Équipe de France

Rétro H Cup : Les étoiles mettent la Rade en feu

Toulon est le troisième club français champion d’Europe après Toulouse et Brive. La constellation de stars drivée par un Bernard Laporte prônant la défense et la discipline a mis le feu à l’Europe et embrasé la Rade. Pour le Brennus, il faudra revenir le printemps prochain…

« On a dit qu’ils étaient des mercenaires. Ce n’est pas bien de s’attaquer de cette façon aux hommes, surtout quand on ne les connaît pas. Moi, ça fait vingt mois que je les entraîne et je n’ai vu que des bons mecs, solidaires. En quelques mois, ils ont disputé quatre finales (ndlr : deux en Top 14, une en H Cup, une dans le Challenge européen). Quelle équipe s’est construite en si peu de temps avec ces résultats ? Aucune au monde ! Ils l’ont fait grâce à leur état d’esprit. Et c’est ça qui restera, pas les trophées. Tous les 10 ans, on ira voir Carl Hayman en Nouvelle-Zélande, Juan Fernandez Lobbe en Argentine, Bakkies Botha en Afrique du Sud, Jonny Wilkinson en Angleterre… » Avec ses mots, Bernard Laporte savourait l’obtention du titre européen face à Clermont (16-15). Ce n’était pas si évident, finalement, de driver les « Galactiques » du RC Toulonnais. Plus dur encore : les associer et les faire jouer ensemble. En face, l’ASM ne laissa que 32% de possession de balle. Mais c’était écrit. Le grand Toulon de 2013 était bien plus qu’une constellation d’étoiles venues de toutes les galaxies.
Transmettre la passion d’une ville, les valeurs d’un club, la fierté d’un maillot à cette « Dream Team » internationale ne fut pas le moindre mérite du tandem Mourad Boudjellal (président)-Bernard Laporte (manager). A croire que ces gars-là, venus de si loin, arrivés en si peu de temps, sont nés avec un brin de muguet sur le cœur. Cette machine de guerre assemblée et réglée avec précision, à l’image de son buteur perfectionniste, capitaine rassembleur, symbole modèle (n’en jetez plus !), Jonny Wilkinson, ne se laissa jamais éblouir et encore moins aveugler par la flamme auvergnate. Au contraire. Le métier des vieux briscards globe-trotters a parlé. Tel un boxeur vétéran dominé qui met son adversaire K.-O. dans le dernier round à l’expérience, ils se sont appliqués à contrer. Ce travail de sape pesa forcément pendant 80 minutes. Jusqu’à la contre-attaque fatale.
La puissance et la rigueur font souvent la différence. La défense prend le dessus sur l’attaque. Dans les sports collectifs, la formule est payante à 90%. C’est grâce à des plaquages énormes que Bakkies Botha, Juan Martin Fernandez Lobbe et Mathieu Bastareaud, voire Jonny Wilkinson, ont endigué les offensives clermontoises. Cent-soixante-seize plaquages au total, 66 pour les Jaunards. Et avec cette discipline permanente, notamment dans les 30 dernières minutes de la finale (les Toulonnais ont commis seulement 2 fautes loin de leurs bases). Sur l’ensemble de la rencontre, les Varois n’ont été sanctionnés qu’une fois dans une position favorable au buteur de l’ASM : à la 4e minute. La seule pénalité tentée et réussie par Morgan Parra. Le coaching de Bernard Laporte (rentrées de Frédéric Michalak, Joe Van Niekerk, Jean-Charles Orioli, Gethin Jenkins) a offert au RCT un surplus de dynamisme bienvenu. Et rafraîchissant.
L’efficacité toulonnaise, c’est quoi ? Marquer quasiment à chaque incursion dans le camp auvergnat. D’abord au pied, par le phénoménal Jonny Wilkinson. Ensuite grâce à un essai-contre de Delon Armitage, le chambreur, sur un ballon de récupération de Juan Fernandez Lobbe, le gratteur. Oui, messieurs, dames, vous pouvez chanter le « Pilou-Pilou », danser sur la Rade, applaudir le président et son manager. Deux doux dingues qui ne virent pas la fin du match, l’un prenant un taxi en croyant le match perdu, l’autre se réfugiant dans un couloir. Au bout du compte, ils ont touché le jackpot et rentabilisé leur mise. La méthode peut déplaire mais elle est payante. C’est le triomphe du système Laporte tel qu’on l’a connu au Stade Français et en équipe de France. Avec, cette fois, des moyens illimités qui permettaient d’aligner à tous les postes des références du rugby mondial.
Une telle finale, ça se joue au mental et là, « Bernie le Dingue » n’a pas d’égal. Sa passion, il la transmet comme personne. Avec enthousiasme et intensité. Porté par son charisme, le discours donne envie d’aller loin. Il a installé Toulon sur le toit de l’Europe. L’épaisseur du CV du joueur qu’il met en concurrence avec un autre lui importe peu. Avec Laporte, il n’y a pas de passe-droit. « J’ai entendu les Clermontois dire qu’ils ne fêteraient pas le titre européen avant les demi-finales du Top 14, d’autres choses comme ça… Ça m’a bien aidé pour motiver l’équipe. Une finale, ça se gagne avant d’avoir quelque chose à fêter », balançait-il après la rencontre. La fête aurait été encore plus belle si le doublé qui lui tendait les bras ne lui avait glissé des phalanges au Stade de France, en finale du Top 14 (14-19 contre Castres). Zut, encore raté ! On dit que le RCT voulait davantage le titre national que le titre européen. C’est son deuxième échec consécutif après celui de l’an dernier face à Toulouse (12-18). Il faudra revenir la saison prochaine…
« C’est peut-être parce qu’on est champions d’Europe qu’on perd le Top 14. Avec tout le respect que j’ai pour Castres, qui est une très belle équipe, ce titre, on l’avait dans les jambes. Mais on manquait de carburant », analysait Mourad Boudjellal. Avant de s’interroger : « Peut-être que l’an prochain, il faudra choisir une seule compétition. On va réfléchir. » On pensait Toulon armé pour aller au bout dans les deux épreuves. C’était sans doute vrai et dans le fond, cette finale perdue ne change rien : le RCT continuera de se renforcer. Le recrutement s’est poursuivi avec les venues des ailiers sud-africain Bryan Habana (30 ans, 84 sélections) et australien Drew Mitchell (29 ans, 63 sélections). Dans l’encadrement, Olivier Azam, entraîneur du pack, a cédé sa place à Jacques Delmas. « Il faut continuer avec le même état d’esprit, en retenant les leçons », positivait Jonny Wilkinson qui a prolongé d’une saison.
Ces compétiteurs qui ont remporté, pour beaucoup, la plupart des titres existants (Coupe du monde, Coupe d’Europe, Super 15…) devront effacer cette sortie de route et réaliser le rêve absolu de leur président : toucher le mythique bouclier de Brennus. Mourad Boudjellal n’attend plus que ça.

