Équipe de France

Rétro foot : Mars 2012 (1/2)

Ce mercredi 7 mars, Lionel Messi embrase le Camp Nou et fait pâlir les chiffres. L’Argentin en passe cinq au Bayer Leverkusen ! Une première pour lui et pour la Ligue des champions. Sinon ? Lyon boit la tasse à Nicosie, la peur gagne Auxerre et Quevilly, roi de la Coupe de France, humilie l’OM, que Brandao a pourtant qualifié pour les quarts de la C1.

Un joueur : Messi, cinq fois Messi !
Il fait doux ce mercredi 7 mars sur la Catalogne. C’est un soir de huitième de finale de C1, autrement dit un soir banal d’Europe à Barcelone. Surtout que les Blaugrana ont pratiquement leur billet en poche pour les quarts. Vainqueurs à l’aller dans la Ruhr (3-1), les hommes de Pep Guardiola n’ont plus qu’à expédier les affaires courantes face au Bayer Leverkusen, entre deux rencontres de championnat. C’est un match à faire tourner son effectif et à reposer ses cadres. Mais comme il le répète souvent, Pep Guardiola ne sort jamais Leo Messi de son onze-type. « C’est en jouant que la « Pulga » récupère encore le mieux. »
Messi est donc titulaire et les socios qui prennent place sur les sièges du Camp Nou posent la sempiternelle question. « Combien de buts le génial Argentin va-t-il planter à l’équipe d’en face ce soir ? » Faut dire que la question mérite d’être posée, pour le coup. Messi n’a plus marqué au Camp Nou en Ligue des champions depuis un an déjà. C’était – jour pour jour ou presque – face à Arsenal lors du même match, une saison en arrière (8e de finale retour, 3-1 pour le Barça). Un an sans but de Messi à la maison. Une éternité. A croire que Leo le Terrible a la mémoire des chiffres. Attention, mesdames et messieurs, ça va commencer ! Installez-vous dans votre fauteuil, bien gentiment…
C’est donc un soir banal d’Europe. Messi va le faire basculer dans les annales. Cinq pions ! Jamais il n’avait réussi un quintuplé. C’est le premier de sa carrière. Le premier aussi de l’histoire en Ligue des champions. Lionel y était déjà allé de son quadruplé (contre Arsenal, 4-1 le 6 avril 2010). De son triplé (contre Plzen, 4-0 le 1er novembre 2011). Il y eut plein de doublés (9 en tout !) dans la reine des compétitions européennes. Mais le lutin sud-américain n’avait jamais poussé l’insolence aussi loin. Cela faisait un an qu’il n’avait plus marqué ? On le disait fatigué, sans jus ? La réponse est un récital complet.

Pep Guardiola : « On ne reverra plus jamais un joueur comme lui »
D’abord, Leo ajuste un lob presque vexant, déclenché après 30 m de course, en arrivant face au gardien, légèrement sur la gauche du but. Juste avant la mi-temps, voici un but à la Messi avec prise de balle aux 20 m. Une accélération entre trois défenseurs et un intérieur du pied gauche. Une première mi-temps sans rien à jeter. La suite ? Dès la reprise, un nouveau lob mais du pied droit celui-là, dans le petit filet opposé. Une pure merveille. Opportuniste sur le quatrième but (un ballon relâché par Bernd Leno, le gardien du Bayer) et le cinquième, Messi égale le record de pions inscrits dans la compétition sur une saison (12) alors qu’il dispute seulement un 8e de finale retour. Alors la puce, ça gratte ? « Je ne me souviens pas la dernière fois que cela m’est arrivé. Dans les équipes de jeunes ? Je ne sais plus… C’est tellement beau de pouvoir marquer cinq buts comme ce soir ! Je suis très heureux. » Et très humble aussi.
Ce sont encore les autres qui parlent le mieux de lui, tellement il leur en met plein les yeux. Dans les coursives du Camp Nou, Robin Dutt, l’entraîneur du Bayer, est lucide. « Ceux qui connaissent le foot savent depuis longtemps que Messi évolue dans une autre catégorie. Le Barça est déjà la meilleure équipe du monde sans lui. Quand il joue avec eux, il arrive ce que nous avons vécu ce soir. » Sergio Busquets, qui le voit évoluer de près, savoure. « Lionel n’arrête pas de courir après les records et de les battre. » Xavi s’enthousiasme. « Il mérite tous les compliments. Je pense qu’il battra tous les records. Il est étonnant, c’est une merveille. » Mais c’est encore Pep Guardiola le plus dithyrambique : « Le trône lui appartient et il décidera lui-même quand il voudra laisser sa place. Une chose est sûre : on ne reverra plus jamais un joueur comme lui. »

