Équipe de France

Rétro foot : Septembre 2012 (1/2)

On leur promettait l’enfer, ils battent tout le monde et se retrouvent en tête de la Ligue 1. L’OM d’Elie Baup réussit le meilleur départ de son histoire en championnat. Les Bleus démarrent en trombe aussi : six points sur six avant d’aller défier l’Espagne. Le Real Madrid renverse Manchester City en ouverture de la Ligue des champions. Côté joueurs, Florent Malouda se retrouve à la cave à Chelsea tandis que Steed Malbranque en sort à Lyon.

Une équipe : Marseille force 6
D’abord, il y eut Reims. Puis Sochaux. Ensuite, ce fut le premier gros choc de la saison à Montpellier. Le champion en toute fin du mois d’août, dans la chaleur languedocienne, et André-Pierre Gignac déjà. Vint ensuite Rennes et Gignac encore, puis Nancy. Et voilà Evian. Six matches, six victoires. Le meilleur départ de son histoire. Jamais l’OM n’avait remporté ses six premières rencontres de championnat et, par la force des choses, engrangé dix-huit points sur dix-huit possibles. Son meilleur total s’élevait à seize, en appliquant le barème de la victoire à trois points. Il fut l’œuvre des Phocéens en 1932-33 (2es au classement final), 1954-55 (10es), 1972-73 (3es) et 2006-07 (2es).
Les nouvelles stars de l’été se nomment « épuration des comptes en charnière centrale », « dégraissage massif à tous les postes » et « réduction substantielle de la masse salariale à la pointe de l’attaque ». Les questions relatives au début de saison des Marseillais tournaient surtout autour de la sauce à laquelle les hommes d’Elie Baup allaient se faire manger. Tout crus, al dente ? Comment Elie allait-il bricoler son puzzle ? Comment trouver dans ce contingent se réduisant comme peau de chagrin quelque chose comme une équipe digne de la Ligue 1 puisque la saison précédente, l’OM n’avait pas décroché mieux qu’une piteuse 10e place finale ? That is the question, aurait bien dit Joey Barton sur son compte Twitter.
Illustration de la nouvelle réalité économique de l’OM, le « bad boy » du foot anglais débarque pendant que Stéphane Mbia découvre les Queens Park Rangers. Mbia, Cesar Azpilicueta et Alou Diarra ont été priés de quitter le Vieux-Port. Six mois après Lucho Gonzalez, retourné à Porto pour peanuts, après avoir été acheté près de 20 millions. Tout est bon pour économiser des salaires ! Sur tous les terrains, c’est toujours droit au but. Voilà donc les Olympiens sur les sentiers de la rédemption, amputés de plusieurs éléments puisque les Marseillais n’ont pas – ou si peu – équilibré l’effectif avec la colonne des arrivées. Ah si, Kassim Abdallah, de Sedan, Lucas Mendes, un gaucher brésilien, et le pote de Louis Nicollin, un certain « Patatino » de Nantes (Florian Raspentino), sont venus grossir l’effectif. Joey Barton, la nouvelle attraction universelle sur la corniche, arrive avec son CV et sa dernière casserole : une suspension de 12 matches à purger.

