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Rétro foot : Le chef-d’œuvre de Marco Van Basten

Pays-Bas-URSS, 2-0 (1988). L’équipe des Pays-Bas, deux fois battue en finale de Coupe du monde, remporte enfin son premier titre international. Avec, en clou du spectacle, un but venu d’ailleurs marqué par un extraterrestre, Marco Van Basten.

C’est une incroyable marée orange qui déferle sur le stade Olympique de Munich ce samedi 25 juin. Trente, peut-être quarante mille fans venus assister à l’inéluctable sacre de leurs favoris. Rien ne peut les faire douter. Même pas la malédiction des finales perdues en Coupe du monde (1974 et 78). Même pas l’adversaire, l’URSS du très scientifique Valéri Lobanovski qui a battu les Néerlandais lors du premier match de poule (1-0).
Rien ne peut les effrayer. Pas même cette grosse occasion à la demi-heure de jeu, orchestrée par Igor Belanov et conclue par une frappe de Hennadiy Litovchenko sur laquelle Hans Van Breukelen se couche brillamment. Non, rien. Et ils ont raison. Deux minutes plus tard, Ruud Gullit délivre les siens. Dès lors, les hommes de Rinus Michels, l’inventeur du football total à la grande époque de l’Ajax – tout le monde attaque, tout le monde défend -, volent sur le terrain. De nouveau irrésistibles. Maîtres des lieux et du jeu. Avec, en guise d’apothéose, le chef-d’œuvre de la 54e minute.
Tout part d’une longue remontée du terrain de Adrie Van Tiggelen qui transmet à Arnold Muhren sur la gauche. Le centre qui suit paraît un poil trop long. Mais là… Ô temps, suspens ton vol. Dans le plus improbable des angles, complètement excentré, Van Basten, le joueur aux chevilles en caoutchouc et à la frappe de plomb, ose une impossible volée qui explose les filets de Rinat Dassaev. Un but venu d’ailleurs marqué par un extraterrestre. Un but pour l’éternité.
« Mon but ? Dans cette position, c’est le genre de geste que l’on tente à l’entraînement, expliquera un peu plus tard le dieu du stade Olympique. Si tu le mets une fois sur vingt, c’est déjà miraculeux. Là, j’aurais aussi bien pu dégommer les projecteurs. »
Marco, ce héros, meilleur réalisateur de la compétition (5 buts), revient de loin. Sacré champion d’Italie quelques semaines plus tôt, pour sa première saison au Milan AC, mais intermittent du spectacle à cause de pépins à répétition qui ont pourri son année (11 matches de championnat seulement, 3 buts). Qui n’oublie pas, même dans ces instants magiques.
« Je ne peux pas m’empêcher de me retourner. Je revois un joueur blessé et dans le doute, physiquement à la rue. Je me souviens de lui en train de courir seul pour essayer de rattraper le temps perdu. C’était comme un défi. Le désir, la folle envie d’en sortir après une année terrible où il avait été plus question de soins et de médecine que de sport. »
Ce n’était pas gagné d’avance. D’ailleurs, c’est sur le banc que le Batave avait débuté cet Euro 88. Avant de retrouver une place de titulaire pour le deuxième match. Il en profita pour ridiculiser les Anglais d’un foudroyant hat trick. Déjà, il fut le héros de la demi-finale face aux Allemands en inscrivant le but de la victoire (2-1) à deux petites minutes de la fin du temps réglementaire. Avant cet inoubliable 25 juin. Avant d’entrer dans la légende. A 23 ans seulement…

La fiche du match
■ Samedi 25 juin 1988
Finale de l’Euro
Stade Olympique de Munich
Pays-Bas-URSS 2-0 (1-0)
Arbitre : M. Vautrot (FRA)
Spectateurs : 72 308
Buts : Gullit (33e), Van Basten (54e).
Pays-Bas : Van Breukelen – Van Tiggelen, R. Koeman, Rijkaard, Van Aerle – Muhren, E. Koeman, Wouters, Vanenburg – Gullit, Van Basten. Entraîneur : R. Michels
URSS : Dassaev – Demianenko, Aleinikov, Khidiathuline, Rats – Litovchenko, Zavarov, Belanov, Mikhailitchenko – Protassov (Pasulko, 72e), Gostmanov (Baltacha, 69e). Entraîneur : V. Lobanovski.

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