Équipe de France

Rétro foot : Juillet 2012 (1/2)

L’arrivée du géant suédois Zlatan Ibrahimovic au Paris SG bouleverse le paysage du foot français. Timing millimétré, mots choisis et bain de foule, la « Zlatanmania » décoiffe dès le premier jour. Sinon ? Didier Deschamps a pris les destinées de l’équipe de France, ce qui n’est pas rien. Elie Baup lui succède à Marseille et Lyon remporte son premier trophée de la saison, celui des champions, malgré un coup de gueule mémorable de « JMA ».

Un transfert : L’Ibrastar fait monter la température sur Paname
En juillet, Paris fait ce qui lui plaît. Quand la période des transferts bat son plein, le PSG n’a désormais plus de concurrent. L’été 2012 confirme pour de bon le basculement. « Tout d’abord, je tiens à remercier le Paris Saint-Germain et ses dirigeants. Ils ont rendu l’impossible possible. Aujourd’hui, un nouveau rêve devient réalité. » C’est par ces mots que Zlatan Ibrahimovic démarre sa carrière parisienne.
A 31 ans, Zlatan débarque à Paris. Et ce 18 juillet 2012, le Paris Saint-Germain entre officiellement dans une nouvelle dimension. Dans la salle de presse, surchauffée et bondée, du Parc des Princes, Nasser El-Khelaïfi, le président, et Leonardo, le directeur sportif, ont le sourire. « Il y a bien une superstar au Paris SG. Nous sommes très fiers d’accueillir Ibra qui va avoir un impact sur le championnat de France. Le futur pour nous, c’est gagner des titres. » (Nasser) « Là, le PSG entre dans une nouvelle dimension. Un joueur comme Zlatan nous donne la possibilité d’avoir des résultats sportifs, une grande image en France et à l’étranger et donc d’améliorer la structure. Zlatan, c’est le coup parfait. Nous réalisons aujourd’hui la plus grosse affaire de l’histoire du club. Cela a pris des mois, nous a demandé énormément d’énergie mais aujourd’hui, le discours du PSG est celui des plus grands clubs. C’est nouveau en France mais pas dans le monde du foot. Je suis fier de ça. On voit l’engouement, le sentiment des gens dans la rue. On sent que l’orgueil commence à grandir. » (Leonardo) Oui, Paris bascule pour de bon dans la galaxie des intouchables.
Après Ezequiel Lavezzi (Naples) et Marco Verratti (Pescara), Leo continue son marché dans le Calcio italien. Mais quelque chose change pour de bon. Surtout que, dans le sillage d’Ibra, la signature de Thiago Silva est aussi officialisée. Le Brésilien, qui prépare les J.O. avec la Seleçao, n’est pas physiquement présent mais c’est tout comme. « Le meilleur défenseur du monde » est aussi un joueur du PSG. Carlo Ancelotti, le coach multititres, a plusieurs cartouches dans le gilet. C’est « Ibra » himself qui le dit. « Dès le premier jour où Paris m’a contacté, je savais que je viendrais. Je savais que ça valait le coup. Pour moi, le projet parisien, c’est le début d’une Dream Team pour le football français et mondial. J’arrive dans une véritable équipe de rêve, qui continue de grandir. Paris, c’est le futur et je veux en faire partie. » Les mots sont ciselés et le message est clair.

Thiago Silva, c’est 50 patates
Paris voulait un attaquant de niveau mondial depuis l’arrivée de QSI à l’été 2011. Le PSG s’offre l’un des trois phénomènes mondiaux avec Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Un attaquant unique par son style et son efficacité. Un buteur qui vient de clore sa saison au Milan AC avec 0,88 but par match. Un « fuoriclasse » qui annonce la couleur. « Je vais retrouver ici quelques-uns des meilleurs joueurs du monde. Je connais bien Thiago Silva. Avec lui, pas besoin de regarder derrière, c’est le meilleur défenseur du monde. Qui ne voudrait pas faire partie de cette équipe ? » Derrière les bons mots, la farandole des chiffres. Zlatan, c’est un salaire pharaonique : on parle de plus de 14 millions d’euros par an.
Le PSG a aussi battu le record en matière de transferts hexagonaux avec l’arrivée de Thiago Silva. Attirer au Parc le capitaine de la sélection brésilienne, c’est 42 millions d’euros + 7 millions de bonus. Cinquante plaques, donc, pour le Milan AC. Les 42 millions déboursés pour Javier Pastore tombent, Paris fait ce qu’il veut, quand il veut. Zlatan aussi. Et il ne perd rien pour attendre. « J’ai la chance de pouvoir faire ce qui me rend heureux : jouer au football. Je sais que la France aime le foot. Je ne connais pas beaucoup la Ligue 1 mais la Ligue 1 sait qui je suis. J’espère faire plaisir aux gens sur le terrain. » Son premier bain de foule au Trocadéro, juste après la conférence de presse de présentation, lui donne raison. Cordon de sécurité, quelques photos prises très vite pour éviter les débordements : pour la première fois depuis longtemps, le PSG donne l’impression de ne pas tout maîtriser. Pas grave. Zlatan est très pro et il connaît ce genre d’excitation. Il avait fait ouvrir le Camp Nou pour sa présentation officielle à Barcelone.
A bientôt 31 ans (le 3 octobre), « Ibra » voit-il là le dernier contrat à l’échelle de sa galactique carrière ? Toujours est-il que Paris lui propose plus que ce qu’il touchait en Lombardie. Or, il était – et de loin – le joueur le mieux rémunéré d’Italie avec un salaire net annuel de 12 millions d’euros. A Paris, 3 ans de contrat en poche, il devient le deuxième joueur le mieux payé du monde derrière Samuel Eto’o et ses 20,5 millions net annuels à l’Anzhi Makhachkala, en Russie. En juillet, Paris fait ce qui lui plaît, vraiment.

