Équipe de France

Rétro foot : Mai 2012 (1/2)

Premier titre pour la bande à Loulou qui fait la nique au Paris SG et à toute la Ligue 1. La récompense d’un club famille à l’état d’esprit bien pensé. En Angleterre, c’est City le champion, au terme d’un ultime après-midi de folie. Chapeau bas aussi à Didier Drogba qui inscrit son nom dans le marbre de Chelsea et aux filles de l’OL, de nouveau championnes d’Europe. C’est mai, c’est chaud !

Une équipe : Montpellier, héros malgré lui
D’un coup, la Comédie s’est embrasée. Incandescente et bouillonnante. « Montpeul » champion, ça valait bien une petite orgie. Le club de Louis Nicollin est le champion surprise de la saison mais tout sauf un champion au rabais. La preuve à l’heure des remises de prix. Vraiment taillés premiers de la classe, les Héraultais. Ils bouclent l’exercice avec 82 points au compteur, soit le deuxième meilleur total de l’histoire du championnat sous le règne de la victoire à 3 points (seul l’OL a fait mieux en 2005-2006 avec 84 points). Meilleure défense de la ligue (à égalité avec Toulouse, 34 buts encaissés), meilleur total de buts inscrits dans l’élite durant leur histoire (comme lors de la saison 1987-88 avec 68 buts marqués, 3e meilleure attaque derrière Paris et Lille), les Montpelliérains n’ont pas fait les choses à moitié pour s’offrir ce premier sacre.
C’est surtout à la Mosson que les Montpelliérains ont su prendre puis maintenir un rythme de feu. Jamais une équipe n’avait atteint la barre symbolique des 50 points empochés à domicile. Le meilleur total était jusque-là détenu par Bordeaux (en 2008-2009), Lyon et Nantes en (1994-1995), avec 47 unités. Eux l’ont fait. René Girard, coach champion et forcément heureux, témoigne. « Il s’agit d’un grand moment. On finit devant Paris. C’est un clin d’œil. Comme quoi, l’argent ne fait pas le bonheur. C’est la victoire d’une équipe de copains, avec un bon recrutement. A l’arrivée, ç’a donné un cocktail pas trop mal. »

Giroud : « Je ne m’attendais pas à rencontrer une telle ferveur »
Olivier Giroud, sacré meilleur buteur du championnat, savoure comme un fou. « Ce sont des instants magiques pour communier avec tout le groupe et le peuple pailladin. C’est grandiose pour les gens qui nous ont soutenus depuis le début de la saison. Ce que l’on a réalisé est d’autant plus gratifiant que c’est unique dans l’histoire du club. Moi, je ne m’attendais pas à rencontrer une telle ferveur quand nous sommes arrivés en ville. On savait qu’on allait vivre quelque chose d’extraordinaire mais pas à ce point. On est fier, on marque l’histoire du club. »
La Comédie s’est embrasée, la Mosson était fumante mais c’est loin de ses bases que le MHSC est allé chercher son Graal. A Auxerre, lors de l’ultime journée, et après plus de 40 minutes d’interruption suite aux protestations de colère des ultras auxerrois, mécontents de voir leur club descendre en Ligue 2. C’est devant un cordon de CRS et une tribune vide que Loulou et ses boys ont exulté, entre les balles de tennis, les bananes et les fumigènes. Pas très cool, ni pour eux, ni pour… le PSG qui venait de gagner son match à Lorient, qui était virtuellement champion en cas de victoire auxerroise et qui suivait l’évolution des choses en Bourgogne devant les écrans de contrôle, dans les couloirs du Moustoir, au lieu de filer à la douche. Mais John Utaka a surgi et mis toutes les claquettes parisiennes d’accord.
Un doublé décisif. Un deuxième but de toute beauté. Symbole de l’emprise montpelliéraine sur ce championnat 2012-13 avec ce sentiment de puissance, cette idée que, finalement, il ne pouvait rien leur arriver, aux Héraultais. Quoique… Cela n’a pas toujours été le sentiment de Loulou Nicollin, entre stupeur et tremblements sur le banc de touche pendant l’interruption. « Ce match, je l’ai très mal vécu. Je me suis vu fait comme un rat ! Surtout quand j’ai su que Paris avait gagné à Lorient. Champion de France, mais tu te rends compte ? C’est unique ! » Comme sa nouvelle coiffure, une crête de coq aux couleurs de son club. Loulou avait promis à Rémy Cabella d’adopter la même crête que lui si jamais… L’Iroquois a fait le buzz. « Quand on promet quelque chose, il faut s’y tenir. Mais bon… Il faut oser sortir avec un truc comme ça. Quand ma femme va me voir, elle va tomber raide. » Et dingue de Montpeul.

