Équipe de France

Rétro OM 1993 – L’épopée : Quelle équipe épique ! (1/3)

Loin des fastes de la finale, c’est dans l’indifférence quasi générale, à Belfast, face aux modestes joueurs de Glentoran, que débute la campagne européenne de l’OM. Retour sur ce feuilleton en dix épisodes avant la consécration de Munich.

1er tour – La balade irlandaise

Ce n’est pas le plus sexy ni le plus glamour des rendez-vous. Pour débuter sa campagne européenne 1992-93, Marseille se déplace en Irlande du Nord, à Belfast. Les hommes de Jeannot Fernandez, promu entraîneur en chef deux mois auparavant, affrontent les semi-professionnels de Glentoran. Ça pourrait sentir le traquenard. Mais non. Dans The Oval, le nom du stade, aux deux petites tribunes couvertes – Main Stand et Railway Stand -, l’OM ouvre très rapidement le score par Rudi Völler et profite des espaces laissés libres par un adversaire à la naïveté désarmante. Le score à la mi-temps (4-0) – à noter un doublé de l’Espagnol Rafael Martin Vasquez qui ne fera qu’un passage éclair dans la cité phocéenne – aurait pu être plus sévère avec un brin d’application supplémentaire. Jamais inquiétés, les Olympiens rajouteront un dernier but en fin de seconde période. Commentaire de Fernandez : « On a réalisé un vrai match de pros. » Une sympathique balade irlandaise.

FICHE DU MATCH
■ Le 16 septembre 1992 à Belfast (Irlande du Nord), Glentoran-Marseille 0-5 (0-4)
■ Buts : Völler (4e), Martin Vasquez (21e, 30e), Sauzée (42e), Ferreri (86e)
■ Arbitre : M. Reygwart (P.-B.)
■ Spectateurs : 9 500
■ Glentoran : Patterson – Neil, Devine, Bowers, Lowry – Mathieson, Morrisson (McCloskey, 72e), Kavanagh – Campbell, Hillis (Jameson, 72e), McCartney. Entraîneur : Thomas Jackson.
■ Marseille : Olmeta – Angloma (Eydelie, 46e), B. Boli, Casoni, Amoros – Sauzée, Deschamps, J.-P. Durand (Ferreri, 47e), Martin Vasquez – Völler, A. Pelé. Entraîneur : Jean Fernandez.

Dans un stade Vélodrome qui sonne creux pour un match sans le moindre suspense après la raclée de l’aller, les Olympiens gèrent les affaires courantes. En moins d’un quart d’heure, ils font le break grâce à François Omam-Biyik (6e), pour l’une de ses rares apparitions (ce sera son seul but sous les couleurs de l’OM), et Abedi Pelé (12e). Basile Boli y va aussi de son petit pion en deuxième mi-temps. « On a fait le boulot », résume parfaitement Jean Fernandez. A noter les premiers pas en Coupe d’Europe du jeune (21 ans) gardien arrivé l’été précédent de Toulouse, Fabien Barthez, qui n’a vraiment pas paru stressé pour ses débuts sur la scène continentale. « Je n’étais ni impressionné, ni tendu. Moi, sur un terrain, je m’éclate toujours. » Décontract’, sans peur et sans reproche, celui-là, quelque chose nous dit qu’on en reparlera…

FICHE DU MATCH
■ Le 30 septembre 1992 à Marseille, Marseille-Glentoran 3-0 (2-0)
■ Buts : Omam-Biyik (6e), Pelé (12e), Boli (72e)
■ Arbitre : M. Azevedo (POR)
■ Spectateurs : 10 000
■ Marseille : Barthez – Amoros, B. Boli, Desailly, Di Meco – Eydelie, Deschamps (Marquet, 46e), J.-C. Thomas, Martin Vasquez – A. Pelé (J.-P. Durand, 46e), Omam-Biyik. Entraîneur : Jean Fernandez.
■ Glentoran : Patterson – Neil, Devine, Bowers, Lowry – Mathieson, Morrisson, Kavanagh (McCloskey, 59e) – Jameson (McBride, 78e), Hillis, McCartney. Entraîneur : Thomas Jackson.

2e tour – Merci Boksic !