Un match : Lyon s’offre une Coupe
Montpellier-Lyon, drôle d’affiche pour un Trophée des champions. Champions surprises, les Héraultais ont réussi à conserver l’essentiel de leur équipe-type, excepté bien sûr le meilleur buteur de Ligue 1, Olivier Giroud. Départ acté vers Arsenal, ce qui l’était moins. Face à eux, les Lyonnais, vainqueurs de la Coupe de France contre Quevilly. Les Rhodaniens se présentent dans une drôle d’atmosphère : la préparation d’avant-saison a été plombée par les déclarations fracassantes de Jean-Michel Aulas et plusieurs joueurs s’apprêtent à disputer le premier match officiel de la saison (Hugo Lloris, Yoann Gourcuff) sans savoir s’il s’agira ou non de leur dernier sous le maillot de l’OL. Kim Källström, Gone depuis 2005, le sait déjà, lui. A l’heure du coup d’envoi, il est quelque part entre Lyon et Moscou : il s’apprête à signer au Spartak.
Après le Canada et le Maghred (Montréal, Tanger), le Trophée des champions s’exporte et s’exhibe aux States. C’est dans la Red Bull Arena de New York, l’aire de jeu de Thierry Henry, que les affaires reprennent. Plutôt vite en ce qui concerne le champion : John Utaka, qui avait inscrit le dernier but de la saison 2011-12, celui du titre, à Auxerre marque le premier de la nouvelle. Avantage logique au tableau d’affichage pour le champion en titre qui entame mieux la rencontre. Mais l’OL revient au score juste avant la pause, comme par miracle, grâce à Bafétimbi Gomis qui place sa tête entre Henri Bedimo et Vitorino Hilton. Emanuel Herrera, successeur désigné de Giroud, montre sa trempe de buteur en transformant un penalty face à Lloris peu avant l’heure de jeu mais Alexandre Lacazette offre l’égalisation à Jimmy Briand.
Gaëtan Charbonnier, autre successeur annoncé de Giroud, a remplacé Herrera à un quart d’heure de la fin. Comme Bedimo, il manquent son péno lors de la séance des tirs au but (le Trophée des champions se dispute sans prolongation). Lyon soulève le premier trophée de la saison. Hugo Lloris, pas encore parti, savoure. « Ça fait du bien, surtout par rapport au scénario du match, parce qu’on revient deux fois au score. Bon, on sait que les tirs au but, c’est toujours un peu la loterie mais nous avons été rigoureux. C’est agréable de commencer la saison avec un trophée. » Jean-Michel Aulas, pas encore blasé, jubile. « L’OL retrouve un peu le goût de la victoire. On a toujours été bien placés mais quand on gagne, c’est différent. Les garçons sont restés extrêmement combatifs et bien concentrés. Ce trophée est beaucoup plus important qu’il n’y paraît. » Bah, tiens…

Un clap : Gervais Martel, c’est fini
« Le Crédit Agricole Nord de France (ndlr : CANF, actionnaire majoritaire du RC Lens) m’a demandé de démissionner. Une décision logique puisque je n’ai pas réussi, au 30 juin, à réunir la somme nécessaire pour reprendre le contrôle du club comme le stipulaient nos accords (datant de juillet 2011). » Président du RC Lens depuis le 24 août 1988, Gervais Martel quitte une équipe qui était devenue, au fil du temps, des échecs comme des soirs de Ligue des champions, un peu la sienne. Champion de France 1998, le Racing avait réussi à remonter immédiatement en L1 après sa rétrogradation en 2008, en terminant champion de L2. La seconde lame, une nouvelle chute en 2011 (19e), est fatale. C’est une figure du foot français en général et du Nord en particulier qui laisse la place.

