Équipe de France

Robert Pires : « Mes débuts en bleu »

31 août 1996, Parc des Princes. Les Bleus reviennent de l’Euro anglais. Le Grand Stade, en chantier, se cherche un nom. Aimé Jacquet, qui n’a que la Coupe du monde en tête, lance un frêle Messin dans le grand bain. Récit par l’intéressé…

« Je n’ai jamais été retenu dans les sélections de jeunes. J’ai connu l’équipe de France avec les Espoirs. Nous avons participé aux Jeux Olympiques 1996 à Atlanta. Quand tu as 22-23 ans et que tu intègres l’équipe de France A, tu sais qu’il s’agit d’un pas très, très important. Je me souviens que Didier Deschamps, qui était capitaine, était venu à ma rencontre et m’avait souhaité bonne chance. Cette phrase, je l’ai encore dans les oreilles : « J’espère que tu iras le plus loin possible ».
Je mets les pieds pour la première fois au Château et j’entends ça… C’est resté gravé. L’annonce de la sélection, la remise des équipements, la Marseillaise : je me souviens des moindres détails. J’étais tétanisé, tout le temps. Pendant l’entraînement, pendant les repas… Je me sentais comme un gosse parmi mes idoles : Didier Deschamps, Marcel Desailly, Laurent Blanc, Youri Djorkaeff… J’étais presque plus dans la peau d’un supporter.
On est en septembre 1996, l’équipe de France sort de l’Euro en Angleterre. Nous avons été éliminés en demi-finales par la République tchèque, aux tirs au but (ndlr : 6-5). A l’époque, Aimé Jacquet, le sélectionneur, voulait introduire du sang neuf en vue de la Coupe du monde. Je suis le premier des Espoirs à intégrer le groupe avec Florian Maurice. Je revois mon arrivée à Clairefontaine. Je connaissais le centre, j’y étais allé plusieurs fois avec les Espoirs mais là… Comment dire ? J’avais déjà joué sur pratiquement tous les terrains de la plaine mais je n’avais toujours vu le Château que de loin. Avec les Espoirs, on se répétait souvent : « Quand va-t-on rentrer dedans ? »
Et ce jour était enfin arrivé… Et puis il y a eu les premiers entraînements qui m’ont vraiment paru très durs. C’était un cran au-dessus de ce que j’avais toujours vécu en club. En plus, j’étais au milieu de mes idoles. Autour de moi, il n’y avait que les meilleurs joueurs français ! C’était vraiment particulier. Il y avait l’envie de bien faire, d’écouter, de m’imprégner du moindre truc… Sur le terrain, c’était vraiment quelque chose. Dans la vitesse d’exécution, les petits contrôles, les dribbles que je ne connaissais pas, tout était plus fort.
Je me rappellerai toute ma vie du match. C’était au Parc des Princes contre le Mexique. Je remplace Reynald Pedros en début de seconde période. Le Parc n’était pas plein mais ça me paraissait énorme quand même ! J’ouvrais grand les yeux. Je suis vraiment entré sur la pointe des pieds. J’ai eu la chance d’avoir du temps parce qu’on m’en a laissé, les joueurs, Aimé… Au début, j’étais tétanisé. Je voulais trop bien faire. Et puis tout s’est arrangé au fil du temps et des matches. J’ai énormément regardé. C’est l’observation qui a fait ma réussite. A ce niveau-là, chaque geste compte. »

La fiche du match
■ Le 31 août 1996 au Parc des Princes, France 2-0 Mexique (0-0)
Match amical
20 491 spectateurs
Buts : Ouédec (49e), Djorkaeff (53e)
■ FRANCE : Lama – Thuram (Lamouchi, 88e), Blanc, Desailly (Lebœuf, 46e), Lizarazu (Guérin, 79e) – Karembeu, Djorkaeff, Deschamps (cap.), Pedros (Pires, 46e) – Loko (Zidane, 46e), Ouédec (Maurice, 64e). Sélectionneur : Aimé Jacquet.
■ MEXIQUE : Sanchez (Rios, 79e) – Pardo, Suarez, Davino (Becerril, 46e), Villa (Gomez, 87e) – Del Olmo, Lara (Blanco, 65e), Garcia Aspe, Ramirez (Arellano, 72e) – Luis Garcia (Pelaez, 70e), Alfaro (Palencia, 79e). Sélectionneur : Bora Milutinovic.

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