Équipe de France

Rétro : Nuit magique !

Steaua Bucarest-AC Milan, finale de la Coupe d’Europe des clubs champions 1989. Les joueurs du Steaua ne vont pas résister longtemps à la pizza milanaise, relevée par une sauce hollandaise hyper piquante, la fameuse « Spécial Rossoneri ». Elle va même les laisser ventre à terre. Les chefs cuistots se nomment Ruud Gullit et Marco Van Basten. Ils proposent à leurs supporters un repas trois étoiles. Vingt ans après, l’AC Milan revient sur le toit de l’Europe. A déguster sans modération !

Cette finale de rêve annoncée entre un Steaua Bucarest flamboyant, vainqueur de cette Coupe des clubs champions trois ans auparavant, et un AC Milan hyper impressionnant a tout pour plaire et promet un sommet de jeu. Tout cela dans l’antre fastueux du Camp Nou de Barcelone, gavé à ras bord avec plus de 97 000 spectateurs en feu.
D’un côté, donc, l’équipe du Mister Arrigo Sacchi, qui a ébahi tout son monde, quelques semaines plus tôt, en pulvérisant le Real Madrid 5-0 lors d’une inoubliable demi-finale retour à San Siro. Le team italien est emmené par ses Hollandais volants – Ruud Gullit, Marco Van Basten, Frank Rijkaard -, si bien épaulés par les Franco Baresi, Paolo Maldini, Carlo Ancelotti, Roberto Donadoni and co. Un squad qui semble paré pour le meilleur.
Mais bon, le stratagème Ruud Gullit a été opéré du ménisque le mois précédant et il est annoncé incertain. De toute façon, aucun Rossonero ne s’attend à une sinécure face à ces Roumains foudroyants en contre et si à l’aise balle au pied. Malgré la suspension du milieu offensif Ilie Dumitrescu, le jeu très latin du Steaua paraît capable de perforer n’importe quelle défense, fut-elle italienne. Bucarest est emmené par le génial Gheorghe Hagi que l’on commence à surnommer le « Maradona des Carpates », ce qui n’est quand même pas anodin.
Sur le papier, le duel paraît relativement équilibré – les hommes d’Anghel Iordanescu ont étrillé Galatasaray 4-0 en demi-finales, à l’aller eux. Sauf que le convalescent Gullit est finalement présent sur la pelouse catalane et qu’avec son compère Van Basten, il va tout faire valser.
C’est un show trop chaud ! C’est magique. A son arrivée au Milan, pourtant, Arrigo Sacchi ne remportait pas forcément – loin de là, même – tous les suffrages. De gros doutes subsistaient sur la capacité de cet ancien joueur (très) modeste de driver un tel effectif. « Je ne savais pas, répondit-il un jour, un brin agacé, que pour être jockey, il fallait d’abord avoir été cheval… » De fait, le Mister va révolutionner le football italien en prônant un jeu éminemment collectif, avec des joueurs constamment en mouvement. Et en s’appuyant sur un 4-4-2 avec une défense en zone.
Au Camp Nou, ce soir-là, on assiste à une sorte de sarabande italo-hollandaise phénoménale, sans fin. Tout se passe comme dans un jeu vidéo pour les Milanais. Tac-tac-tac. Et re-tac. Ça vient, ça revient, c’est ébouriffant. Submergé par la vague rouge et noire, le Steaua ne tarde pas à brandir le drapeau blanc de la capitulation. Gullit a ouvert le bal dès la 18e minute, exploitant un ballon repoussé (comme il le pouvait) par Silviu Lung. Un ballon qu’il reprend à bout portant.
Même pas dix minutes plus tard, après un excellent travail à droite de Mauro Tassotti, le centre du défenseur trouve Van Basten qui s’envole pour placer une tête imparable. Et de deux ! La réaction des Roumains ? Elle ne vient pas. Hagards, incapables de résister à la pression imposée par leur (impossible) adversaire, ils continuent de subir. Cela donnera 3-0 à la mi-temps à la suite d’un mouvement initié par Ancelotti, qui sert Donadoni, côté gauche, lequel centre pour Gullit. Petit contrôle du Néerlandais et bing, reprise instantanée qui perce une nouvelle fois les filets du pauvre Lung.
Pour l’anecdote, juste au retour des vestiaires, Van Basten, lancé dans la profondeur, corsera l’addition, d’un subtil petit plat du pied. Tellement énorme, tellement grand. « La nuit de Barcelone restera le plus beau moment de ma vie », s’enflammera plus tard le capitaine Franco Baresi. Une nuit magique.
Pile vingt après son dernier succès en Coupe des champions, l’AC Milan retrouve les sommets européens. Pour Silvio Berlusconi, débarqué trois ans auparavant à la tête du club avec une ambition dévorante, il s’agit du premier trophée continental. Un autre suivra quelques mois tard…

Fiche technique
Mercredi 24 mai 1989, stade du Camp Nou à Barcelone (ESP), Steaua Bucarest-AC Milan 0-4 (0-3).
Arbitre : M. Tritschler (ALL).
Spectateurs : 97 000.
Buts : Gullit (18e et 39e), Van Basten (27e et 47e) pour l’AC Milan.
Avertissement : Baresi (48e) pour l’AC Milan.
Steaua Bucarest : Lung – Petrescu, Iovan, Bumbescu, Ungureanu – Minea, Stoica, Hagi, Rotariu (Balint, 46e) – Lacatus, Piturca. Entraîneur : Anghel Iordanescu.
AC Milan : G. Galli – Tassotti, Baresi, Costacurta (F. Galli, 75e), Maldini – Colombo, Rijkaard, Ancelotti, Donadoni – Van Basten, Gullit (Virdis, 59e). Entraîneur : Arrigo Sacchi.

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