Équipe de France

Rétro foot : Signé d’un « Z » qui veut dire Zidane

Finale de la Ligue des champions 2002. Battu deux fois en finale de la Ligue des champions avec la Juventus Turin, « Zizou » prend la plus belle des revanches sous le maillot du Real en offrant la Coupe aux Espagnols grâce à un but d’extraterrestre. Inoubliable !

Ce 15 mai 2002, une fine pluie « so scottish » accompagne les 22 acteurs qui s’apprêtent à disputer la finale de la Ligue des champions sur la superbe pelouse de l’Hampden Park de Glasgow. Zinédine Zidane a déjà échoué deux fois à ce stade de la compétition quand il portait le maillot de la Juventus (1997 et 98). Il en a fait un objectif prioritaire et un défi personnel avant de rejoindre les Bleus pour disputer la Coupe du monde en Corée du Sud. Le meneur tricolore n’a qu’une obsession : vaincre le signe indien, lui qui a enchaîné sacre mondial et sacre européen avec l’équipe de France mais n’a jamais atteint le Graal continental en club. Cette C1, il la veut et il l’aura.
L’entame de la partie ressemble à un round d’observation où les adversaires se jaugent, sans prise de risques. Pas de rythme effréné. Les choses vont pourtant rapidement se décanter. La première occase est la bonne pour le Real. 9e minute : une longue touche supersonique de Roberto Carlos prend à revers l’arrière-garde germanique. Raul en profite pour tenter une astucieuse pichenette croisée du gauche qui surprend Hans-Jörg Butt, le gardien du Bayer Leverkusen. Il la veut, il l’aura. Enfin, tout doux… Parce que les Allemands ne vont pas longtemps cogiter. Cinq minutes, à peine, après l’ouverture du score, sur un coup franc de Bernd Schneider, Lucio, le défenseur brésilien monté aux avant-postes, saute plus haut que Fernando Hierro et place un coup de tête dévastateur qui transperce les filets madrilènes.
Ensuite, ce n’est plus la même histoire. Galvanisés par cette égalisation, Michael Ballack et ses partenaires décident de prendre le jeu à leur compte. Au programme : pressing et fermeture des espaces, jeu court et vitesse d’exécution. Leverkusen récite dorénavant sa partition et laisse sans voix un Real plus du tout royal. La défense, notamment, multiplie les cafouillages, les mauvaises relances et les approximations, obligeant l’inépuisable Claude Makelele – l’autre Français de la finale – à se dédoubler pour colmater les brèches devant un axe central Hierro-Helguera aux abois. Heureusement, la mi-temps approche sans que les Madrilènes aient à déplorer plus de dégâts. Vicente Del Bosque va probablement profiter de cette pause pour recadrer ses troupes et les remettre en ordre de marche.

Zidane : « On en était arrivé à dire que j’étais un porte-malheur en Coupe d’Europe »
On est à la 45e minute et l’arbitre suisse M. Meier s’apprête à mettre son sifflet à la bouche pour renvoyer tout ce joli au monde au vestiaire. On regarde quand même cette dernière action. Cette fois, ce sont les joueurs au célèbre maillot blanc qui mènent les opérations. Tout part d’un long ballon que Solari donne dans la profondeur à Roberto Carlos. Au bout de sa course, l’arrière gauche brésilien centre. Disons plutôt qu’il envoie une haute balle en cloche, sans puissance. Pas terrible, en fait. « C’est vrai, avouera après coup l’intéressé, quand j’ai vu le ballon monter comme ça, j’ai cru avoir manqué mon centre. Heureusement, à la réception, il y avait Zidane… »
Ô temps, suspends ton vol. D’une petite accélération, « Zizou » s’est débarrassé du marquage de Ballack, occupé à suivre la trajectoire de la balle. Un petit coup d’œil vers les cages de Butt pour bien se placer, un autre derrière lui pour constater que personne ne viendra empêcher sa manœuvre. A l’entrée de la surface de réparation, le Galactique se remet dans le sens du but, prend appui sur sa jambe droite et, en total déséquilibre, s’offre une magistrale reprise de volée du gauche (!), pleine de pureté, qui s’en va déglinguer la lucarne du Bayer.
Enormissime. Il s’est passé deux secondes, peut-être, pour que le ballon aille du pied de Roberto Carlos à celui, magique, de Zidane. Deux secondes, une éternité. Ô temps, suspends ton vol. Deux secondes pour faire basculer la rencontre et offrir le sacre au Real. Parce que, même si on ne le sait pas encore, le combat a changé d’âme et choisi son vainqueur. C’est une formation espagnole beaucoup plus lucide, beaucoup plus sereine, avec une maîtrise retrouvée, qui entame la seconde période. Et qui ne va pas lâcher sa proie. Il la veut, il l’aura.
Au coup de sifflet final, le super héros Zinédine Zorro, qui signe ses exploits d’un « Z », peut tomber à genoux, ivre de bonheur. Il la voulait, il l’a eue. Mais n’en fait pas des tonnes pour commenter sa frappe d’extraterrestre. « Je marque le but décisif, dit-il de sa douce voix, et ce n’est pas donné à tout le monde. Que dire de plus ? Je préfère retenir que j’ai effacé mes deux précédentes défaites en finale. On en était arrivé à dire que j’étais un porte-malheur en Coupe d’Europe. Alors oui, je suis vraiment content de ce dénouement. » C’était le neuvième triomphe du Real Madrid dans la compétition. Dix ans plus tard, le club attend toujours le dixième, la fameuse « Decima »…

La fiche du match
■ Mercredi 15 mai 2002
Finale de la Ligue des champions
Stade Hampden Park à Glasgow (Ecosse)
Real Madrid-Bayer Leverkusen 2-1 (2-1)
Buts : Raul (9e), Zidane (45e) pour le Real Madrid ; Lucio (14e) pour le Bayer Leverkusen.
Avertissements : Salgado (45e), Roberto Carlos (89e) pour le Real Madrid.
Arbitre : M. Meier (Suisse).
Spectateurs : 58 000.
Real Madrid : Cesar (Casillas, 68e) – Salgado, Hierro, Helguera, Roberto Carlos – Figo (McManaman, 61e), Makelele (Flavio Conceiçao, 73e), Solari, Zidane – Raul, Morientes. Entraîneur : Vicente Del Bosque.
Bayer Leverkusen : Butt – Sebescen (Kirsten, 65e), Zivkovic, Ramelow, Lucio (Babic, 90e), Placente – Schneider, Brdaric (Berbatov, 39e), Ballack, Bastürk – Neuville. Entraîneur : Klaus Toppmöller.

Populaires

To Top