Équipe de France

Rétro : Voyage dans le grand monde (2)

Près de 90 ans de l’histoire de la ­­Coupe du monde nous contemplent. On a compulsé le grand livre. Revue express.

1978
Un tango argentin
La France retrouve le monde douze ans après. Et les Bleus, qui font mieux que se défendre dans un groupe qui comprend l’Italie, l’Argentine et la Hongrie, manquent pour pas grand-chose de poursuivre l’aventure. L’Argentine, qui vit alors sous la dictature du général Jorge Rafael Videla, va atteindre, dans son fief, son septième ciel en bénéficiant de quelques largesses arbitrales et du talent de Mario Kempes. Auteur d’un doublé en finale (victoire 3-1 après prolongation), ce dernier vient presque à lui seul à bout des Pays-Bas, privés de Johan Cruyff, qui n’a pas effectué le voyage. Et c’est sous un déluge de cotillons ciel et blancs que le Monumental de River Plate fête ses héros. Et d’abord « Super Mario ».
Podium
1. Argentine
2. Pays-Bas
3. Brésil

1982
Voir Séville et puis…
Mal embarqués, avec une défaite initiale contre l’Angleterre, les Bleus de l’archange Michel Platini vont, au fil de la compétition, monter en puissance. Jusqu’à approcher le sublime en demi-finales, là-bas à Séville, tout au sud de l’Espagne. C’est la RFA qui se dresse sur la route. Mais la bande à (Michel) Hidalgo, comme on l’appelle, s’enhardit, après avoir été d’abord un peu timide. Pousse les cousins germains en prolongation. Puis semble irrésistiblement s’envoler (3-1). Et puis il y a l’attentat de Schumacher, Harald de son prénom, qui percute aussi violemment que méchamment un Patrick Battiston qui filait au but, sans la moindre sanction de l’arbitre. Et puis il y a ces deux buts allemands, entachés de grosses fautes à l’origine des actions qui sont validées. Et puis il y a cette séance de tirs au but qui vire au cauchemar. Séville et puis plus rien. Juste des regrets éternels. Même pas atténués par la victoire finale de l’Italie de Paolo Rossi, qui corrige des Teutons vraiment maléfiques. Les Tricolores laisseront même la 3e place à la Pologne qui, huit ans après s’être révélée en Allemagne, retrouve le podium.
Podium
1. Italie
2. RFA
3. Pologne

1986
Diego Maradona ou la beauté du diable
Les Bleus commencent à gagner le respect. Ils sont sortis sans trop d’encombres de la phase de groupes puis ont dominé avec maîtrise un client aussi sérieux que l’Italie. Et là, en quarts, les voilà face au monstre brésilien. Tous les acteurs de ce drame en Technicolor vont offrir le meilleur d’eux-mêmes et une partition de plus de 120 minutes, sans la moindre fausse note, avec un ballon qui voltige d’un camp à l’autre sans jamais quitter l’aire de jeu, pratiquement. Un chef-d’œuvre qui ne « méritait » pas de perdant et dont les Français sortiront victorieux au bout de la séance de tirs au but. Trop usés, privés d’essence, ils ne passeront pas le cap suivant face à l’éternelle Allemagne. Et c’est l’Argentin Diego Maradona qui s’empare alors du rôle principal. Contre l’Angleterre, en quarts, mi-diable, il plante sans vergogne un but de la main avant, mi-dieu, de se jouer de six sujets de Sa Gracieuse Majesté pour inscrire un deuxième but qui ne doit rien à personne, sinon à sa géniale inspiration. C’est lui, accompagné de son fidèle lieutenant Jorge Burruchaga, qui porte l’Argentine jusqu’au sacre final. Enorme. La France, elle, se hisse sur la troisième marche du podium. Mérité.
Podium
1. Argentine
2. RFA
3. France

1990
L’Allemagne pour la victoire, le Cameroun pour l’histoire
Cette édition ne restera pas dans les annales. Avec des matches trop souvent tendus et fermés, à l’image de la finale où un penalty d’Andreas Brehme, en fin de rencontre, permet de débloquer la situation face à l’Argentine. Inoubliable image d’un Diego Maradona en pleurs, au moment de la remise du trophée. Mais la victoire de l’Allemagne, quelques mois après la chute du mur de Berlin, laisse une autre image, un symbole fort dans un pays en pleine réunification. Et puis question rayon de soleil dans l’eau froide, on aura quand même eu droit à la révélation du Cameroun qui, emmené par son vieux Lion indomptable presque quarantenaire, Roger Milla, fend la muraille et bouscule l’ordre établi, avant de s’incliner sur le fil et après prolongation (3-2) en quarts, face à l’Angleterre. Une Saga Africa pleine de promesses.
Podium
1. Allemagne
2. Argentine
3. Italie

1994
Brazil, Brazil, Brazil, Brazil
On passera vite sur les deux derniers matches pitoyables de l’équipe de France de Gérard Houllier en éliminatoires pour saluer une épreuve qui pose pour la première fois ses crampons aux Etats-Unis. Ce sont plutôt les filles, là-bas, qui sont championnes dans ce que les Ricains appellent le « soccer ». Ces messieurs atteignent néanmoins les huitièmes de finale et s’inclinent avec les honneurs face au Brésil. Tandis que le Nigeria, au jeu puissant et plein de fougue, confirme la montée en régime du continent africain. Sinon ? Les Brésiliens, avec leur duo de feu Romario-Bebeto, se montrent un peu trop supérieurs à leurs adversaires pour vraiment trembler. Sauf peut-être en finale contre l’Italie. Là, pour la première fois depuis le début du tournoi, ils ne parviennent pas à inscrire le moindre but et ne doivent leur salut qu’à une séance de tirs au but victorieuse, la première de l’histoire dans une finale. Elle leur offre une quatrième couronne. Au fait, on a repéré dans le groupe de la Seleçao un jeunot de même pas 18 ans, venu pour découvrir le grand monde. Il s’appelle Ronaldo.
Podium
1. Brésil
2. Italie
3. Suède

