Équipe de France

Rétro OM 1993 – L’épopée : Quelle équipe épique ! (3/3)

Loin des fastes de la finale, c’est dans l’indifférence quasi générale, à Belfast, face aux modestes joueurs de Glentoran, que débute la campagne européenne de l’OM. Retour sur ce feuilleton en dix épisodes avant la consécration de Munich.

Phase de poules

La douche écossaise
Avant le match, l’équation est simple : les Marseillais seront qualifiés pour la finale une journée avant la fin de la phase de poules s’ils battent les Rangers, leur adversaire directe sur la route de Munich. Clair, net et précis. Et les choses se présentent plutôt bien puisque sur leur première occase, ils ouvrent le score par l’intermédiaire de Franck Sauzée suite à un centre de Rudi Völler. Après cette réussite initiale, l’OM ne relâche pas son emprise, sans toutefois vraiment menacer Andy Goram, le goalkeeper écossais, et la mi-temps est sifflée sur cet avantage minimal. Le tournant du match ? Il a sans doute lieu peu après la reprise. C’est d’abord Sauzée qui voit son tir se fracasser sur la barre. Quelques instant plus tard, les Rangers bénéficient d’un corner. Jocelyn Angloma tente d’écarter le danger de la tête mais la balle, retombée à l’angle droit de la surface, trouve Ian Durrant qui place une demi-volée victorieuse. Tout est à refaire et les Olympiens ont du mal face à cette équipe qui défend comme un mort de faim chaque parcelle de terrain. Vaillance, engagement et volonté, voilà le cocktail plutôt tonique proposé par les Ecossais. Malgré quelques assauts – un peu désordonnés -, les hommes de Raymond Goethals ne franchiront pas la muraille. « On est tombé sur une très bonne formation des Rangers qui nous a posé beaucoup de difficultés, avoue Cap’tain Didier Deschamps. On a sans doute aussi eu le tort de trop balancer. A part le dernier quart d’heure, on a regardé le ballon passer en l’air au lieu de jouer au football. Nous avons manqué notre examen de passage face à une équipe qui nous a souvent été supérieure dans l’engagement et les duels. » C’est donc à Bruges que les Olympiens devront aller chercher leur billet pour la finale.

FICHE DU MATCH
■ Le 7 avril 1993 à Marseille
■ Marseille-Glasgow Rangers 1-1 (1-0)
■ Buts : Sauzée (16e) pour Marseille ; Durrant (52e) pour les Rangers
■ Avertissements : Di Meco (31e), Desailly (39e), Boksic (43e) pour Marseille ; McCoist (35e) pour les Rangers
■ Arbitre : M. Van der Ende (P.-B.)
■ Spectateurs : 46 000
■ Marseille : Barthez – Angloma, B. Boli, Desailly, Di Méco – Eydelie, Deschamps, Sauzée – Völler, Boksic, A. Pelé. Entraîneur : Raymond Goethals.
■ Glasgow Rangers : Goram – McPherson, Gough, Brown, Roberson (Murray, 53e) – Steven, McCall, Ferguson, Huistra (McSwegan, 80e) – Durrant, McCoist. Entraîneur : Walter Smith.

La bonne histoire belge
Une victoire, sinon rien. Pour voir Munich et disputer une nouvelle finale de C1, deux après celle de Bari, la bande à Basile doit s’imposer sur n’importe quel score dans le stade Jan Breydel de Bruges. No problem ! On joue depuis à peine deux minutes quand le défenseur belge Vital Borkelmans s’emmêle les pinceaux. Rudi Völler en profite pour récupérer la peinture, la transmettre à Jean-Marc Ferreri qui ouvre pour Alen Boksic. D’un tir croisé, le Croate signe la toile. Le scenario est idéal. Il frôle la perfection quelques minutes plus tard mais le buteur maison rate le K.-O. Qu’importe face à une opposition franchement mollassonne. Seuls Marc Schaessens et Lorenzo Staelens semblent vouloir sortir de la torpeur ambiante. Les Olympiens, bien dans leurs crampons, maîtrisent tranquillement. Pas de changement au retour des vestiaires. Ils gardent plus que jamais la main et gèrent, sans angoisse particulière, la situation. Une frappe d’Alen Boksic sur le poteau plus tard, le score ne change pas. Il n’évoluera plus. « On a manqué beaucoup d’occasions, concède Jocelyn Angloma, mais on n’a jamais non plus véritablement douté. » Marseille avait les moyens de faire largement mieux face à une formation endormie mais ce 1-0 minimaliste suffit finalement à son bonheur. Et à celui de Boli. « C’est extra, je vais disputer ma deuxième finale en deux ans. Ce n’est pas très courant. Je suis fier, on a montré les qualités du foot français. » Et Basile paraît bien décidé à prolonger la démonstration jusqu’au rendez-vous de Munich…

FICHE DU MATCH
■ Le 21 avril 1993 à Bruges (Belgique)
■ FC Bruges-Marseille 0-1 (0-1)
■ But : Boksic (2e)
■ Avertissements : Schaessens (19e), Cossey (60e) pour Bruges
■ Arbitre : M. Craciunescu (ROU)
■ Spectateurs : 23 000
■ FC Bruges : Verlinden – Creve, Cossey, Disztl, Borkelmans – Schaessens (Querter, 78e), Staelens, Van Maele (Renier, 83e), Dziubinski – Verheyen, Amokachi. Entraîneur : Hugo Broos.
■ Marseille : Barthez – Angloma, B. Boli, Desailly – Eydelie, Deschamps, Ferreri (Sauzée, 46e), J.-C. Thomas – Boksic (J.-P. Durand, 89e), Völler, A. Pelé. Entraîneur : Raymond Goethals.

Classement final du groupe
Equipe, Pts, J, G, N, P, bp, bc, Diff.
1. MARSEILLE, 9, 6, 3, 3, 0, 14, 4, +10
2. Glasgow, 8, 6, 2, 4, 0, 7, 5, +2
3. FC Bruges, 5, 6, 2, 1, 3, 5, 8, -3
4. CSKA Moscou, 2, 6, 0, 2, 4, 2, 11, -9

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