Équipe de France

Rétro OM 1993 : Bernard Tapie, le vertige du succès

A peine installés sur le toit de l’Europe, l’Olympique de Marseille et son Président vont être emportés par l’affaire VA-OM. Grandeur et décadence.

Il la tient enfin. Il en avait rêvé si fort. Il l’avait déjà approchée, demi-finaliste de la Coupe des vainqueurs de Coupe en 1988 (contre l’Ajax Amsterdam), demi-finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions en 1990 (face au Benfica Lisbonne) puis finaliste contre l’Etoile Rouge de Belgrade l’année suivante. Il l’avait approchée, oui, et même frôlée à Bari.
Ce 26 mai 1993, il peut enfin la toucher, la caresser, la lever bien haut dans le ciel de Munich, cette Coupe qui le faisait tant fantasmer. Bernard Tapie, arrivé à la présidence de l’OM en 1986, aura mis sept ans et pas mal de réflexion pour atteindre son Graal. « J’ai souffert pendant le match, raconte-t-il alors, parce que c’était serré et que tout pouvait basculer d’un moment à l’autre. Maintenant, je ressens un très grand bonheur. Dans ce genre de rencontre, il existe fatalement une part de chance. Elle nous avait tourné le dos jusqu’à présent. Voilà, on a été remboursé, cette victoire efface tout le reste. » Le boss parle, parle, ne s’arrête plus. « Ce succès prouve que l’état d’esprit des footballeurs français a changé. Ils sont devenus compétitifs. Désormais, on participe aux Coupes d’Europe pour les gagner. »
Pour lui, être premier, dans quel que domaine que ce soit, a toujours constitué un moteur. A peine assis sur le toit de l’Europe, le boss annonce qu’il ne descendra pas de son trône. « L’objectif, maintenant, c’est de gagner une deuxième C1. Et tout de suite. Oui, dès la saison prochaine. »
Bernard Tapie a encore des rêves plein la tête, des idées plein le cerveau. Il plane dans cette nuit d’ivresse où tout est permis. Il raconte comment il veut bâtir, avec l’OM, un vrai club de dimension européenne. Comment il va le structurer et amener de nouveaux partenaires pour se hisser définitivement au rang des plus grands. Il voit immense, forcément, pour cette équipe taillée pour l’aventure. La vraie, la plus enthousiasmante, au royaume des dieux. Elle s’écrira évidemment en lettres d’or.
Le big chef balaie alors d’un revers de main ce qu’on appelle encore l’affaire Glassmann-OM. Mais dans le tourbillon d’un été brûlant, au fil d’un feuilleton alimenté par les rebondissements les plus improbables, l’affaire, devenue VA-OM, va entraîner l’Olympique de Marseille et son président vers l’inéluctable. Pour Bernard Tapie, les vertiges du succès se transforment en vestiges d’une époque…

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