Un match : City façon United !
C’est un match comme seule la Premier League sait en offrir. Un happy end pour les uns, un désastre pour les autres. C’est un final incroyable, un label made in England. Manchester City reçoit les Queens Park Rangers de Djibril Cissé et Joey Barton à l’Etihad Stadium. Ultime journée et titre en jeu, face à United, l’intime ennemi, en déplacement à 200 bornes de là, à Sunderland. Un titre qui se joue à vol d’oiseau. English version. Les Mancuniens de Sir Alex Ferguson ont remporté leur défi (1-0). Quand l’arbitre siffle la fin de leur match, ils sont champions pour la vingtième fois de leur histoire.
A Manchester, Pablo Zabaleta a ouvert la voie du triomphe mais Djibril Cissé et Jamie Mackie, au retour des vestiaires (48e et 66e), ont sacrément plombé l’ambiance. Les minutes passent… Ça y est, c’est presque fini, MU va encore gagner. Deux buts à marquer alors que le temps additionnel est déjà entamé. Et puis on bascule dans l’irrationnel. Edin Dzeko égalise de la tête à la 90e +2. Sergio Agüero met tout ce qu’il a dans une dernière frappe. 3-2, 90e +4 ! A Sunderland, United n’y croit pas. A Manchester, City jouit. « J’ai l’impression d’avoir 90 ans », lâche Roberto Mancini, le coach. Vincent Kompany, le capitaine, jubile : « C’est le plus beau jour de ma vie ! » Quarante-quatre ans plus tard, City se retrouve dans la peau du champion grâce à un final qui rappelle le sacre européen de United en 1999 face au Bayern Munich. Un comble !

Le coin des Bleus : La poisse de Sagna
Bakary Sagna, qui s’était fracturé le péroné le 2 octobre 2011 sur la pelouse de White Hart Lane (Tottenham), se le casse à nouveau contre Norwich, lors de l’avant-dernière journée du championnat. Abattu mais philosophe, Bakary. « J’ai toujours dit qu’on avait chacun son destin. En ce moment, le mien n’est pas franchement favorable. » A un mois de l’Euro en Pologne et en Ukraine, c’est un coup dur pour le Gunner et pour Laurent Blanc, déjà privé de l’autre taulier des couloirs, Eric Abidal, opéré quelques semaines plus tôt (transplantation du foie). Le sélectionneur des Bleus annonce une première liste de 12 joueurs évoluant à l’étranger dans laquelle figure, surprise, Hatem Ben Arfa, virevoltant avec Newcastle depuis le début de l’année. Puis une pré-liste de 26 joueurs dans laquelle on retrouve Loïc Rémy, blessé, Yoann Gourcuff, contesté, et Mapou Yanga M’Biwa, petit nouveau.

Une phrase
« Il n’y aura pas de prime avant les quarts de finale. Il faut que l’on donne une très bonne image en Ukraine mais surtout qu’on se qualifie. Il faut gagner, il ne s’agit pas d’être sympathique partout et de serrer des mains. Il faut passer. »
Noël le Graët

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