Équipe de France

Rétro OM 1993 – L’épopée : Quelle équipe épique ! (2/3)

Loin des fastes de la finale, c’est dans l’indifférence quasi générale, à Belfast, face aux modestes joueurs de Glentoran, que débute la campagne européenne de l’OM. Retour sur ce feuilleton en dix épisodes avant la consécration de Munich.

Phase de poules

Singing in the rain
Quinze jours après le 2e tour retour de Ligue des champions, bien des choses ont changé à Marseille. A commencer par l’entraîneur puisque le Belge à la Belga, Raymond Goethals, a repris la barre du navire phocéen. L’équipe, elle, a retrouvé une certaine moelle en championnat et un peu de confiance. Il va en falloir avant d’affronter les Rangers dans l’enfer d’Ibrox Park. Une bonne nouvelle quand même pour l’OM, les Ecossais sont privés d’Ally McCoist, leur « terrific » buteur, véritable machine à marquer, blessé. Sinon, la partie va se disputer dans un climat très scottish : des tonnes d’eau se sont déversées tout au long de la journée sur Glasgow. D’entrée, les Olympiens version Goethals tentent d’imposer un pressing tout-terrain. Et si l’on excepte une frayeur causée par Alexeï Mikhaïlitchenko, qui manque le cadre, la tactique fonctionne plutôt bien. Les Marseillais font mieux que de la résistance. Au fil des minutes, ils imposent leur football et se trouvent récompensés par un but du plat du pied d’Alen Boksic, sur un centre de son acolyte de l’attaque Rudi Völler. Juste avant la pause, Didier Deschamps puis Abedi Pelé sont même proches de doubler la mise. Tandis que de nouvelles trombes d’eau tombent sur Ibrox Park, ce voleur de Völler profite des atermoiements de Steven Pressley, entré à la mi-temps, pour inscrire le deuxième but tant espéré. Les Rangers sont K.-O. debout. Et pourtant, en trois minutes et alors qu’on ne donnait plus cher de leur peau, ils vont, dans un incroyable sursaut d’orgueil, recoller au score. D’abord grâce au « substitute » Gary McSwegan qui transforme son premier ballon en but. Puis sur une tête d’Attila Hateley servi par Ian Durrant. Malgré une fin de rencontre totalement échevelée dans un stade en fusion, la marque ne bougera plus. Au bord de l’exploit, Raymond Goethals estime que la bouteille (de whisky ?) est à moitié pleine. « En évoluant très haut, on a montré qu’on n’était pas venu pour jouer petit bras. Nous avons produit le meilleur football. On aurait pu l’emporter 3-0 ou 4-0. » Franck Sauzée confirme : « On a réalisé une superbe partie et joué pour gagner. C’est pour ça que nous sommes un peu déçus. Finalement, sur deux coups un peu bêtes, deux coup du sort, ils arrachent l’égalisation. Mais nous pouvons être fiers de notre performance. »

FICHE DU MATCH
■ Le 25 novembre 1992 à Glasgow (ECO)
■ Glasgow Rangers-Marseille 2-2 (0-1)
■ Buts : McSwegan (79e), Hateley (81e) pour les Rangers ; Boksic (31e), Völler (57e) pour Marseille
■ Avertissements : Hateley (81e) pour les Rangers ; B. Boli (55e), Di Meco (70e) pour Marseille
■ Arbitre : M. Puhl (HON)
■ Spectateurs : 41 624
■ Glasgow Rangers : Goram – McPherson, Gough (Pressley, 46e), Brown, Robertson – Steven (McSwegan, 78e), Murray, McCall, Mikhaïlitchenko – Durrant, Hateley. Entraîneur : Walter Smith.
■ Marseille : Barthez – Angloma, B. Boli, Casoni, Desailly, Di Meco – Sauzée, Deschamps, A. Pelé – Völler (Eydelie, 89e), Boksic (J.-P. Durand, 84e). Entraîneur : Raymond Goethals.

