Équipe de France

Rétro foot : Avril 2012 (2/2)

Il paraît qu’en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil. Pourtant, le Barça perd le guide qui l’a mené aux succès les plus faramineux depuis quatre ans. C’est l’info du mois, Pep Guardiola annonce qu’il s’accorde un break dans sa jeune carrière d’entraîneur. A part ça, Dortmund voit double, l’OM reprend une Coupe et Lyon met un terme à l’épique épopée de Quevilly. Et puis Hatem Ben Arfa et Antonio Cassano nous font frissonner. Mais pas pour les mêmes raisons.

Un match : Un Clasico très slow
Y’a de l’électricité dans l’air pour ce Clasico de printemps entre le Paris SG et l’OM. Pas seulement parce que les supporters olympiens ont été conviés à rester chez eux (ce qui n’empêchera pas le Parc d’établir son record de l’année avec un total de 46 252 entrées). Pas seulement à cause de la rivalité viscérale qui oppose les deux clubs. Encore que… Les Parisiens ont toujours en mémoire l’humiliant 3-0 encaissé six mois plus tôt au Stade Vélodrome. Comme une tâche dans un décor jusque-là paradisiaque.
Les Marseillais, eux, ont d’autres soucis en ce début avril. Ils restent sur une série de 10 matches sans victoire et la capitale n’apparaît pas forcément comme l’endroit le plus propice pour mettre fin à cette spirale. Dans ce contexte, on ne s’attend pas à voir la rencontre démarrer sur les chapeaux de roue. Et pourtant, le PSG, grâce à un Jérémy Ménez intenable, appuie sur l’accélérateur d’entrée. Ça part à 100 à l’heure. Très vite (6e minute), l’attaquant international est récompensé de sa pugnacité. Reprise du droit qui trompe Steve Mandanda. Le beau début, la drôle de suite. Comme un trou noir.
Après l’ouverture du score, Paris recule, refuse le défi physique, semble tétanisé et sans idées. Javier Pastore est absent des débats et finalement, l’égalisation d’André Ayew juste avant l’heure de jeu ne paraît pas incongrue. Qu’Alex, deux minutes plus tard, à la réception d’un corner de Nenê, redonne l’avantage aux Parisiens peut en revanche être assimilé à un petit hold-up. A la fin du match (le score ne bougera plus, 2-1), Didier Deschamps ne disait pas autre chose. « Cette défaite est injuste. Ils cadrent deux tirs. Résultat : deux buts. Steve (Mandanda) n’a eu aucun autre arrêt à effectuer. On méritait de rapporter un point minimum. »
Dans le vestiaires d’en face, Carlo Ancelotti n’envisage évidemment pas les événements sous le même angle. « Le jeu a été équilibré avec beaucoup d’engagement. Ce n’était pas évident face au pressing marseillais mais ce que je retiens, c’est que nous avons évolué en équipe pendant 90 minutes. » Ce que l’on retient surtout, c’est la prestation de Ménez, souvent victime de sautes de concentration, d’errances, avec une implication parfois défaillante. Cette fois, Jérémy a pesé, percuté, décroché, défendu, il s’est battu avec une envie comme on aimerait toujours lui connaître. Sa sortie en toute fin de match, sous les vivas du public, vaut mieux que de longs discours. Pour le reste, si la montagne a accouché d’un sourire, ce PSG pas rassurant pose toujours question.

Un titre : Lyon rugit encore
Non, Lyon n’est pas mort. Il rugit encore et met un terme, en finale de la Coupe de France, à l’incroyable épopée de l’US Quevilly. Le seul but du match, plutôt bien maîtrisé par les Olympiens, est l’œuvre de Lisandro Lopez qui reprend avec sang-froid une merveille de centre en retrait du jeune Alexandre Lacazette (28e). Ce succès, c’est aussi, pour le mastodonte français du début du XXIe siècle, la fin d’une disette de quatre années. « Ce seizième trophée depuis 2001, assure le président Jean-Michel Aulas, représente la concrétisation d’une politique forte. » Rémi Garde, intronisé dix mois plus tôt, connaît son premier sacre dans son costume tout neuf d’entraîneur. « D’abord, je tiens à rendre hommage aux joueurs de Quevilly. On les a pris au sérieux et on a bien fait. Nous voilà avec un trophée majeur qui ne récompense pas l’équipe la plus régulière mais dont on peut être fier. » A défaut de disputer la très lucrative Ligue des champions, l’OL retrouve le sourire en ajoutant une ligne à son palmarès.

Un chiffre : 12
En battant Lyon 1-0 en finale de la Coupe de la Ligue grâce à une réalisation du revenant Brandao en prolongation, l’OM devient le premier club à remporter trois fois de suite l’épreuve. Il reste également sur une série de 12 victoires dans cette compétition. Un autre record.

