque de l’intrus dans la grande maison du chapeau 1, quand même. D’ailleurs, à bien y regarder, elle a tombé le masque. Pour trouver sa trace dans le classement FIFA, il y a bien longtemps que l’on regarde bien au-delà des dix premières places. En fait, il faut s’enfoncer beaucoup plus loin. Au dernier pointage, elle se trouvait entre le Cap-Vert et la Guinée, en 65e position. Si rien, dans le cahier des charges de la FIFA, n’oblige le pays hôte à figurer dans les bonnes feuilles du livre (heureusement, d’ailleurs), on s’interroge quand même un peu sur les ambitions réelles de l’équipe russe, qui n’a pas d’autre choix que de briller sous les yeux de la planète foot en général et de son président en particulier.
Fabio Capello avait été embauché avec un salaire à la dimension du pays mais même le grand Mister a laissé tomber le tablier. Mystère ? Pas vraiment. Les Russes se sont ratatinés au Brésil, il y a quatre ans, sous les ordres de l’Italien. Puis ils se sont vautrés de nouveau lors de l’Euro 2016, avec Leonid Sloutski, le bon soldat du CSKA Moscou, qui avait repris l’affaire en route pour sauver la patrie. Derniers de leur groupe derrière le Pays de Galles, l’Angleterre et la Slovaquie. Les tsars rendaient les armes et les crampons.
Face à l’urgence de la situation, les dirigeants sont allés chercher Stanislav Cherchesov. L’ancien gardien de but du Spartak Moscou en connaît un rayon au niveau des successions : il avait pris la suite de Rinat Dasaev dans les buts du Spartak et de la sélection. C’est vrai que ça blinde un peu. Celui qui a disputé les Coupes du monde 1994 et 2002 avait commencé sa carrière d’entraîneur en Autriche, avant de rejoindre la maison mère du Spartak. D’abord directeur sportif puis entraîneur. Un exil en Pologne, à la tête du Legia Varsovie, qu’il a mené au doublé, a fini de convaincre les décideurs moscovites.
Pour sa première expérience à la tête d’une sélection, voilà Cherchesov devant un défi ultime : la Russie pour la Coupe du monde 2018 en Russie. La mission s’annonce périlleuse, d’autant que l’équipe se trouve à un tournant générationnel. L’ancienne garde a raccroché les crampons internationaux. Les vétérans Sergueï Ignachevitch et Alexeï Bérézoutski en sont les meilleurs exemples : leurs jambes de quasi-quarantenaires étaient dépassées mais leur retrait a dessiné un vide sidéral au niveau de l’expérience. C’est la charnière centrale historique qui a foutu le camp d’un coup. Avec eux, le capitaine Roman Shirokov a également dit stop. Et vlan, le dépositaire du jeu ! Trois poutres mères sont parties en même temps…
Aussi, Cherchesov modèle l’équipe d’aujourd’hui et de demain en s’appuyant sur la nouvelle génération. Bonne nouvelle : ils sont plusieurs à avoir cassé la coquille et pris leur envol. On pense à Aleksandr Kokorin mais aussi aux jumeaux Anton et Alekseï Miranchuk au milieu de terrain et à Gueorgui Djikiya, le nouvel homme fort de la défense du Spartak. L’équipe s’est considérablement rajeunie mais peut toujours compter sur le capitaine dinosaure, Igor Akinfeev. On a rarement vu un joueur à plus de cent sélections aussi jeune. Le portier du CSKA Moscou est toujours le même. Sûr, rassurant et complet. On pourrait ajouter d’autres qualificatifs mais on en restera là, en précisant que c’est un parfait symbole de l’école des gardiens russes, ce qui simplifie la chose. Cherchesov en a fait son premier relais depuis le retrait de Shirokov. C’est un gage de sécurité. Mais ça peut paraître un poil léger pour espérer sinon briller, du moins aller loin et étirer l’aventure de juin jusqu’en juillet…

Visa mondial
• Superficie : 17,1 millions km2
• 144,3 millions d’habitants
• Capitale : Moscou
• Fédération : Football Union de Russie
• Année de fondation : 1912
• Affiliation FIFA : 1912
• Couleurs : maillot, short et bas rouges, rayés bleu et blanc
• Equipementier : Adidas

1er tour
Le 14 juin à 17h, Stade Loujniki à Moscou : Russie-Arabie Saoudite
Le 19 juin à 20h, Stade de Saint-Pétersbourg : Russie-Égypte
Le 25 juin à 16h, Stade de Samara : Russie-Uruguay

Classement FIFA : 65e

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