Équipe de France

Rétro foot décembre 2014 : Titi tire le rideau (1/2)

Après vingt ans d’une carrière riche en exploits et en titres de gloire, celui qui restera pour toujours le « King » d’Arsenal quitte les pelouses. En y laissant une trace indélébile. Hommage.

Même si, au fond de lui, sa décision était déjà prise, il n’a pas voulu la rendre publique, à chaud, juste après l’élimination des Red Bulls de New York en demi-finales de la Major League Soccer, face au New England Revolution. Thierry Henry a préféré se donner encore quelques jours de réflexion afin d’analyser tous les paramètres, de bien peser le pour et le contre. Il fallait annoncer la décision la plus importante de sa carrière. C’est finalement au petit matin du 16 décembre, sur sa page Facebook, que celui qui restera pour toujours le King d’Arsenal a entériné son choix.
« Après 20 ans, j’ai décidé de prendre ma retraite de footballeur professionnel. Cela a été une expérience incroyable et je veux remercier tous les supporters, partenaires et personnes impliqués avec l’A.S. Monaco, la Juventus Turin, Arsenal, le FC Barcelone, les New York Red Bulls et, bien sûr, l’équipe de France, qui ont rendu ma carrière si spéciale. Il est temps pour moi d’emprunter une autre voie. Je suis heureux d’annoncer que je reviens à Londres et rejoins Sky Sports (comme consultant de la chaîne télé). » Quelques lignes pour résumer plus de vingt ans de carrière et un palmarès long comme un jour sans fin.
Thierry Henry, c’est une Coupe du monde remportée à tout juste 20 ans, l’Euro 2000 et la Coupe des Confédérations 2003 sous le maillot bleu. En club, c’est, avec Barcelone, une Coupe du monde des clubs, une Ligue des champions et une Supercoupe d’Europe, tout ça en 2009. Mais aussi deux championnats d’Espagne, une Coupe et une Supercoupe d’Espagne.Titi, qui avait un appétit de gros minet, compte encore deux championnats d’Angleterre, trois Cups et deux Community Shields avec Arsenal. Et à Monaco, là où tout a commencé, le môme avait raflé un championnat de France en 1997.

« Coach, je ne sais pas marquer ! »
En chiffres, le bilan est tout aussi vertigineux. Il est le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, celui qui a détrôné un certain Michel Platini, avec ses 51 buts en 123 sélections. Le seul joueur français à avoir disputé quatre phases finale de Coupe du monde. Ses 228 buts en 378 matches sous les couleurs d’Arsenal constituent un record pour le club anglais. Une dernière ? Pour faire bref, avec 411 buts en 917 matches disputés tout au long de sa carrière professionnelle, il se pose tout simplement comme le plus grand buteur français de tous les temps.
Le paradoxe veut que Titi n’était pas, à l’origine, un attaquant de pointe mais un joueur de couloir qui appréciait, notamment, de filer côté gauche. C’est chez les Gunners, là où tout s’est véritablement emballé pour lui – il a désormais sa statue devant l’Emirates Stadium – que l’histoire a pris une autre tournure. Arsène Wenger se souvient : « Le jour où j’ai décidé de le replacer dans l’axe, il m’a regardé avec de grands yeux ronds et m’a répondu : “Mais, coach, je ne sais pas marquer !” Vous connaissez la suite… »
Avant-centre, il est devenu, avant-centre il est resté. Jusqu’à laisser une trace indélébile avec sa fameuse spéciale, cette frappe délicieusement enroulée, pied droit largement ouvert, légèrement excentré côté gauche, pour aller marquer au second poteau. Comme une marque déposée. Sa marque de fabrique. Comme il y a les Rabah Madjer, il y a les buts à la Thierry Henry.
En alliant puissance, vitesse et technique raffinée – « C’était Usain Bolt avec un talent pour le football », résume Wenger -, ce fou furieux de foot, amoureux dingue de son métier, perfectionniste à la folie, a laissé une trace énorme partout où il est passé, si l’on excepte ses six mois sans saveur à la Juventus, à l’occasion du premier transfert de sa carrière. Sa première expérience à l’étranger, aussi.
Hormis sa courte période italienne, on pourra également regretter, alors qu’il avait connu le meilleur à ses débuts avec un sacre en Coupe du monde en 1998 et un autre à l’Euro en 2000, que son histoire avec l’équipe de France se soit tristement terminée, assis dans un bus, au fin fond de l’Afrique du Sud. Seulement quelques mois après la fameuse mimine qui avait tant fait causer, sur le but de William Gallas, durant le barrage retour contre l’Irlande. Le meilleur buteur de l’histoire des Bleus méritait assurément une toute autre sortie.
Des hommages, Titi ne cesse d’en recevoir depuis qu’il a déposé ses quelques mots sur sa page Facebook. « Ça n’arrête pas, s’en étonnerait-il presque. Tous ceux avec qui j’ai joué m’appellent ou me laissent des messages. C’est marrant. Ça fait aussi un peu bizarre. » Comme une petite mort ou le début de sa deuxième vie. Il y sera donc, dans un premier temps, consultant sur une chaîne britannique. Avant, probablement, de venir à nouveau humer l’odeur de l’herbe à hauteur de banc. Le « King » a l’intention de passer ses diplômes d’entraîneur. Pour boucler la boucle et transmettre tout son savoir aux nouvelles générations.

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