Un but : Le feeling de Brandao
C’est peut-être l’attaquant brésilien qui réussit le moins de contrôles et qui marque le moins de buts. Ce n’est sûrement pas l’attaquant brésilien qui inventera un geste, une virgule ou un nouveau coup du foulard. C’est un mastoc, un attaquant version bûcheron canadien. Brandao (puisque c’est de lui qu’il s’agit) joue cinq minutes seulement à Giuseppe Meazza, pour le 8e de finale retour de la Ligue des champions, mais il a tout prévu. Depuis 10 minutes, Marseille est mené 1-0, Diego Milito ayant retrouvé son costume de buteur. L’OM et l’Inter se dirigent vers la prolongation. Il reste 2 minutes dans le temps réglementaire quand Didier Deschamps lance Brandao sur la pelouse. « J’avais dit au coach que j’allais marquer. Et j’ai marqué ! Moi, je parle sur le terrain. » « DD » confirme. « Oui, il m’a dit : « Coach, je marque ». Il a une vraie confiance en lui. Il avait un peu moins de réussite ces derniers temps, ce qui lui a valu quelques costards, mais ce soir, c’est lui le héros. » Sur un dernier dégagement long de Steve Mandanda, trois Milanais sont à la retombée. Brandao, seul contre tous, va au duel. Il contrôle involontairement du dos, crochète et enchaîne une frappe ras de terre. Au ras de Julio Cesar. Du grand art, de la chance, un peu des deux. Du Brandao pur jus.

Un couac : L’OL à poil à Nicosie
Bien sûr, toutes les séries ont une fin. Les statistiques sont faites pour être contredites et les records sont faits pour tomber. Mais quand même… Comment l’Olympique Lyonnais, présent neuf fois de suite en 8es de finale de la Ligue des champions, a-t-il pu en arriver là ? Au match aller déjà, il y avait de mauvais relents dans l’air de Gerland. Mais un but d’Alexandre Lacazette avait suffi, finalement, à maintenir tout le monde dans le déni. Une victoire 1-0 chez soi à l’aller, en Coupe d’Europe, est devenu, au fil des ans, quelque chose comme le résultat idéal. Alors, pas d’inquiétude à avoir avant de se rendre à Nicosie, chez les SDF de l’Europe…
Mais l’OL va littéralement se noyer sur l’île chypriote. Incapable de rentrer dans son match, Lyon se fait clouer d’entrée (9e minute). Il ne sortira jamais les griffes. Ne montrera aucune maîtrise. Et encore moins des signes de révolte. C’est une équipe pathétique qui se fait squizzer lors de la séance de tirs au but. Pour la première fois de l’histoire, une formation chypriote disputera les quarts de finale de la Ligue des champions. Et dire que l’OL avait hérité du tirage rêvé… Rémi Garde a peu de mots devant le désastre. « Il nous a manqué ce je-ne-sais-quoi pour marquer le but après lequel on a couru toute la partie. C’est une très, très grosse déception. Je ne peux pas l’expliquer. » L’OL, seulement 7e de Ligue 1, s’apprête à vivre des lendemains délicats. Cris : « Nicosie à jouer le coup à fond. Ils avaient plus envie que nous. » Michel Bastos : « C’est notre faute à nous les joueurs. Je ne peux pas dire que c’est la honte, ça voudrait dire qu’on n’a pas respecté cette équipe. » Alors, on le dit pour lui. Honteux et à poil, l’OL.

Un top : 37 ans et alors ?
Alessandro Del Piero ne joue plus que quelques minutes par-ci, par-là avec la Juventus. A 37 ans, il marque son premier but de la saison en Série A contre l’Inter Milan et permet aux Turinois, toujours invaincus, de rester au contact du Milan AC en tête du Calcio. La « Vieille Dame » est éternelle ? Ale aussi !

Un flop : Auxerre, peur sur la ville
Après une nouvelle défaite (0-2) contre Evian au stade de l’Abbé-Deschamps, l’AJ Auxerre se retrouve lanterne rouge de la Ligue 1. Avant le match, les supporters avaient déjà manifesté dans les rues de la ville, sur le chemin du stade. Dans l’enceinte, après l’ouverture du score par les Haut-Savoyards, ils déploient leurs banderoles qui veulent toutes dire la même chose. En gros : « (Guy) Roux, (Jean-Claude) Hamel, (Gérard) Bourgoin, dégagez ! » Mais c’est à la fin du match que tout part en sucette. Plusieurs dizaines d’ultras bourguignons – oui, il y en a – s’introduisent dans le couloir et veulent pénétrer dans les vestiaires, histoire d’en découdre avec les dirigeants. Les forces de l’ordre, peu nombreuses et surprises, sortent leurs gaz à effet de serre. Les deux équipes se réfugient dans leurs vestiaires respectifs. C’était un dimanche chaud, chaud à Auxerre. L’AJA engagera Jean-Guy Wallemme comme coach le lendemain mais n’échappera pas à la descente en fin de saison.

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