Vite fait, (très) bien fait
Sans Basile Boli ni Rudi Völler et cette fois-ci en 4-4-2, l’OM de Goethals règle vite le compte de ses compatriotes de Bruges. Ça part sur les chapeaux de roue. Une relance ultra-rapide Jean-Jacques Eydelie-Didier Deschamps pour Alen Boksic, crocheté dans la surface par Vital Borkelmans, permet à Franck Sauzée de transformer l’indiscutable penalty (4e). Même pas le temps de respirer. Voilà Jean-Christophe Thomas qui expédie un corner sur le poteau. La balle n’est pas perdue pour tout le monde. Boksic, toujours à l’affût, surgit du bois pour donner une allure plus conséquente à la domination marseillaise (10e). Un quart d’heure plus tard, l’intenable turbo croate creuse encore l’écart, tout seul, comme un grand, en mettant la défense brugeoise dans le vent. Alen, qui court à en perdre haleine, va également taper sur le poteau en seconde période. Malgré plusieurs autres occasions pour cet OM de feu, les choses en resteront là. La parole au héros de soirée. « C’est mon meilleur match depuis que je suis ici, même si j’en ai déjà disputé des bons. Je prends confiance en moi et l’équipe s’améliore au fil de la saison. Je crois que nous irons en finale. En tout cas, on a effectué un grand pas vers cet objectif. » Et il y est pour un peu, beaucoup.

FICHE DU MATCH
■ Le 25 novembre 1992 à Glasgow (ECO)
■ Glasgow Rangers-Marseille 2-2 (0-1)
■ Buts : McSwegan (79e), Hateley (81e) pour les Rangers ; Boksic (31e), Völler (57e) pour Marseille
■ Avertissements : Hateley (81e) pour les Rangers ; B. Boli (55e), Di Meco (70e) pour Marseille
■ Arbitre : M. Puhl (HON)
■ Spectateurs : 41 624
■ Glasgow Rangers : Goram – McPherson, Gough (Pressley, 46e), Brown, Robertson – Steven (McSwegan, 78e), Murray, McCall, Mikhaïlitchenko – Durrant, Hateley. Entraîneur : Walter Smith.
■ Marseille : Barthez – Angloma, B. Boli, Casoni, Desailly, Di Meco – Sauzée, Deschamps, A. Pelé – Völler (Eydelie, 89e), Boksic (J.-P. Durand, 84e). Entraîneur : Raymond Goethals.

Un nul et des regrets
« On a eu la maîtrise, on a dominé mais on doit se contenter d’un nul. » Le constat est signé Fabien Barthez. Et c’est vrai que l’OM peut nourrir des regrets. Face au CSKA Moscou, dernier du groupe (2 matches, 0 point), privé de compétition officielle depuis trois mois, pour cause de trêve hivernale et qui recevait les Olympiens à… Berlin, il y avait certainement matière à faire mieux que le 1-1 qui a clos les débats. Après un quart d’heure de mise en route, l’OM se crée les premières véritables occasions par Franck Sauzée (deux fois) et, surtout, sur une frappe d’Igor Dobrovolski qui heurte le poteau. La quatrième sera la bonne grâce à l’inévitable Alen Boksic qui assure le show sur le côté droit et enrhume la défense moscovite avant d’adresser un centre en retrait aux petits oignons, repris victorieusement par Abedi Pelé. L’affaire paraît bien engagée. Les Russes vacillent, semblent à bout de souffle, sans trop d’idées mais finalement, ils ne lâchent pas. A la 56e minute, l’international Ilshat Faizuline récupère un ballon dans la surface, met dans le vent Marcel Desailly et Bernard Casoni et place un exter’ du droit qui finit dans le petit filet de Fabien Barthez. Refroidi dans la glacière du stade Olympique, l’OM essaie de continuer à imposer sa puissance et un pressing haut pour reprendre les devants. En vain : le CSKA, revigoré par l’égalisation et bien campé dans sa moitié de terrain, ne va plus rien céder. « C’est inadmissible, s’emporte après la rencontre Raymond Goethals. Il y avait cent fois la place pour gagner ce match et on se fait piéger sur un contre. Nous n’avons pas été mauvais dans le jeu. Le problème, c’est uniquement une question de réalisme dans la surface adverse. Il va falloir rectifier le tir. »