Une révolution : La vidéo débarque
L’Euro qui vient de s’achever a connu son lot de polémiques. Liées à l’absence de vidéo sur les terrains de foot. On pense au match Ukraine-Angleterre (0-1) et au but valable non accordé aux Ukrainiens. John Terry a dégagé derrière sa ligne de but un tir de Marko Devic. Une semaine après le sacre de l’Espagne, le Board (IFAB), organe décideur, celui qui régit les lois, autorise officiellement l’usage de la technologie pour indiquer aux arbitres si le ballon a franchi la ligne de but ou non. S’inspirant de ce qui se fait depuis plusieurs années déjà dans le tennis, la FIFA engage deux sociétés, dont Hawk-Eye, connu pour son système basé sur l’utilisation de caméras (comme au tennis sur les circuits ATP et WTA). L’autre élu se nomme GoalRef. Lui crée de faibles champs magnétiques autour des buts et équipe le ballon d’une bobine électronique. Coût de la révolution : de 120 000 à 200 000 euros. La mise en application se fera en trois phases. D’abord lors de la Coupe du monde des clubs (du 6 au 16 décembre 2012 au Japon), puis lors de la Coupe des Confédérations 2013 en juin prochain et, logiquement, lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil.

Un chiffre : 11
Pour la première fois depuis la création du classement FIFA en août 1993, le Brésil quitte le Top 10. La Seleçao (ici Lucas Moura et Thiago Silva après leur défaite en finale des J.O. de Londres contre le Mexique, 1-2) recule de six places et se retrouve 11e. Un classement toujours dominé par l’Espagne. L’Italie, finaliste à l’Euro, remonte du 12e au 6e rang tandis que la France conserve sa 14e place.

Un top : Louis Nicollin rêve tout haut
A Montpellier, le titre donne des envies. A l’heure de la reprise, on retrouve un Louis Nicollin tout sourire à l’idée de voir ses boys disputer la Ligue des champions. « Je me vois bien à Wembley pour gagner la Coupe aux grandes oreilles. Rien que pour fermer leur gueule aux Marseillais qui l’ont gagnée. » Eternel Loulou…

Un flop : Breno derrière les barreaux
Un temps défenseur central du Bayern Munich, le Brésilien Breno est condamné à trois ans et neuf mois de prison ferme par le tribunal de Munich. Le motif ? Le chevelu, ivre au moment des faits, avait incendié sa maison en septembre 2011 puis avait menti à sa compagnie d’assurance. Sans club, il file tout droit en prison, le tribunal ne lui trouvant pas de circonstances atténuantes. Ça ne badine pas outre-Rhin. Et hop, une place à prendre derrière au Bayern.

Un coach : Elie remet sa casquette
Le divorce prononcé (difficilement) avec Didier Deschamps contraint l’OM à reprendre l’entraînement sans entraîneur ni staff. Gérald Passi, coach de la réserve, enfile le survêtement de pompier. C’est finalement en Suisse, un peu à Zurich (chez Margarita Louis-Dreyfus) et un peu à Crans-Montana (lieu de leur premier stage de la saison), que le successeur de « DD » est annoncé. On avait parlé de Fabrizio Ravanelli (libre), qui avait déclaré sa flamme et que José Anigo avait adoubé. On parlait aussi de Lucien Favre, que Vincent Labrune aimait particulièrement mais qui a finalement prolongé au Borussia Mönchengladbach jusqu’en 2015. C’est Elie Baup qui fut désigné in fine. Un choix cohérent.
Avec 448 matches de Ligue 1 dans la visière, celui qui fut sacré champion de France avec Bordeaux en 1999 répondait à tous les critères exigés par les dirigeants phocéens. Notamment une connaissance parfaite du championnat, renforcée par trois années de collaboration avec Canal+ pendant lesquelles il sillonna les terrains et resta au contact du milieu. Et puis il y a aussi le goût prononcé du technicien pour le lancement de jeunes joueurs issus de la formation, exactement ce qu’il faut à un OM qui s’apprête à considérablement réduire la voilure au niveau du budget, donc au niveau de la masse salariale, donc au niveau de son effectif. Coach Elie a écouté tout ça et Coach Elie a dit « Oui ».

Populaires

To Top