Équipe de France

Rétro foot : Février 2012 (1/2)

Dans ce mois à rallonge de 29 jours, année bissextile oblige, l’OL et le PSG sortent un match de folie à 8 buts. Thierry Henry s’offre une pige dorée à Arsenal. C’est l’horreur à Port-Saïd, en Egypte, mais le bonheur pour les Bleus à Brême. Et quelque chose comme un pressentiment chez Pep Guardiola…

Un match : Et Gerland prit feu…
C’est un soir de Ligue 1 comme un autre. Un soir de choc quand même, à Lyon. C’est toujours un choc quand les Parisiens descendent dans la capitale des Gaules. Mais au début, c’est OL-PSG et puis c’est tout. Un sommet dont on peut craindre qu’il n’accouche d’une souris. Paris débarque avec ses nouvelles stars du mercato d’hiver. Il y a bien sûr Carlo Ancelotti et sa raie bien ajustée sur le côté, l’étalon italien en version « grisonnant cendrier ». Il y a encore Thiago Motta, le nouveau phare du milieu, Maxwell et Alex, la touche brésilienne en défense. Tous les trois sont titulaires. Pour l’instant, rien que du classique. Surtout que Milan Bisevac est blessé à la cuisse et que Siaka Tiené est en phase de reprise.
En face ? L’OL ne pointe qu’au 6e rang à l’heure de recevoir le nouvel ogre parisien. Avec neuf défaites en championnat (cela n’était plus arrivé à Lyon depuis 2000, dix en tout), les hommes de Rémi Garde semblent s’éloigner irrémédiablement du podium et des sacro-saintes premières places qualificatives pour la Ligue des champions. C’est comme une lente descente. Très lente, très douce. Du classique, encore. Clément Grenier est suspendu, Yoann Gourcuff a entamé, depuis longtemps déjà, sa guerre de 10 ans contre ses adducteurs et les cadres sont en méforme (Cris, Michel Bastos, Kim Källström et à un degré moindre Lisandro). Du grand classique, toujours.

Un match que les entraîneurs détestent mais que personne n’oublie
Mais on s’arrêtera là pour les présentations. Pas la peine d’aller plus loin. Car le classique n’ira pas plus loin. Retenu en otage aux vestiaires. Pendant 95 minutes ou plus exactement 90 + 4 + quelques secondes, l’OL et le PSG vont offrir aux 35 000 spectateurs de Gerland, aux rares abonnés d’Orange Sport et aux chanceux vilains petits canards du streaming vidéo un spectacle en dehors des codes et des normes. Un soir à perdre la tête (de la Ligue 1 pour le PSG) et ses illusions (de Ligue des champions pour l’OL). Un match à huit buts. Un nul au score de beach-soccer, à rendre malades les deux gus de « Cote et Match », qui enchaînent les boulettes sur les bandes-annonces de la FDJ avant les rencontres. Un match que les entraîneurs détestent mais que personne n’oublie.
Dans l’ordre, cela donne une frappe soudaine de Guillaume Hoarau pour le 1-0 (21e) puis six minutes de folie avec des merveilles côté lyonnais. Bafétimbi Gomis, Lisandro et Bastos enchaînent les reprises de volée dans les lucarnes comme à la Playstation (34e, 36e et 40e !). Une mi-temps de dingues. Mais pas terminée puisque Nenê remet Paris sur les rails, juste avant la pause, sur penalty (45e + 3). Dans le temps additionnel déjà… A 3-2, le retour aux vestiaires s’accompagne toujours de questions. Après tant d’émotions, qui tirera le premier son épingle du jeu ? L’OL doit-il gérer ? Paris peut-il le faire ? Jimmy Briand se charge bien vite de répondre. Sur corner, il redonne deux buts d’avance aux Gones et on se dit que Carlo Ancelotti, qui a laissé son schéma en sapin de Noël au Camp des Loges, a perdu son pari.
Que nenni ! Aly Cissokho marque contre son camp. Et l’improbable égalisation de Guillaume Hoarau intervient à la dernière seconde. Paris perd la tête mais rapporte le nul, sa plus grosse émotion de la saison, et se découvre une âme. Leonardo prend ce résultat comme une victoire : « On aurait pu gagner 7-4 mais on n’est pas déçu car on repart plus compétitifs. Notre réaction est très intéressante. » Michel Bastos, lui, l’accueille comme une défaite : « Pfff… C’est vraiment dommage, on mène tout le match ! Mon but ? Il est magnifique mais j’aurais préféré ne pas marquer, ne pas faire de passes décisives et gagner à la fin. » Pas possible, Michel. Ce soir-là, le grand vainqueur, c’était le foot.