C’est une équipe marseillaise dans ses petits crampons, battue et humiliée au Vélodrome par Nantes (0-1) quatre jours plus tôt en championnat, qui débarque dans le chaudron du stade National. Le Dinamo Bucarest n’est pas un grand d’Europe mais a la réputation, sous l’impulsion du duo Daniel Timofte-Dorinel Munteanu, de produire un football élégant. De fait, les Roumains font bien tourner la balle face à un OM pas franchement serein mais qui se montre courageux et joue groupé. L’équipe subit mais ne rompt pas. Ne concède pas trop d’occasions non plus. Sauf peut-être juste après l’heure de jeu quand, coup sur coup, Fabien Barthez, le petit jeune qui monte, qui monte, doit intervenir avec autorité devant Tibor Selymes puis Vasile Jercalau pour éviter à Marseille de boire la tasse. Finalement, les Olympiens ne lâcheront rien jusqu’au coup de sifflet final. Et ce 0-0, dans cette période de turbulence, a presque un goût de victoire. « L’important, commente Marcel Desailly, était d’être bien positionné derrière. On s’est rassuré. » Bernard Casoni retient qu’il y a « encore pas mal de progrès à réaliser mais on construit petit à petit ». Les hommes de Bernard Tapie seraient-ils sur la voie de la rédemption ?

FICHE DU MATCH
■ Le 21 octobre 1992 à Bucarest (Roumanie), Dinamo Bucarest-Marseille 0-0
■ Avertissements : Selymes (32e), Timofte (58e) pour Bucarest ; A. Pelé (28e), Deschamps (54e) pour Marseille
■ Arbitre : M. Mikkelsen (DAN)
■ Spectateurs : 45 000
■ Dinamo Bucarest : Tene – Jercalau, Mihali, Cheregi, Selymes – Kadar (Pana, 65e), Timofte, Gerstenmajer, Munteanu – Hanganu, Demollari (Mensah, 79e). Entraîneur : Florin Halagian.
■ Marseille : Barthez – Angloma, B. Boli, Casoni, Desailly, Di Meco – Deschamps, Sauzée, J.C. Thomas (Eydelie, 46e) – A. Pelé, Völler. Entraîneur : Jean Fernandez.

Si le Vélodrome est seulement à moitié plein, ce match est présenté comme une rencontre capitale par Bernard Tapie. Oui, l’OM doit absolument se qualifier pour la très rémunératrice phase de poules (aux œufs d’or) de la Ligue des champions. Une bonne dizaine de minutes pour se chauffer et peut-être évacuer la pression et Didier Deschamps et sa troupe prennent les choses en main. Si les essais de Abedi Pelé, Rudi Völler et Marcel Desailly n’aboutissent pas, l’attaquant croate Alen Boksic, juste après la demi-heure de jeu, trouve la faille en reprenant victorieusement de la tête un centre de Basile Boli. Dans ses buts, Fabien Barthez regarde tout cela avec l’attention de celui qui n’a pas grand-chose d’autre à faire puisque les Roumains, amorphes, ne tentent rien. Le premier et seul frisson qu’ils font passer au Vélodrome ? Un centre de Tamas Kadar qui file devant le but. Dans la foulée, Boksic, récompensé de son activité et de sa hargne, double la mise d’un intérieur du droit. Rideau ! Et soulagement pour Jean Fernandez. « L’objectif était d’atteindre la phase de groupes que l’on avait manquée la saison passée, on ne peut être que satisfait. » « Oui, renchérit Abedi Pelé, on jouait notre vie. Gagner était essentiel et on l’a fait. » Merci qui ?

FICHE DU MATCH
■ Le 5 novembre 1992 à Marseille, Marseille-Dinamo Bucarest 2-0 (1-0)
■ Buts : Boksic (32e, 67e)
■ Avertissements : B. Boli (43e), J.-P. Durand (87e) pour Marseille ; Munteanu (63e), Cheregi (71e) pour le Dinamo Bucarest
■ Arbitre : M. Pezzella (ITA)
■ Spectateurs : 25 000
■ Marseille : Barthez – Amoros (Eydelie, 66e), B. Boli, Casoni, Desailly, J.-P. Durand – Deschamps, Sauzée, A. Pelé – Völler (Di Meco, 73e), Boksic. Entraîneur : Jean Fernandez.
■ Dinamo Bucarest : Tene – Jercalau, Mihali, Cheregi, Selymes – Kadar, Timofte, Gerstenmajer, Munteanu – Hanganu (Mensah, 73e), Demollari (Pana, 13e). Entraîneur : Florin Halagian.

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