Équipe de France

Rétro : Octobre 2012 (2/2)

Six ans après Zinédine Zidane, Olivier Giroud marque un but à l’Espagne pour l’équipe de France. Et ça change tout. Les Bleus reviennent de Madrid avec le point du nul et de nouveaux d’espoirs. A Londres, Roy Hodgson a la mauvaise idée de prendre le métro. Au Havre, Yann M’Vila, entre autres, celle d’appeler un taxi. Michael Ballack dit stop.

Un stop : Michael Ballack à la retraite
A 36 ans, Michael Ballack (98 sélections, 42 buts) dit stop. « J’ai effectué une carrière merveilleuse mais ces derniers mois m’ont montré qu’il était temps d’arrêter. » Trois fois footballeur allemand de l’année en 2002, 2003 et 2005, Ballack a remporté trois titres de champion d’Allemagne avec le Bayern (2003, 2005 et 2006). Il reste surtout l’homme des finales perdues : celle de la Coupe du monde 2002 contre le Brésil, celle de l’Euro 2008 contre l’Espagne, celle de la Ligue des champions 2002 (avec le Bayer Leverkusen) contre le Real Madrid, celle de la Ligue des champions 2008 (avec Chelsea) contre Manchester United. Un vrai palmarès de la lose mais un gros footeux quand même.

Un match : Tortilla de buts en Galice
Dans le cadre de la 8e journée de Liga, le Barça démarre en trombe sur la pelouse du Riazor, face au Deportivo La Corogne. Jordi Alba ouvre le score dès la 3e minute, Cristian Tello le double à la 8e, Lionel Messi le triple à la 18e ! Le reste, une passe à 10 ? Tout l’inverse. Toujours privé de Carles Puyol et Gerard Piqué, Tito Vilanova maintient Alex Song aux côtés de Javier Mascherano dans l’axe. Ça ne colle pas toujours, surtout quand la partie s’emballe. Résultat : une victoire étriquée avec le premier triplé de la saison de Leo Messi qui tire, encore une fois à lui seul, une grosse épine du pied catalan. Score final : 5-4.

Un but : Cheik Diabaté par ricochet
Le Stade Francis-Le-Blé en avait vu mais des comme ça… Benoît Trémoulinas prend son couloir gauche et délivre un centre au cordeau. Au premier poteau, Yoan Gouffran est là pour couper. Toujours du classique. Sauf que l’avant-centre bordelais est un peu en avance sur la trajectoire du ballon. Il freine ses appuis, effleure la balle en retenant son geste, entendant dans son dos un « Laisse, laisse » strident de Cheik Diabaté. L’attaquant bordelais glisse à son tour sur la pelouse brestoise détrempée puis réussit une improbable reprise de volée… des deux pieds. Il prend la balle du gauche, elle ricoche sur le droit. Fallait l’inventer, celle-là ! « Au départ, je pense que le centre est légèrement dévié par Yoan. Je suis donc obligé de reculer pour bien prendre le ballon et je dérape. »
Complètement pris à contre-pied, Alexis Thébaux, le gardien finistérien, est beau joueur. « Je n’ai pas vu que le ballon avait touché son pied droit mais j’ai bien pensé qu’il n’était pas parti là où il le voulait. Gouffran joue super bien le coup, on a tous été un peu aspirés par lui. » Pas vraiment Ahmed Kantari, le stoppeur marocain au marquage de Cheik. Et qui l’avait un peu mauvaise. « Il se troue complètement ! Il glisse, lâche son pied. Mais un but reste un but. Peu importe comment on le met. » La morale de l’histoire : depuis ce Brest-Bordeaux (1-1) humide, il est acté qu’un but marqué des deux pieds ne compte pas double.

Un chiffre : 13
Comme le nombre d’Argentins présents sur la pelouse au coup d’envoi du match Inter Milan-Catane comptant pour la 7e journée du Calcio. Huit du côté sicilien (dont l’ancien stéphanois Gonzalo Bergessio, ici à la lutte avec Walter Samuel) et cinq côté intériste. Ils furent même, après les changements en cours de match, 16 en tout à fouler la pelouse cet après-midi-là. L’Inter a gagné (2-0) mais l’Albiceleste n’a pas perdu !

Une carte postale : Del Piero, « Ale » de Sydney
Première victoire pour Alessandro Del Piero avec le Sydney FC. L’ancien attaquant de la Juventus marque le seul but du match sur penalty et en deux temps. Son équipe stagne un peu au classement mais Ale, accueilli comme une rock star, se sent déjà chez lui.

Un boycott : Biélorussie-Espagne sans images
On peut être champion du monde, champion d’Europe, champion de tout ce qu’on veut (ici, Andres Iniesta et Cesc Fabregas), la crise dévore tout. Aucune chaîne de télévision espagnole n’a accepté de payer le 1,5 million d’euros réclamé par Sportfive pour avoir le droit de retransmettre Biélorussie-Espagne, match qualificatif pour la Coupe du monde 2014, quatre jours avant la réception de la France à Madrid. Et comme à Sportfive, on ne prend pas les pesetas…

Une affaire : Touchés, coulés, les Bleuets
Erick Mombaerts avait rappelé Yann M’Vila pour affronter la Norvège lors des barrages pour l’Euro 2013 Espoirs. Démarche honorable, effets indésirables. Après un bon match aller (victoire 1-0), le Rennais a la bonne idée d’emmener quatre de ses compères (Chris Mavinga, Wissam Ben Yedder, Antoine Griezmann et M’Baye Niang) dans une virée nocturne. Direction les Champs-Elysées. Problème : la sélection se trouve à l’hôtel Mercure du Havre. Un aller-retour en taxi fait l’affaire, le Club des cinq retrouve l’hôtel au petit matin. Le staff est mis au courant. Mombaerts, embêté par la proximité du match retour, en informe le reste du groupe mais ne sanctionne pas. Match retour à Drammen et bouillon VIP pour les Espoirs. Une défaite 3-5. Deux performances calamiteuses de Mavinga et M’Vila (au centre de la photo, respectivement au premier plan et capuche vissée sur la tête) scellent le destin des Bleuets, éliminés et humiliés. La totale !