Un drame : La guerre à Port-Saïd
Al-Masry rencontrait Al-Ahly, le club le plus titré du foot égyptien. Première défaite de la saison, au bout de 17 journées de championnat (1-3). Perdre, une exception au royaume d’Al-Ahly. Et une bien mauvaise idée aux yeux des spectateurs. Enfin, des « spectateurs »… Au coup de sifflet final, les supporters d’Al-Masry lancent des fusées éclairantes, des bouteilles, des pierres, tout ce qu’ils ont pu trouver sous leurs pieds en direction des fans d’Al-Ahly. Des scènes d’une extrême violence et le tsunami enclenché. L’émeute dans les tribunes, sur la pelouse… Des milliers de personnes sur le rectangle vert mais pas pour un apéro géant, ni même pour une bagarre de saloon.
Bloqués au milieu de la tranchée, les joueurs d’Al-Ahly paniquent. Ils tentent de rentrer aux abris. Pourchassés par les supporters de l’équipe d’en face. « Ce n’est pas du foot, c’est la guerre. Des gens meurent devant nous. Il n’y a aucun dispositif de sécurité. » Tels sont les mots de Mohamed Aboutreika sur la chaîne de son club, Al-Ahly. Bilan : plusieurs centaines de blessés, soixante-treize morts. « C’est la plus grande catastrophe de l’histoire du football égyptien », déclare le ministre de la Santé, Hesham Sheiha. Un an jour pour jour ou presque après la révolution de la place Tarir et la chute du président Hosni Moubarak, deux avions militaires évacuent les joueurs et les supporters d’Al-Ahly vers Le Caire. Le championnat est suspendu jusqu’à nouvel ordre. Le pays observera trois jours de deuil national. Tout ça pour un match de foot…

Le coin des Bleus : Coup d’éclat en Allemagne
Il y avait le match référence, en mode compétition, à Sarajevo contre la Bosnie-Herzégovine. En septembre 2010. Un rendez-vous sous haute tension après la défaite inquiétante au Stade de France contre la Biélorussie (0-1). Mais un rendez-vous qui s’était traduit par une démonstration de force et de maîtrise collective, avec un Abou Diaby impressionnant de puissance au milieu du terrain. Et puis ? Plus rien, jusqu’à ce 29 février 2012. Un an et demi d’attente pour une victoire de prestige à quelques semaines de l’Euro. C’est la bonne idée des Bleus pour commencer l’année.
A Brême, l’Allemagne est certes privée de plusieurs éléments mais la France aussi. Sur une période de dix-huit mois, c’est la troisième victoire de prestige sur une grande nation du foot que les Bleus de Laurent Blanc ajoutent à leurs souvenirs. Il y avait eu l’Angleterre à Wembley (2-1 en novembre 2010), le Brésil au Stade de France (1-0 en février 2011), il y a donc l’Allemagne à Brême avec un succès 2-1. Un match plein qui étire la série d’invincibilité des Tricolores à 18 rencontres.
Du tout bon mais pas du tout cuit. Laurent Blanc est satisfait mais aussi lucide. « Je suis content du résultat et de la manière. C’était un bon match et j’ai pris du plaisir à le regarder. Quand on gagne, le plaisir est décuplé. Ça fait partie de nos bons matches mais la référence reste la victoire en Bosnie-Herzégovine. Par rapport à nos dernières sorties, on a fait preuve d’un esprit collectif remarquable. Pour mes choix futurs pour l’Euro, ceux qui étaient là ont marqué des points, c’est évident. »

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