FICHE DU MATCH
■ Le 3 mars 1993 à Berlin (ALL)
■ CSKA Moscou-Marseille 1-1 (0-1)
■ Buts : Faizuline (56e) pour Moscou ; A. Pelé (28e) pour Marseille
■ Avertissements : Sergeiev (11e), Ivanov (29e) pour Moscou
■ Arbitre : M. Baldas (ITA)
■ Spectateurs : 13 000
■ CSKA Moscou : Plotnikov – Mamtchour, Malioukov, Bistrov, Kolotoukine – Antonovitch, Minko (Karsakov, 55e), Boutsmanov, Ivanov (Dudnik, 46e) – Sergueiev, Faizuline. Entraîneur : Gennadi Kostilev.
■ Marseille : Barthez – Eydelie, Angloma, Casoni, Desailly, Di Meco – Sauzée, Deschamps, Dobrovolski (J.-P. Durand, 58e) – Boksic, A. Pelé. Entraîneur : Raymond Goethals.

Feu d’artifice au Vélodrome
Quinze jours plus tôt, Raymond Goethals avait amèrement regretté le manque de réalisme de ses joueurs devant le but. Ceux-ci vont vite se charger de le rassurer. Et de quel manière ! Le feu d’artifice commence dès le début de la rencontre. Plongée côté droit de Jocelyn Angloma. Le défenseur Bistrov ne trouve rien de mieux à faire, pour l’arrêter, que de le faucher dans la surface. Franck Sauzée transforme en force le penalty. Après cette entrée en matière parfaite, l’OM ne relâche pas son étreinte et continue de presser haut. Ça va payer. 34e minute : Angloma, décidément très en jambes, prend de vitesse la défense russe et sert Rudi Völler. La talonnade de l’Allemand permet à Sauzée d’armer une frappe surpuissante qui emporte tout sur son passage. Puis c’est au tour d’Abedi Pelé de faire son numéro. A 40 m des buts russes, il s’envole et conclut sa chevauchée par un tir qui fait mouche. La mi-temps ne va pas freiner les ardeurs marseillaises puisque dès la reprise, Sauzée, encore lui, corse l’addition en balançant un missile des 25 m. « C’est la première fois, confiera après coup le goleador de la soirée, que j’inscris trois buts en Coupe d’Europe. On a abordé cette rencontre exactement comme il le fallait. On a pressé, marqué très vite et tué le match. » Jean-Marc Ferreri, sorti du banc, et Marcel Desailly, le défenseur monté aux avant-postes, finiront d’achever un CSKA complètement désemparé.

FICHE DU MATCH
■ Le 17 mars 1993 à Marseille
■ Marseille-CSKA Moscou 6-0 (3-0)
■ Buts : Sauzée (5e sur pen., 34e, 49e), A. Pelé (43e), Ferreri (71e), Desailly (79e)
■ Arbitre : M. Muhmenthaler (SUI)
■ Spectateurs : 30 000
■ Marseille : Barthez – Angloma, B. Boli, Desailly, Di Meco – Deschamps, Sauzée (Eydelie, 66e), J.-P. Durand – Völler (Ferreri, 65e), Boksic, A. Pelé. Entraîneur : Raymond Goethals.
■ CSKA Moscou : Gouteiev – Mamtchour, Malioukov, Bistrov, Kolotoukine – Antonovitch, Minko, Mashkarine (Karsakov, 40e), Boutsmanov (Grishine, 46e) – Sergueiev, Faizuline. Entraîneur : Gennadi Kostilev.

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