Équipe de France

Rétro Ligue des champions 2012-13 : Le Bayern force 5

Vainqueur de la cinquième Ligue des champions de son histoire, le Bayern a confirmé à Wembley qu’il était bien la meilleure équipe d’Europe.

Ils ont eu peur. Ils ont même vu des fantômes. Celui de Didier Drogba, leur bourreau, qui les avait fusillés à lui seul ou presque au moment où ils préparaient les petits fours et débouchaient les bouteilles, l’année dernière à l’AllianzArena. Celui de José Mourinho, de Javier Zanetti et de tous les Milanais de l’Inter qui les avaient matés en 2010 sur la pelouse de Santiago Bernabeu, à Madrid. Un vrai tour d’Europe de la lose. Mais la troisième escale a été la bonne.
A Wembley, dans le temple du football anglais, drôle d’endroit pour une finale 100% teutonne – mais quelle ambiance ! -, le Bayern a vaincu ses démons. Prouvant pour de bon que c’est en Bavière que la meilleure équipe d’Europe honorait la profession. Le Bayern récompensé, c’est vrai, pour sa nouvelle permanence à ce niveau (troisième finale en quatre ans, donc) mais surtout intouchable sur la scène européenne. Impressionnants en Bundesliga, les joueurs de Jupp Heynckes ont tracé leur route en creusant, sans s’en rendre compte, un fossé abyssal entre eux et tous les autres. Ils n’ont pas trouvé rival à leur taille à l’échelle continentale non plus. Le Barça, humilié puis corrigé en demi-finales (0-4, 0-3), peut en témoigner.

Ribéry : « J’ai rapporté la coupe dans ma chambre et dormi avec ! »
C’est l’heure de la consécration pour le Bayern, pour Franck Ribéry (on y reviendra) et pour Jupp Heynckes, retraité multi-titres qui laissait à Pep Guardiola une drôle de feuille de route à l’en-tête faisant envie : impossible de faire mieux ! Retraité perfectionniste, aussi. « Nous ne sommes pas bien rentrés dans cette rencontre. J’ai dû corriger le tir à la pause. Il y avait de la pression sur les deux équipes, on l’a vu, cela s’est ressenti au cours des vingt premières minutes. » Oui mais le Borussia Dortmund n’a pas su convertir en but(s) ses temps forts et ses occasions. Et les Jaunes et Noirs ont fait comme les autres. A la fin, en cette saison 2012-13, c’est le Bayern qui gagnait, toujours. Jürgen Klopp, le coach de Dortmund, admettait, lucide : « Même si la déception domine, je suis fier de mes joueurs parce qu’ils ont fait un très, très bon match. C’est sans aucun doute le meilleur d’une équipe contre le Bayern en Ligue des champions cette année. Tout était beau. »
Même la justice, pour le coup : le Bayern fait un beau champion d’Europe. Incontestable et incontesté. La meilleure équipe d’Europe est sacrée. Et pourtant, ils ont tremblé au cours de ces vingt premières minutes hésitantes, entre le poids lourd et le souffle chaud des deux défaites encore fraîches dans les têtes. Et puis il y avait l’enthousiasme virevoltant du Borussia qui avait décidé de se hisser à la hauteur de l’événement, autrement dit de regarder ses adversaires dans les yeux, plutôt que du bas de ses 25 points de retard (!) en championnat. Pas suffisant néanmoins pour empêcher ce Bayern-là d’aller au bout de son rêve. A l’avant-dernière minute, une ultime inspiration de Franck Ribéry, pourtant serré de (très) près et tendu tout au long du match, libéra l’espace pour Arjen Robben. Le genre d’offrande que le chauve batave n’est pas du genre à rendre ni à laisser passer. But, bingo et consécration pour les Rouges de Bavière, vainqueurs 2-1 puisque, auparavant, Ilkay Gündogan, sur penalty (68e), avait répondu à l’ouverture du score de Mario Mandzukic (60e).
La cinquième Ligue des champions de leur histoire leur permet de rejoindre d’autres rouges, anglais ceux-là (voir par ailleurs), dans le cercle très fermé des géants. Première pour Franck Ribéry, suspendu à Madrid en 2010 et malheureux à Munich en 2012. Une première en forme de consécration pour lui, auteur de la meilleure saison de sa carrière. « On a galéré pour l’avoir, celle-là, on est allé la chercher. En 2006, j’avais connu des émotions extraordinaires pendant la Coupe du monde mais j’étais plus jeune. Là, c’est le summum. J’ai rapporté la coupe dans ma chambre et dormi avec ! Un grand moment. » De ceux qui vous marquent à vie.

Le chiffre : 25
Franck Ribéry est le 25e Français vainqueur de la C1. A noter que Raymond Kopa (1957, 1958 et 1959 avec le Real Madrid) compte trois victoires, Didier Deschamps (1993 avec Marseille, 1996 avec la Juventus Turin) et Marcel Desailly (1993 avec Marseille, 1994 avec le Milan AC) deux.

Le top : Jupp Heynckes
L’entraîneur allemand avait déjà remporté le trophée. C’était en 1998, à la tête du Real Madrid (1-0 contre la Juventus de Zinédine Zidane et Didier Deschamps). Il est ainsi devenu le troisième entraîneur à remporter le trophée avec des clubs de pays différents après Ernst Happel (Feyenoord Rotterdam en 1970, Hambourg SV en 1983), et José Mourinho (FC Porto en 2004, Inter Milan en 2010).

Le flop : Mario Gomez
Le buteur allemand a perdu sa place au profit du Croate Mario Mandzukic. L’ancien goleador du Bayern est entré à la dernière seconde du temps additionnel sur la pelouse de Wembley. Champion d’Europe quand même mais bon…

Bilan de la C1 par club
9 victoires : Real Madrid (1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1966, 1998, 2000, 2002)
7 victoires : AC Milan (1963, 1969, 1989, 1990, 1994, 2003, 2007)
5 victoires : Bayern Munich (1974, 1975, 1976, 2001, 2013), Liverpool (1977, 1978, 1981, 1984, 2005)
4 victoires : FC Barcelone (1992, 2006, 2009, 2011), Ajax Amsterdam (1971, 1972, 1973, 1995)
3 victoires : Inter Milan (1964, 1965, 2010), Manchester United (1968, 1999, 2008)
2 victoires : Benfica Lisbonne (1961, 1962), Juventus Turin (1985, 1996), Nottingham Forest (1979, 1980), FC Porto (1987, 2004)
1 victoire : Celtic Glasgow (1967), Feyenoord Rotterdam (1970), Aston Villa (1982), Hambourg SV (1983), Steaua Bucarest (1986), PSV Eindhoven (1988), Etoile Rouge Belgrade (1991), Marseille (1993), Dortmund (1997), Chelsea (2012).

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