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Rétro foot : Et les princes renversèrent le roi

Monaco-Real Madrid, 3-1 (2004). Forts de leurs deux buts d’avance (victoire 4-2 à Bernabeu), les Galactiques du Real Madrid débarquent sereins en Principauté. C’était sans compter sur la classe d’un Ludovic Giuly éblouissant et d’un Fernando Morientes revanchard. Récit d’un conte fantastique.

Bon, OK, ils faisaient semblant d’y croire. Parce qu’il fallait bien. Ils y mettaient toute la conviction possible. Ce 6 avril 2004, les Monégasques aimaient à se rappeler, en quart de finale retour de la Ligue des champions, qu’ils avaient écrabouillé une autre équipe espagnole (La Corogne, 8-3) au 1er tour de la compétition dans un scénario des plus improbables. Sauf que, là, c’était les Galactiques qui se présentaient en face. Ronaldo, Zinédine Zidane, Luis Figo, Raul, Roberto Carlos et quelques autres (moins David Beckham, suspendu). Excusez du peu !
Ils voulaient aussi se souvenir qu’à l’aller, dans l’antre prestigieuse de Santiago Bernabeu, ils étaient parvenus à inscrire deux buts – mais en avaient aussi encaissé quatre en 20 minutes – et que cette défense, dixit le gardien Flavio Roma, « n’était pas franchement à l’aise, ni vraiment impressionnante ». Ils s’accrochaient aux branches. En faisant attention que l’arbre ne leur tombe pas sur la tête.
Les premières minutes, d’ailleurs, se présentent, sans conteste, à l’avantage des pensionnaires de la Maison Blanche qui maîtrisent parfaitement leur sujet. Peu à peu, l’ASM parvient à desserrer l’étreinte. Se remet dans le sens de la marche, ouvre quelques brèches. Jusqu’à la minute fatale. L’indestructible Raul récupère un ballon qu’il transforme, d’une astucieuse pichenette, en but. Cette fois, la messe est dite. Définitivement.
Non ! Ludovic Giuly, alias « Super Souris », le type capable des exploits les plus fous, égalise dans le temps additionnel d’une « impossible » reprise de volée, à peine déviée. La suite ? Elle va s’écrire à l’encre rouge et blanche, d’une touche princière. C’est d’abord le banni du Real, Fernando Morientes (prêté à Monaco !), qui commence à faire pencher la balance, juste après la mi-temps, d’un coup de tête plein de rage et d’envie. Puis l’extraterrestre Giuly assène le coup qui tue. Il prolonge une balle d’un amour de talonnade, tout en finesse – encore mieux qu’une Rabah Madjer -, et fait trembler les filets d’Iker Casillas.
C’est extra, forcément extra. Trop beau. Et la fin de rencontre, où les super subs’ (les super remplaçants) Shabani Nonda et Emmanuel Adebayor vont taper les montants, ne fait que confirmer la suprématie monégasque. Ce soir-là, les princes de Monaco ont renversé le roi Real. Ce soir-là, Zinédine Zidane s’est incliné.
« Les meilleurs ont gagné. Il faut, même si c’est difficile, savoir accepter le fait que Monaco a été meilleur et même bien meilleur que nous. »
Ce soir-là, Didier Deschamps a rêvé. Evidemment d’un autre monde.
« Les gars ont été au bout d’eux-mêmes. Et, au vu du match qu’ils ont réalisé, ils méritent, tant techniquement que physiquement, la qualification. »
Ludovic Giuly a pris un ascenseur pour l’éternité.
« Des moments comme ceux-là sont magiques. On ressent beaucoup de joie et d’émotion. C’est ça le foot : un truc énorme où il peut se passer tant de choses. »
Comme cette nuit où, dans le ciel étoilé azuréen, Monaco a bousculé toutes les données pré-établies et refait la planète foot. Sept ans plus tard, l’ASM était reléguée en Ligue 2. Cherchez l’erreur…

La fiche du match
■ Mardi 6 avril 2004
Quart de finale retour de la Ligue des champions
Stade Louis II de Monaco
Monaco-Real Madrid 3-1 (1-1)
Arbitre : M. Collina (ITA)
Spectateurs : 18 500
Buts : Giuly (45e + 1, 66e), Morientes (48e) pour Monaco ; Raul (36e) pour le Real Madrid.
Monaco : Roma – Ibarra, Rodriguez, Givet, Evra – Plasil, E. Cissé, Rothen – Giuly (El-Fakiri, 82e), Morientes (Adebayor, 85e), Prso (Nonda, 61e). Entraîneur : D. Deschamps.
Real Madrid : Casillas – Salgado (Raul Bravo, 85e), Helguera, Mejia, Roberto Carlos – Zidane, Borja (Solari, 72e), Guti (Portillo, 88e), Figo – Raul, Ronaldo. Entraîneur : C. Queiroz.

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