Équipe de France

Rétro : Voyage dans le grand monde (1)

Près de 90 ans de l’histoire de la ­­Coupe du monde nous contemplent. On a compulsé le grand livre. Revue express.

1930
Messieurs les Français, tirez les premiers !
Grâce au Français Jules Rimet, président de la FIFA, la Coupe du monde voit le jour. Première destination, Montevideo. L’Uruguay et un long voyage en mer de deux semaines pour l’équipe de France. Lucien Laurent, alors joueur du FC Sochaux, ne regrette pas la traversée puisqu’il va entrer dans l’histoire en devenant, pour l’éternité, le premier buteur de la compétition face au Mexique (4-1). Pour les Tricolores, l’aventure n’ira, hélas, pas plus loin que le 1er tour. La Celeste, déjà double championne olympique en 1924 et 1928, s’impose en finale sur ses terres, face à son meilleur ennemi sud-américain : l’Argentine. Une victoire 4-2 arrachée en deuxième mi-temps. L’art et la manière, pour le pays hôte, de fêter avec faste le centenaire de son indépendance.
Podium
1. Uruguay
2. Argentine
3. Etats-Unis

1934
Sous la botte de l’Italie
Les Italiens, qui n’avaient pas obtenu l’organisation de la première Coupe du monde, se rattrapent avec cette deuxième édition. Benito Mussolini et son Parti National Faciste au pouvoir ont compris quelle formidable caisse de résonance et quel incroyable instrument de propagande l’évènement pouvait constituer. C’est dans ce climat politisé et dans une atmosphère fanatisée à l’extrême que vont se dérouler tous les matches de la sélection italienne, soutenue par une foule déchaînée. Peu regardante sur les moyens et pas défavorisée par un arbitrage, disons amical avec elle, la Squadra va au bout de son rêve en s’imposant 2-1 en finale après prolongation, contre la Tchécoslovaquie, dans une ambiance un brin surréaliste. Les Français, eux, sont tombés avec les honneurs face à l’ogre autrichien en huitièmes (3-2 après prolongation).
Podium
1. Italie
2. Tchécoslovaquie
3. Allemagne

1938
La drôle de paix
Trois mois après l’envahissement de l’Autriche par l’Allemagne, c’est dans une ambiance particulière que se déroule ce Mondial made in France. Nos représentants font avec leurs moyens mais ne parviennent pas à dépasser le stade des quarts. Ils tombent face au futur lauréat italien, qui double donc la mise. Et cette fois, il n’y a pas grand-chose à redire, tant la formation emmenée par le capitaine Giuseppe Meazza a développé un jeu collectif et une maîtrise technique supérieurs à ceux de ses adversaires. L’artiste brésilien Leonidas n’est pas chocolat : il termine meilleur buteur du tournoi avec sept réalisations.
Podium
1. Italie
2. Hongrie
3. Brésil

1950
Les larmes du Maracana
Les Français, éliminés par la Yougoslavie (1-1 à Paris, 1-1 à Belgrade, 2-3 après prolongation à Florence en match d’appui), sont repêchés à la suite de forfaits mais boycottent leur billet pour le Brésil. Pour la première fois, ils ne disputent pas la Coupe du monde. De toute façon, celle-ci semble promise au pays hôte qui vole tout au long de la compétition, jusqu’à la poule finale (les quatre derniers qualifiés se rencontrent tous à la place des habituelles demi-finales et finale). Dans cette poule finale, ils écrasent la Suède (7-1) puis l’Espagne (6-1) et n’ont besoin que d’un résultat nul dans l’ultime match contre l’Uruguay pour être sacrés dans un Maracana qui déborde de 200 000 spectateurs en transe. Ils ouvrent bien le score par Friaça mais se font rejoindre vingt minutes plus tard. Avant le coup de poignard fatidique à dix minutes du terme de la rencontre, qui plonge le Brésil dans le noir tandis que le Maracana pleure, à n’en plus finir toutes les larmes de son corps. Un séisme !
Podium
1. Uruguay
2. Brésil
3. Suède

1954
La symphonie inachevée
Les Français, bien trop limités, et les Brésiliens, bien trop nerveux, n’ont pas fait de vieux os dans le champêtre cadre suisse. En 1954, c’est la Hongrie, qui reste sur une impressionnante série de matches sans défaite, qui régale. Emmenés par le génial Major Puskas, les Magyars déroulent une symphonie en sons majeurs. C’est frais, pétillant, plein de vie. Le grand philarmonique de Budapest égaie la compétition de son football hyper entraînant. Jusqu’à la finale où il retrouve la RFA (République Fédérale d’Allemagne), qu’il avait étrillée en phase de poules 8-3. Mais là, même après avoir mené 2-0, ce n’est plus la même musique. Grâce à Helmut Rahn, auteur d’un doublé, et Fritz Walter, les Allemands renversent la vapeur et s’imposent 3-2 à la stupéfaction générale. A la place de la petite musique de nuit, ce sera roulements de tambour…
Podium
1. RFA
2. Hongrie
3. Autriche