Toulon défend déjà son titre
Si le champion d’Europe 2013 a hérité d’un bon tirage pour la prochaine H Cup, Clermont, finaliste malheureux, est tombé dans une poule relevée. Toulon (poule 2) affrontera les Cardiff Blues, Glasgow et Exeter et tentera de conserver le titre remporté pour la première fois en mai. Aucun de ses adversaires ne s’est qualifié pour les quarts de finale en 2012-13.
Clermont, également tête de série, aura fort à faire avec les Harlequins, qui avaient terminé en tête de leur groupe avec 6 victoires, un Racing Métro très renforcé et les Scarlets de Llanelli.
Castres sera opposé au Leinster, champion d’Europe 2009, 2011 et 2012, éliminé prématurément la saison dernière et finalement vainqueur de l’Amlin Cup, la petite Coupe d’Europe. Le champion de France en découdra également avec Northampton et les Ospreys. Toulouse, qui sort d’une saison très décevante – éliminé en poule de H Cup et en demi-finales du Top 14 -, se frottera aux Saracens anglais, demi-finalistes 2013, au Connacht, province irlandaise la moins cotée, et au Zebre (Italie).
Montpellier, qui a atteint les phases finales au printemps, évoluera dans un groupe serré avec l’Ulster, Leicester, champion d’Angleterre, et Trévise. Dans la poule 6, Perpignan devra lutter contre le Munster mais aura une belle carte à jouer.

Les poules
Poule 1 : Leinster, Northampton, Ospreys, Castres
Poule 2 : Toulon, Cardiff, Glasgow, Exeter
Poule 3 : Toulouse, Saracens, Connacht, Zebre
Poule 4 : Clermont, Harlequins, Scarlets, Racing Métro
Poule 5 : Ulster, Leicester, Montpellier, Trévise
Poule 6 : Munster, Perpignan, Edimbourg, Gloucester

Le calendrier
Première journée : 11-12-13 octobre 2013
Deuxième journée : 18-19-20 octobre
Troisième journée : 6-7-8 décembre
Quatrième journée : 13-14-15 décembre
Cinquième journée : 10-11-12 janvier 2014
Sixième journée : 17-18-19 janvier
Quarts de finale : 4-5-6 avril
Demi-finales : 25-26-27 avril
Finales : 23-24-25 mai

Challenge européen
Poule 1 : Biarritz, Sale (ANG), Worcester (ANG), Oyonnax
Poule 2 : Bath (ANG), Newport (PDG), Bordeaux-Bègles, Mogliano (ITA)
Poule 3 : Brive, Newcastle (ANG), Calvisano (ITA), Bucarest Wolves (ROU)
Poule 4 : Wasps (ANG), Viadana (ITA), Bayonne, Grenoble
Poule 5 : Stade Français, London Irish (ANG), Prato (ITA), Olympus Madrid (ESP)

Photo 1 : Essai de Delon Armitage
Photo 2 : Chris Masoe sonne la charge
Photo 3 : Sitiveni Sivivatu contré par Juan Martin Fernandez Lobbe et Sébastien Bruno
Photo 4 : La mêlée, épreuve de force
Photo 5 : C’est la fête, Mathieu Bastareaud et ses potes jubilent
Photo 6 : Mourad Boudjellal, Joe Van Niekerk, Jonny Wilkinson… Y’a du monde au balcon !
Photo 7 : Capt’ain Jonny, fier comme un Varois
Photo 8 : Mourad Boudjellal et Bernard Laporte, les hommes forts du RCT

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