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Rétro OM 1993 – Christian Cataldo : « Il n’y avait pas corner ! »

Personne, parmi les 25 000 supporters marseillais présents à Munich, n’oubliera. Christian Cataldo, le président des Dodgers, non plus. Des souvenirs à la pelle mais toujours en ciel et blanc.

« Et arrive ce fameux corner. Sauf qu’il n’y était pas ! Nous étions placés juste en face de l’action. C’est Abedi Pelé qui la touche en dernier sur un tacle de Paolo Maldini. Et voilà Basile Boli qui s’élève. Là, c’est la folie, l’explosion… On vit une mi-temps euphorique. Mais ça ne dure qu’un quart d’heure. Très vite, dès le coup d’envoi de la deuxième période, l’angoisse nous reprend. »
Les années passent, le souvenir reste intact. Indélébile au milieu d’autres mais à part quand même. Il y a des cadeaux d’anniversaire qu’on n’oublie pas. Le 26 mai 1993, les Dodgers de Christian Cataldo, leur président fondateur, soufflent leur première bougie. « Oui, jour pour jour car on avait créé le groupe le 26 mai 1992. On ne savait pas trop où on allait, si on allait tenir trois, six mois… Cette victoire en C1 ne pouvait pas mieux tomber, ce fut un super coup de boost. »
Toute une époque, épique. « Et un souvenir rocambolesque. Parce que ce voyage à Munich, il est comme les autres, truffé d’anecdotes. Nous étions environ 150 personnes à faire le déplacement à Munich (ndlr : les Marseillais étaient au total 26 000 dans le stade) mais sur les trois bus que nous avions remplis, deux furent bloqués à la frontière entre la Suisse et l’Autriche en raison de problèmes administratifs. On ne pouvait plus ni avancer, ni sortir. On s’est retrouvés bloqués au poste frontière, un vrai no man’s land. Après plusieurs heures de discussions, on a quand même pu rebrousser chemin. Il a fallu changer l’itinéraire. Impossible de poser une roue en Autriche. On a dû traverser le lac de Constance par le bac. J’ai fait une quête, un vrai périple. Nous étions partis de Marseille à 20h, nous sommes arrivés à Munich à 18h, deux heures avant le coup d’envoi ! » « Pékin Express » pour aller à Munich, fallait l’inventer.
A peine le temps d’oublier la tension du voyage (« Le Parc olympique était rempli de Marseillais et de Milanais. C’était très convivial, ça jouait au ballon, c’était vraiment la fête ») – que le stress de la finale se propage dans l’air. Têtes à l’envers et cœurs serrés. « Quelle angoisse, cette entame de match ! Au début, on a vraiment eu très peur. On a cru qu’on allait se faire lessiver. On doit notre survie à Fabien Barthez. Et puis petit à petit, on a relevé la tête. Milan, c’était vraiment costaud mais nous, on avait des guerriers de dimension européenne à l’époque. En seconde période, même si la tension était toujours là, on a chanté, chanté, chanté. On a pris le dessus sur les Italiens en tribunes aussi. »
Fin du match. L’OM est champion d’Europe. A Marseille, c’est un bruit comme un cri qui cogne les murs et les fondations de la ville. Un premier pétard explose. Puis la ville morte se transforme en volcan. Le cratère se trouve sur le Vieux-Port. Quelques euphoriques téméraires ou quelques joyeux ivres, c’est selon, plongent dans ses eaux sales. A Munich, l’euphorie prend le chemin du retour. « Nous avons eu deux blessés, explique Christian Cataldo, qu’il a fallu aller rechercher à l’hôpital de Munich. On est arrivé à Marseille vers 16h le lendemain. Directement au stade. Et là, c’était archi-plein. Incroyable ! Les joueurs qui arrivent avec la Coupe, Boli qui prend le micro… Pour un joueur, c’est le plus beau trophée en club. Pour nous, c’est encore plus fort. Je donne ma vie à l’OM, donc il n’y a rien au-dessus. Surtout que Milan, à l’époque, c’est un peu comme le Barça aujourd’hui. La référence. La fête a duré, duré. Trois jours après, on bat le Paris SG pour s’offrir le titre. Paris ouvre le score et il y a ce but de Boli. C’est l’un de mes plus beaux moments au Vélodrome. Les garçons, ils étaient sur une autre planète. Imbattables. Ce match contre Paris fait aussi partie de la fête. »
Elle n’est pas près de sortir de sa mémoire.

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