1958
Les Français du Brésil ou inversement
Quand les Bleus débarquent en Suède, c’est plutôt dans le costume du figurant ou, au mieux, de second rôle qu’on les imagine. Ils vont pourtant y écrire la plus belle page de l’équipe nationale, jusque-là et pour les 25 années suivantes. Emmenés par la perle du Real Madrid, Raymond Kopa, et le canonnier Just Fontaine, qui fait tout voler en éclats et termine meilleur buteur de la compétition avec treize réalisations, ils multiplient les performances haut de gamme et mettent des buts à la pelle, avant de tomber les armes à la main en demi-finales face aux invincibles Brésiliens. Dida, Garrincha, Vava et un petit jeune tout maigrelet de 17 ans nommé Pelé vont poursuivre leur folle sarabande jusqu’au bout, en dominant de la tête aux crampons, avec talent et tellement de classe. La Suède trépasse. Et ils touchent enfin l’inaccessible étoile qui leur avait échappé huit ans plus tôt, chez eux. Les Français, magnifiques jusqu’au terme du tournoi, étrillent l’Allemagne 6-3 et s’emparent de la 3e place.
Podium
1. Brésil
2. Suède
3. France

1962
Et à la fin, c’est le Brésil qui gagne
La Suède 1958 avait emballé par ses prises de risques, ses envolées et son jeu ambitieux, le Chili 1962 laissera une impression beaucoup plus mitigée. Ça matraque dur sur les pelouses, où les coups pleuvent. Les équipes mettent souvent le cadenas de haute sécurité et pour éteindre définitivement la magie, Pelé se blesse. Heureusement, la morale de l’histoire sera sauve. Garrincha reprend le flambeau de la Seleçao et la guide vers son deuxième titre consécutif. Ce n’est que justice. Les Français suivent le spectacle devant leur téléviseur ou plus sûrement derrière leur transistor. Sortis dès les éliminatoires, ils n’ont pas traversé l’Atlantique.
Podium
1. Brésil
2. Tchécoslovaquie
3. Chili

1966
L’ombre d’un doute
Si les Tricolores ont arraché leur qualification sur le fil, grâce à un but du Nantais Philippe Gondet contre la Yougoslavie, leur séjour outre-Manche ne dépasse pas le 1er tour. Sinon, la tendance observée au Chili se confirme. Pelé tombe sous les coups et ne se relèvera pas. Un autre talent en profite pour apporter la lumière. Eusebio, Portugais né au Mozambique et Ballon d’or 1965, termine meilleur buteur d’une compétition qu’il a illuminée de ses arabesques de félin. Quant à l’Angleterre, elle va s’emparer du précieux trophée at home, sous la coupe de ses deux Bobby (Moore et Charlton). Avec cet ombre qui continuera de planer pendant des décennies : le ballon du but du 3-2, validé pile à la 100e minute en prolongation, face à la RFA d’un certain Franz Beckenbauer, a-t-il ou non franchi la ligne ? En toute fin de match et dans la confusion, alors que les spectateurs envahissent la pelouse, les British ajoutent un quatrième but. Mais celui de la 100e minute ?
Podium
1. Angleterre
2. RFA
3. Portugal

1970
Le couronnement d’un roi
Il y a tout eu durant cette Coupe du monde. Sauf l’équipe de France qui a sombré corps et biens, six pieds sous terre, durant les qualifs. Il y a tout eu sous le soleil de Mexico. La dramaturgie d’abord, avec cette demi-finale irrespirable et à la limite du réel entre l’Italie et la RFA. L’égalisation de l’Allemagne à la dernière seconde du temps réglementaire et puis cette prolongation de folie avec des adversaires qui se rendent coup pour coup et plantent cinq buts (!) en deux fois quinze minutes, dans un stade Azteca en ébullition. Avec le Kaizer Beckbenbauer, le bras en écharpe, victime d’une luxation, qui, faute de remplaçant, ne veut pas quitter le navire. Au bout de la nuit et du suspense, l’Italie décroche son billet en finale. Pour s’incliner lourdement face au Brésil. Il y a tout eu et surtout, cette ensorcelante Seleçao. Avec tous les rois de la samba, Rivelino, Jaïrzinho, Carlos Alberto, qui dansent, voltigent autour de leurs adversaires. Et puis le dieu Pelé… Il a 29 ans, il est à la pointe du sommet de son art et laisse une trace indélébile sur le tournoi, marqué du sceau de son incomparable génie. Chacun de ses gestes (la liste est trop longue) se transforme en œuvre d’art. Ce sacre est d’abord le sien.
Podium
1. Brésil
2. Italie
3. RFA

1974
La tête contre les murs
Une Coupe du monde en Allemagne. Mais côté Ouest. Un mur les sépare de « ceux de l’Est ». Un peuple, deux pays. Et l’incroyable clin d’œil du destin qui propose un improbable RFA-RDA dès le 1er tour. Avec la tout aussi surprenante victoire de l’outsider « démocrate » grâce à un but de Jürgen Sparwasser. Mais ce Mondial, c’est avant tout l’avènement annoncé des Hollandais volants et de leur football total. Des Oranje très pressé(e)s qui broient tout sur leur passage et dont le jeu est magnifié par Johan le Grand, le si subtil, l’inspirateur, l’âme du groupe et sa tête pensante, Maître Cruyff. Les héros ne sont jamais fatigués. Sauf en finale, face à la RFA, qui s’est requinquée après sa défaite initiale. Ont-ils marqué trop vite – un penalty transformé par Johan Neeskens dès la première minute -, ont-ils péché par suffisance ? Toujours est-il que les Bataves se font remonter au score puis dépasser et laissent filer cette Coupe du monde qui paraissait leur tendre les bras. A se taper, encore une fois, la tête contre les… murs !
Podium
1. RFA
2. Pays-Bas
3. Pologne

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