André-Pierre Gignac est redevenu un buteur redoutable
C’est dans ce contexte singulier que les Olympiens signent le meilleur début de parcours de leur histoire ! Forcément, ils s’installent en tête du championnat. Premier artisan de la folle série, Elie Baup bien sûr. Le successeur de Didier Deschamps a su, dès les premiers jours, insuffler un état d’esprit revanchard aux cadres qui sont restés tout en (re)trouvant un buteur providentiel. André-Pierre Gignac a récupéré son n°9. Après deux saisons de galères permanentes, il est redevenu d’abord un joueur de foot, ensuite un buteur redoutable. Contre Rennes, « APG » marque un but à la Papin, une reprise sans contrôle à plus de 25 m des buts. Du Gignac pur jus. Et lucide aussi. « Sur ce geste, je suis en confiance. Sinon, je ne tente pas ma frappe ou alors je l’envoie aux Yankees, là-haut. » Dans le but rennais, Benoît Costil témoigne : « C’était super bien joué de sa part. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé ces deux dernières saisons mais là, il met des buts, il est chiant pour ses adversaires. Bon, c’est Gignac, il est international… C’est un grand attaquant. »
Son nom est murmuré à Didier Deschamps à l’heure de débuter les éliminatoires de la Coupe du monde au Brésil, en Finlande et contre la Biélorussie. « Je sais que ça va vite dans les deux sens, freine « APG ». J’ai connu une grosse descente aux enfers avec mes blessures et mes contre-performances lors de mes deux premières saisons ici. Je n’ai plus envie de me prendre la tête. Je joue sans pression particulière. C’est le meilleur moyen d’être décisif pour mon équipe. » Priorité à l’OM. Et voilà le club en tête de la Ligue 1. Summum de la sucrerie pour les supporters olympiens, 6 points devant le Paris Saint-Germain, ses multimilliardaires et son Zlatan Ibrahimovic, alors que les Parisiens sont annoncés du côté du Vélodrome pour la première quinzaine d’octobre.
Côté joueurs, on refuse de s’enflammer, conscient des limites quantitatives du groupe et de la longueur de la saison. C’est Rod Fanni qui le dit. « La fatigue s’installe. Il n’y a pas beaucoup de turnover. A un moment, il va en falloir un peu. Il existe des incertitudes autour du club et des joueurs mais dans la vie du vestiaire, on ne le ressent pas. On joue le coup à fond, sans chercher à savoir ce qui se passe pour untel ou untel. On vit au jour le jour, on essaie d’être unis. » La marge est infime, voire nulle, mais qu’importe le breuvage, l’ivresse de la 1ère place est là. Elie Baup, lucide, prépare l’avenir et préfère souligner l’état d’esprit. « Je retiens avant tout l’envie et l’efficacité. Je fais confiance à ce vestiaire. Les gars veulent réussir ensemble. » Mathieu Valbuena, recentré, véritable dépositaire du jeu depuis le début du championnat, et Steve Mandanda, capitaine incontesté, y vont de leur argumentaire. « On a faim, commence Valbuena, et forcément, quand tu gagnes les duels, tu remportes les matches. Si ç’a changé par rapport à la saison dernière, c’est que nous, les joueurs, sommes plus investis. Après le titre en 2010, on s’est un peu reposé sur nos lauriers et ça, ça ne pardonne pas. On a été puni. » « Je ne vais pas dire qu’on joue le titre, ajoute Mandanda, parce que ce n’est pas vrai. Disons qu’à un moment donné, on était pris pour des rigolos et maintenant, on est pris un peu plus au sérieux. »
Les limites imposées par la politique de rigueur viendront tôt ou tard perturber cette sérénade de victoires. C’est écrit. Baup ne veut pas l’occulter. « On sent bien que tout le monde est émoussé. N’oublions pas d’où l’on vient. » Les Marseillais stopperont la série à deux unités du record absolu, détenu par l’Olympique Lillois lors de la saison 1936-37 (huit victoires consécutives pour débuter la saison). Les Nordistes avaient terminé le championnat à la 5e place seulement. Pas facile, à ce stade, de dire où les hommes d’Elie Baup iront poser leurs fesses à la fin de la compétition. Mais ce départ canon restera comme l’un des faits marquants de la Ligue 1 2012-13. Et en bonne place dans la vitrine des chiffres du club.

Un exploit : Keserü quatre à quatre
Quadruplé pour Claudio Keserü. L’attaquant roumain d’Angers (à gauche sur la photo) inscrit quatre buts et le SCO atomise Le Mans lors de la 9e journée de L2. Il faut remonter trois ans en arrière pour trouver trace d’un quadruplé en Seconde division. C’était le 18 septembre 2009 (Tours-Arles-Avignon, 4-2) et il était signé Olivier Giroud, pas encore meilleur buteur de L1, pas encore un Gunner mais déjà serial buteur.

