Équipe de France

Rétro foot : Octobre 2012 (1/2)

Six ans après Zinédine Zidane, Olivier Giroud marque un but à l’Espagne pour l’équipe de France. Et ça change tout. Les Bleus reviennent de Madrid avec le point du nul et de nouveaux d’espoirs. A Londres, Roy Hodgson a la mauvaise idée de prendre le métro. Au Havre, Yann M’Vila, entre autres, celle d’appeler un taxi. Michael Ballack dit stop.

Le coin des Bleus : Le frisson de Madrid
C’est au moment où on ne s’y attendait pas – pour ne pas dire plus – que l’équipe de France choisit d’offrir le meilleur. A Madrid, face à l’armada espagnole, les Bleus sont d’abord privés d’un but valable. Maintenus en vie après un penalty stoppé par Hugo Lloris face à Cesc Fabregas. Puis héroïques et surprenants en seconde période. Ils arrachent ainsi le but de l’égalisation dans la dernière minute du temps additionnel. Autant dire au bout du bout. Les supporters espagnols étaient déjà presque aussi nombreux sur les trottoirs jouxtant Vicente Calderon, sur la route du repas, une bière bien fraîche pour accompagner les tapas salés, que dans les tribunes.
Alors que les rares supporters français qui y croyaient encore – il en restait – n’y croient, pour le coup, plus du tout, Franck Ribéry en remet une couche. Une accélération de plus dans ce couloir gauche devenu le tombeau d’Arbeloa, dont la cuisse a déjà lâché, puis celui de Juanfran, rendu dingue par les coups de boutoir du n°7 des Bleus, redevenu pour de bon « Kaiser Franck » sous le maillot de l’équipe de France. Une dernière lame, donc. Et un dernier centre, comme une offrande, pour la tête d’Olivier Giroud, décisive, dans le petit filet d’Iker Casillas. Une tête transfigurée par l’émotion dans sa course folle vers le banc de touche tricolore. Il y a l’empoignade de tout un clan, quelque chose comme une force vive et collective qui submerge le stade.
On promettait l’enfer aux Bleus à Vicente Calderon. C’est là qu’ils retrouvent le goût de l’effort, de l’application. Puis celui de la maîtrise et de l’initiative. C’est un match nul qui ne vaut qu’un point mais c’est un point qui vaut de l’or. La preuve ? Cela faisait cinq ans que l’Espagne, double championne d’Europe et championne du monde en titre, faut-il le rappeler, cette Espagne injouable, méthodique, cruelle, n’avait plus été accrochée en match de qualification. Il fallait remonter à septembre 2007, à Reykjavik (1-1 en Islande). Le tableau, parfait, affichait 24 victoires. L’exploit a créé une vague d’émotion à travers tout le pays. Il y avait longtemps que canapés et tables basses n’avaient pas connu pareille soirée devant un match des Bleus dans les chaumières françaises. Six ans, en fait. Depuis la Coupe du monde 2006.

Giroud : « Je ne sais même pas si j’ai touché le ballon avant mon but »
Didier Deschamps avait savamment préparé son affaire. Il voulait profiter de l’instant tout en restant lucide, projeté vers le futur. « Nous méritions de remporter ce match parce qu’un but valable nous a été refusé. A une minute trente de la fin, nous le perdions. Il ne faut pas l’oublier. En tout cas, il aurait été injuste de s’incliner. On n’est pas les meilleurs, on en est conscient. La meilleure équipe du monde était en face de nous à Madrid et elle reste la même. C’est l’Espagne. Mais nous ne sommes pas les plus nuls. J’avais mes certitudes avant ce match. J’ai confiance en mes joueurs et en leur potentiel mais nous sommes une équipe jeune. Les garçons ont besoin d’acquérir de l’expérience et ça ne s’achète pas. Avec un match comme celui de ce soir, ils grandissent plus vite. »
Les joueurs et l’équipe. Si ces Bleus ont survécu à tout à Madrid, c’est parce qu’ils ont affiché, dès la première seconde de la rencontre, une solidarité collective irréprochable. Et ils avaient un plan de jeu précis. Deschamps avait dit que pour exister face à l’Espagne, il fallait soit défendre très haut, soit défendre très bas. Les Bleus ont attaqué la première mi-temps en défendant très bas. Cela a été l’enfer, oui, cela a été Fort Knox et par moments, Fort Knox sans les verrous sur toutes les portes. Mais les Bleus ont été héroïques jusque dans l’injustice, quand ils se sont vu refuser un but valable pour une position de hors-jeu de Karim Benzema. Qui ne l’était pas, hors-jeu.
Et puis c’est devenu un autre match en seconde mi-temps. Un revirement de situation inattendu, d’abord. Puis impressionnant dans la forme, tant les joueurs de Deschamps ont trimballé la Roja dans tous les sens. Comme un mauvais T-shirt sale dans une machine à laver. On n’avait pas vu l’Espagne se faire toréer ainsi depuis des lustres. Cette égalisation au bout de la nuit change tout. Cela faisait 817 minutes que Casillas n’avait pas encaissé de but avec l’équipe nationale (Antonio Di Natale lors du premier match de l’Euro, 1-1). Record de la sélection ibérique. A Calderon, le briseur de série s’appelle Olivier Giroud et il est Français. « C’est allé tellement vite… Je ne sais même pas si j’ai touché le ballon avant mon but. On m’a dit que oui. Il fait beaucoup de bien. On a répondu présent, beaucoup poussé, on y a cru jusqu’au bout en réalisant un match plein de solidarité. Voilà la récompense. »
Blaise Matuidi, autre grand bonhomme de la rencontre, en première ligne dans la bataille du milieu, laissa une goutte de sueur dans le micro. « On a su rester lucide tout au long du match. On s’est procuré des occasions et cela a fini par payer. Un nul chez la meilleure équipe du monde, c’est un peu comme une victoire. Beaucoup de monde imaginait une défaite mais on a montré qu’on pouvait compter sur nous. Quand il y a l’état d’esprit et la solidarité, nous avons assez de talent pour faire de belles choses. » C’est avec un nul que les Bleus retrouvent le goût de la victoire.