Un come-back : Antonio Cassano, atout cœur
Antonio Cassano avait débarquait au Milan AC durant le mercato d’hiver 2011. Depuis, ce fou de « Fanantonio », l’un des enfants les plus terribles du football italien, semble assagi. Il s’est imposé aussi bien chez les Rossoneri qu’au sein de la Squadra Azzura, où Cesare Prandelli en a fait un indiscutable titulaire sur le front de l’attaque pour les éliminatoires de l’Euro 2012. Tout roule jusqu’à ce 29 octobre. La journée a été fructueuse. Les Milanais se sont imposés 3-2 sur le terrain de l’AS Rome et l’ambiance est à la bonne humeur dans l’avion du retour.
C’est alors qu’intervient le drame. Cassano est victime d’un AVC. Panique. On le transporte d’urgence à l’hôpital où les médecins détectent une malformation cardiaque. Opération, soins, rééducation. Questions, aussi : « Fanantonio » pourra-t-il rejouer au foot de haut niveau ? La réponse, le miraculé la donne cinq mois plus tard. A quelques minutes de la fin de la rencontre contre la Fiorentina, il remplace Gianluca Zambrotta. Première apparition depuis l’accident. Standing ovation. Les 58 000 spectateurs de San Siro se lèvent comme un seul homme et l’applaudissent à tout rompre. « Oui, confie le héros du jour, j’ai eu peur de mourir, surtout avant l’opération. Pas pour moi mais pour ma mère, ma femme et mon fils. Ensuite, j’ai consenti de gros efforts pour revenir sur le terrain. »
Et maintenant, rêve-il de réussir le plus fou des paris, après toutes les épreuves traversées : gagner sa place pour l’Euro ? « Le pied va bien. Pour la condition physique, il faut voir. Ce qui est sûr, c’est que je ne veux pas de pitié. Si je me rends compte que je n’ai pas retrouvé la forme, je dirai merci à tout le monde et je resterai à la maison. » Suite du feuilleton en juin.

Une équipe : Dortmund trempé dans l’acier
Et un doublé, un. Pour la deuxième année consécutive, le Borussia Dortmund est sacré champion d’Allemagne. C’est fait deux journées avant la fin de la compétition grâce à une victoire face à Mönchengladbach, 2-0. Si facile (le club termine avec 8 points d’avance sur son dauphin, le Bayern Munich, et 17 sur Schalke 04, 3e). Et pourtant… Qui aurait pu imaginer un tel scénario quand, après six journées, le Borussia pointait à la 11e place avec 6 petits points au compteur ?
« En fait, explique le directeur sportif Michael Zorc, on avait créé la sensation l’année précédente en remportant le championnat un peu à la surprise générale. Il a fallu gérer une situation nouvelle pour les joueurs qui étaient attendus à chaque match. » Cette piètre mise en jambe n’a pas entamé les convictions du coach, Jürgen Klopp, arrivé en 2008. Klopp est resté fidèle à ses principes de jeu avec un football tout en mouvement, un pressing haut et fort, l’idée de toujours – et vite – se projeter vers l’avant. Cela n’a pas davantage entamé le moral des fidèles de la cathédrale du Westfalenstadion. Ils n’ont jamais déserté leur stade chéri : 80 500 spectateurs de moyenne sur la saison pour une capacité maximale de 80 720 places !
Portés par leurs supporters et un vrai projet de jeu, les joueurs de la Ruhr, trempés dans l’acier, réalisent une série record en Bundesliga : 28 rencontres sans la moindre défaite. Ils terminent également avec la meilleure attaque, 80 buts, dont 22 pour le Polonais Robert Lewandowski (troisième meilleur buteur du championnat). Et tous dégustent sans modération ce nouveau titre. A commencer par le gardien, Roman Weidenfeller. « C’est encore mieux que l’an dernier parce qu’il est toujours plus dur de confirmer. »
Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Klopp prolonge jusqu’en 2016. Les jeunes pépites polies si patiemment – Mario Götze, Kevin Großkreutz ou encore Mats Hummels – sont toutes sous contrat pour trois ans minimum.

Un clash : Dupont, c’est pas la joie
Coup de tonnerre sur Brest. A cinq journées de la fin du championnat, le club vire son entraîneur, Alex Dupont, alors que l’équipe est 18e et donc relégable. Une annonce surprise dans la mesure où le coach, malgré cette passe difficile, semblait toujours jouir d’une image intacte et d’une bonne cote de popularité. Le président Michel Guyot assure qu’il s’agit « d’une décision longuement réfléchie, qui fait suite à une accumulation de détails. En tout cas, c’est un choix que j’assume complètement. » Alex Dupont s’abstient de réagir à chaud, préférant retenir « les trois années de bonheur passées (là) ». C’est le directeur sportif, Corentin Martins, qui est désigné pour le remplacer et assurer l’opération maintien.

Express
• Jean Tigana débarqué, Nicolas Anelka devient entraîneur-joueur du Shangai Shenshua.
• Drame en Italie : Piermario Morosini, milieu de terrain de 25 ans de Livourne (Série B), est victime d’une crise cardiaque lors d’un déplacement à Pescara. Il meurt avant d’arriver à l’hôpital.
• Cinq journées avant la fin de la compétition, l’Hapoël Kiryat Shmona, équipe d’une ville de 23 000 habitants, devient champion d’Israël. Ce club créé en 2000 n’évolue dans l’élite que depuis quatre saisons !
• Pour remettre d’aplomb une équipe de Lorient qui a plongé au classement, Christian Gourcuff fait appel à Tiburce Darou comme préparateur physique. Il s’agit de l’ancien prof de sport de la « Star Academy ».
• Le 14 avril, le FC Santos de Pelé fête ses 100 ans. Le roi est évidemment de la grande fiesta organisée pour l’occasion.

Populaires

To Top