Un objet : Un coup de tête immortalisé
Celui de Zinédine Zidane dans le torse de Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde 2006 refait surface et pas n’importe où. Six ans après la finale entre la France et l’Italie (1 -1, 3-5 aux tirs au but), le voilà immortalisé par une sculpture dressée devant le Centre Pompidou à Paris, dans le cadre d’une exposition consacrée à l’artiste Adel Abdessemed. Pas du meilleur goût mais bon…

Un surdoué : Neal… Young à Nice
Il s’appelle Maupay, se prénomme Neal et ne perd pas son temps. A 16 ans et 32 jours, il signe ses grands débuts en Ligue 1 avec l’OGC Nice contre Brest (victoire 4-2). L’adolescent joue les dernières secondes du match en remplaçant Eric Bauthéac. En avance sur son temps, au foot comme à l’école, Neal Maupay est (déjà) en Terminale STG. Sélectionné en U16 (13 capes, 6 buts), il intègre les U17 de Patrick Gonfalone dans la foulée. Attention, kid à suivre !

Un match : Quand le Real renverse City
Après deux défaites lors des quatre premières journées de la Liga, le Real pointe loin de la tête et du Barça. Si José Mourinho n’est pas ouvertement contesté, la crise couve dans la Maison Blanche. Après la défaite sur la pelouse du FC Séville, le Portugais a mis en cause le comportement de ses joueurs et Sergio Ramos, vice-capitaine de l’équipe, s’en est étonné dans la presse. Résultat : celui qui est considéré comme le meilleur défenseur du monde en 2012 se retrouve éjecté du onze de départ pour l’arrivée de la Ligue des champions et le premier choc dans le groupe de la mort avec la réception de Manchester City. Un choix lourd de sens. « Mou » titularise Raphaël Varane, zéro minute de temps de jeu depuis le début de saison, face à David Silva et Carlos Tevez. Mesut Özil, Luka Modric et Karim Benzema cirent le banc.
C’est Gonzalo Higuain qui débute en pointe, soutenu par Angel Di Maria à droite et Cristiano Ronaldo à gauche. Au milieu, Michael Essien forme le trident avec Xabi Alonso et Sami Khedira. En face, Roberto Mancini arrive avec toutes ses armes excepté Mario Balotelli, parti soigner sa myopie. Sur le papier, le choc promet des étincelles. Silva, Yaya Touré et Samir Nasri sont au soutien de Carlos Tevez, Maicon découvre la C1 avec ses nouveaux partenaires face à son ancien coach à l’Inter. Ensemble, ils avaient soulevé la Coupe aux grandes oreilles en 2010. Il y a du beau monde aux quatre coins du terrain et sur les bancs mais l’empoignade ne donne rien jusqu’à la 68e minute. Edin Dzeko refroidit une première fois Santiago Bernabeu en ouvrant le score. Le Real revient grâce à Marcelo (75e). L’espoir est de courte durée : à cinq minutes du terme, Aleksandar Kolarov loge son coup franc dans le petit filet d’Iker Casillas.
C’est là que tout va s’enchaîner. Benzema, entré à la place d’un Higuain encore une fois en manque de réussite, signe son premier but de la saison, plein de classe et d’efficacité. Servi dos au but, Karim fait tout, tout seul pour ramener le Real à hauteur, à 3 minutes de la fin. Puis Cristiano Ronaldo sort de sa boîte à la dernière seconde : crochet extérieur, frappe du droit à l’angle gauche de la surface de réparation. Banco pour le Real et grosse désillusion pour City et Yaya Touré. « Nous ne pouvons être que très déçus mais des retournements de situation comme ça font que les supporters aiment le foot. Ce soir, la mauvaise surprise est pour nous. »

Un chiffre : 1 000
« J’ai appris ça un peu par hasard. C’est extraordinaire. Cela peut être une occasion spéciale mais il s’agit seulement d’un match que je veux gagner. » A 70 ans, Sir Alex (sous contrat jusqu’en 2013 et félicité ici par Patrice Evra) dispute son 1000e match à la tête de Manchester United. « Fergie » avait fait ses débuts à Oxford (0-2) le 8 novembre 1986. Sir Alex à MU, c’est 599 victoires, 233 nuls et 168 défaites. Trois entraîneurs le devancent encore au nombre de matches dirigés en Premier League, le n°1 restant George Ramsay (1 317 rencontres avec Aston Villa entre 1884 et 1926).

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