Un come-back : Ibrahimovic retourne la Mannschaft
Quatre jours plus tôt, les Allemands en ont collé six à l’Eire, à Dublin s’il vous plaît. Une victoire 6-1 qui a tourné au massacre. Alors, quand la Mannschaft mène 3-0 face à la Suède au bout d’une mi-temps, sur la pelouse du stade Olympique de Berlin, puis 4-0 (au bout d’une heure), on se demande combien les Scandinaves vont en prendre. Et à quel moment Zlatan Ibrahimovic va péter un câble. Miroslav Klose y est allé de son doublé (66e et 67e buts), se rapprochant du record de Gerd Müller (une unité). Per Mertesacker a ajouté sa tête à l’édifice au moment de retourner aux vestiaires. Mesut Özil profite lui aussi des largesses de la défense des Jaunes. A 4-0, la messe est dite. Oui mais non… La correction annoncée connaît le plus improbable des retournements de situation. Zlatan se transforme en Zorro et réduit l’addition de la tête. Le début d’une remontée fantastique. Mikael Lustig, Johan Elmander puis Rasmus Elm, dans le temps additionnel, ramènent la Suède à hauteur. Jamais l’Allemagne n’avait été rejointe après avoir mené par quatre buts. Le lendemain, la presse allemande cingle : « C’est inexcusable. Il manque un Ibrahimovic à cette équipe. Un vrai patron. »

Un inconnu : Aldo la classe
Connaissez-vous le gardien de but Aldo Simoncini ? Theo Walcott, oui. L’ailier d’Arsenal a disputé les 10 premières minutes d’Angleterre-San Marin (éliminatoires de la Coupe du monde 2014). Le temps de rencontrer Aldo et ses beaux crampons. Percuté dans les côtes de plein fouet, Theo est parti illico à l’hôpital. Où il déclara : « J’ai cru que j’avais été percuté par un train ». Résultat : un simple carton jaune pour le train.

Un top : Camille Abily nominée pour le Ballon d’Or
La FIFA annonce la liste des 10 joueuses nommées pour le Ballon d’Or 2012. Les Américaines, championnes olympiques à Londres, comptent quatre représentantes. Les Japonaises, championnes du monde en juillet 2011, trois. Le Brésil (Marta Vieira da Silva), le Canada (Christine Sinclair) et la France complètent la liste. Camille Abily, qui a réussi le triplé championnat-Coupe de France-Ligue des champions avec Lyon, fait une entrée remarquée dans le gotha mondial.

Un flop : Les Lions ne rugissent plus
Battus 2-0 à l’aller, les Lions Indomptables sont sortis des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations par le Cap-Vert, malgré une victoire (2-1) au retour (ici, Samuel Eto’o, revenu en urgence de Makhatchkala mais pris dans l’étau cap-verdien). Les Camerounais vont manquer leur deuxième CAN d’affilée. Seule satisfaction de la journée ? Les débordements redoutés en cas d’élimination n’ont pas eu lieu, un énorme orage ayant éclaté au-dessus du stade à cinq minutes du coup de sifflet final. Une vraie douche froide…

Une phrase
« Là, dans le vestiaire, je ne leur ai rien dit. A quoi ça aurait servi ? Quand on réalise une première mi-temps de cette qualité, il ne faut rien changer. C’était un régal. Mais on a tout fait pour les relancer. Après le but de la 46e, on n’a plus existé. Chapeau à Lorient. Revenir comme ça, c’est beau. »
Signé Alex Dupont après le 4-4 au Moustoir entre Lorient et l’AC Ajaccio (10e journée de L1), alors que les Corses menaient 4-1…

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