Un coach : Fabio Capello, un tsar à l’italienne
On les avait quittés en dilettante à l’Euro, on les retrouve fringants et redoutablement disciplinés quatre mois plus tard à Moscou, où les Russes matent le Portugal. Une raison à cette transfiguration accélérée ? Fabio Capello, qui a démissionné de son poste de sélectionneur de l’Angleterre quelque temps avant la phase finale en juin, est devenu le sélectionneur de la Russie. Et apparemment, personne ne s’en plaint. Une nouvelle victoire (1-0) face au Portugal de Cristiano Ronaldo la place en tête de son groupe F, avec un maximum de points au compteur. Et un Fabio tout en haut dans l’opinion publique, trois mois après son arrivée. « C’est une vie très différente mais l’endroit m’attirait vraiment. J’adore voyager. » Si ça continue à ce rythme, il verra bientôt le Brésil.

Un face-à-face : « APG » 2-2 Zlatan
On ne saura jamais si le Clasico OM-PSG 2012 a tenu ses promesses parce qu’il était programmé le même jour que le vrai (du moins pour la terminaison), Barça-Real. Ou si ce ne fut qu’une heureuse coïncidence. Marseillais et Parisiens se sont peut-être rendu compte qu’ils abordaient ce classique-là aux première et deuxième places du classement. Toujours est-il que cela faisait des jours et des nuits qu’on n’avait pas vu pareille empoignade, dans le bon sens du terme, entre les deux frères ennemis du foot français. Un duel d’acharnés résumé par le face-à-face aussi inattendu qu’excitant entre Sir Zlatan (Ibrahimovic) et André-Pierre (Gignac), le chevalier rebelle. Une lutte fratricide qui n’a pas laissé trop de place au reste et un match nul rempli de buts.
OM-PSG ? « APG » 2-2 Zlatan. Un doublé chacun, une action personnelle de classe internationale puis une tête à la pointe de la zone franche, entre Alex et Clément Chantôme, à la réception d’un corner de Mathieu Valbuena. C’est la copie parfaite du rebelle. Et puis, il y eut le doublé du Sir. Un coup de baby-foot, de taekwendo ou toutes ces sortes de choses, un coup de talon, quoi, sur un appui et à plus d’un mètre du sol. Puis un coup franc à faire fuir le mistral. Marseille a eu peur, Marseille s’est fait toute petite face au Suédois mais l’OM, guidé par son chevalier rebelle, est resté en vie. Match nul 2-2, une deuxième mi-temps vide et insipide mais une soirée mémorable quand même.

Une bourde : Roy Hodgson dans le tube, ça fait mal
C’est une bonne blague mais il faut être anglais pour la comprendre. Déjà, il faut être en Angleterre pour être le sélectionneur de l’équipe nationale et se déplacer au stade en métro. C’est ce qu’a fait Roy Hodgson pour se rendre à l’Emirates Stadium, afin d’assister à la rencontre de Ligue des champions Arsenal-Olympiakos. C’est là que l’histoire se complique pour lui (et devient drôle pour nous). Certains usagers en profitent pour lui demander s’il va sélectionner Rio Ferdinand pour les prochains matches. Réponse du coach, toujours courtois : « Non, je ne pense pas, il est en fin de route ». Aussitôt dit, aussitôt vendu. Le scoop sort le lendemain à la Une du « Daily Mirror », avec la photo de Roy Hodgson dans le tube. Et le titre : « End of the line for Rio (Terminus pour Rio) ». Dévasté par l’ampleur du désastre, le sélectionneur a tenté de joindre l’intéressé pour s’excuser mais il n’y est pas parvenu.

Un exploit : Leo Messi passe les 300
Victoire facile pour le Barça sur la pelouse du Rayo Vallecano (5-0), soirée spéciale pour Lionel Messi. Grâce à un nouveau doublé, il atteint les 301 buts marqués sous le maillot du Barça toutes compétitions confondues. C’est à la 47e minute (premier de ses deux buts) qu’il fait tomber la barre mythique.

Express
• Suspendu deux matches dont un avec sursis pour avoir adressé un doigt d’honneur à son homologue de Schalke 04 Huub Stevens le 3 octobre (Schalke 04-Montpellier, 1-1), René Girard fait des émules. A Berne, Ottmar Hitzfeld, sélectionneur helvète, l’imite après chaque mi-temps de Suisse-Norvège (1-1).
• A Bordeaux, Cédric Carrasso joue tous les matches. Sa doublure doit se tenir prête en toutes occasions. Ainsi, c’est en Ligue Europa que Kevin Olympa débute sa saison. Le titulaire habituel s’est blessé au genou la veille du rendez-vous au Maritimo Funchal. A Madère pour l’apéro… Bien joué, Kevin !
• Hugo Lloris est titulaire dans le but de Tottenham pour la réception d’Aston Villa (8e journée). C’est une première fois dans la saison. Mais André Villas-Boas, son coach, laisse planer le mystère. « Nous devrons décider pour l’avenir. Ce n’est pas encore figé. »

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