1998
J’irai au bout de mes rêves
Rien n’a été simple pour les Bleus d’Aimé Jacquet. Mais rétrospectivement, après toutes les épreuves traversées, qu’est-ce qui pouvait leur arriver, à part le meilleur ? Crispant, ce huitième de finale contre le Paraguay de José Luis Chilavert, où il faut un but en or dans le Nord du chevalier Laurent Blanc pour délivrer le stade Félix Bollaert de Lens. Angoissant, ce quart face à l’Italie, qui nous emmène jusqu’aux tirs au but où les minots, Thierry Henry et David Trezeguet, s’y collent pour sauver la patrie. Enervante, cette demie où le terminator croate Davor Suker ouvre le score avant que Lilian Thuram, pour un soir, un soir seulement, ne se transforme en improbable buteur. Et puis l’apothéose. La finale rêvée contre le Brésil. Ronaldo, un temps annoncé forfait, est bien sur le terrain. Mais on n’y voit que du bleu. On ne voit que le crâne un peu déplumé de « Zizou » qui s’élève deux fois au-dessus de tout le monde pour planter la banderille fatale. Avant qu’Emmanuel Petit, en toute fin de partie, n’inscrive le 1 000e but de l’histoire de l’équipe de France. Et un, et deux et…
Podium
1. France
2. Brésil
3. Croatie

2002
Ronaldo fait son numéro
Le football se lève à l’Est. Entre la Corée du Sud et le Japon, où la France, avec un Zinédine Zidane blessé, n’effectue qu’une courte escale sans saveur. Cette année-là sera celle de Ronaldo, bien épaulé par Ronaldinho et Rivaldo. Débarrassé pour un temps de ses éternels pépins physiques, l’artiste brésilien, qui présente une coupe de cheveux à faire peur, digne d’Halloween, monte en puissance au fil du tournoi. Et c’est dorénavant le footballeur, pas sa bobine, qui fait peur. Il parachève son œuvre majeure en marquant, sur quelques appuis, quelques dribbles et quelques accélérations fulgurantes, les deux buts qui font plier l’Allemagne en finale. Le Brésil peut poser la cinquième étoile sur son maillot.
Podium
1. Brésil
2. Allemagne
3. Turquie

2006
Nous nous sommes tant aimés
Revenu en équipe de France, après sa retraite internationale, comme sauveur de Bleus bien pâles sans lui, Zidane annonce qu’il mettra un terme définitif à sa carrière après le tournoi. Mais avant cela, il a encore quelques tours dignes de son talent à nous proposer. Il a sonné la révolte en huitièmes contre l’Espagne, il va offrir, au tour suivant, un véritable récital contre le quintuple champion brésilien. Roulettes, passements de jambe, coups du sombrero : tout l’arsenal de l’artiste y passe. Jusqu’à sa passe décisive à « Titi » Henry pour le but de la qualification. C’est encore lui qui se charge du penalty salvateur contre le Portugal en demies. C’est toujours lui qui plante une Antonin Panenka très osée en finale, face à son ami Gianluigi Buffon. C’est encore lui qui fait briller le gardien italien d’un coup de tête magistral en prolongation. Avant, quelques instants plus tard, qu’un coup de boule, en réponse à une provocation de Marco Materazzi, « n’offre » une fin définitive à cette fabuleuse aventure commencée au centre de formation de Cannes. Sans leur maestro, les Tricolores ne se relèveront pas. Ils tomberont aux tirs au but. La belle histoire, la drôle de fin…
Podium
1. Italie
2. France
3. Allemagne

2010
Et viva Espana
Entre les éclats de voix de Nicolas Anelka dans le vestiaire, à la mi-temps de France-Mexique, et un bus tombé en rade quelque part du côté de Knysna, les Bleus de Raymond Domenech ont perdu la face. Et le Nord en Afrique du Sud. Pas l’Espagne, qui continue de surfer sur son succès à l’Euro, deux ans auparavant, pour une nouvelle fois imposer son collectif et ses talents individuels dans un parfait dosage. « Ce succès a, je pense, savoure le sélectionneur Vicente Del Bosque en se frisant les moustaches, récompensé notre football offensif et une certaine qualité de jeu. » Si on précise que le formidable Andres Iniesta est l’unique buteur de la finale, on a sans doute tout dit.
Podium
1. Espagne
2. Pays-Bas
3. Allemagne

2014
Le retour des mammouths
Alors que les Bleus entament une rédemption plutôt séduisante après l’horreur sud-africaine, la Seleçao et tout le Brésil n’ont qu’un objectif : remporter « LEUR » Coupe du monde. Et avec la manière, s’il vous plaît. Raté sur toute la ligne. Ils vont plonger au fin fond d’un gouffre d’éternité sans lumière. Humiliés, bafoués, ridiculisés 7-1 par l’Allemagne en demi-finale. Et il ne s’agissait pas d’une victoire au tie-break. Les larmes du Maracana soixante et quelques années plus tôt ne sont pratiquement rien à côté de ce stupéfiant désastre national. Après la leçon ou plutôt la correction qu’ils ont infligée dans le cratère fumant de Belo Horizonte, les hommes de Joachim Löw finissent le travail face à l’Argentine de Lionel Messi en finale, grâce à une réalisation de Mario Götze. Très souvent placés mais plus gagnants depuis 1990, les mammouths sont de retour, tout en haut de l’affiche.
Podium
1. Allemagne
2. Argentine
3. Pays-Bas

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