Équipe de France

Rétro foot : Avril 2012 (1/2)

Il paraît qu’en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil. Pourtant, le Barça perd le guide qui l’a mené aux succès les plus faramineux depuis quatre ans. C’est l’info du mois, Pep Guardiola annonce qu’il s’accorde un break dans sa jeune carrière d’entraîneur. A part ça, Dortmund voit double, l’OM reprend une Coupe et Lyon met un terme à l’épique épopée de Quevilly. Et puis Hatem Ben Arfa et Antonio Cassano nous font frissonner. Mais pas pour les mêmes raisons.

Un coach : Pep n’avait plus de peps
On s’en doutait. Il y avait plein de signes qui le laissaient présager. Quelques paroles volées à la dérobée, des habitudes tout d’un coup chamboulées. Alors que les saisons précédentes, un simple communiqué suffisait à officialiser la prolongation de contrat de Pep Guardiola au Barça, cette fois, une conférence de presse est organisée pour évoquer son avenir. Il se présente donc ce 27 avril en début d’après-midi devant les médias, après avoir informé son groupe, le matin même avant l’entraînement, de sa décision. Le Catalan ne laisse pas planer longtemps le suspense. « Je suis usé, commence-t-il. Quatre ans au Barça, cela représente une éternité. L’automne dernier, j’avais déjà ressenti cette lassitude et confié au président que la fin était sans doute proche. »
Ses dirigeants ont pourtant voulu y croire jusqu’au bout, lui offrant carrément un chèque en blanc pour qu’il poursuive l’aventure. Son salaire ? Largement revalorisé, pas de problème. Cette tournée estivale en Malaisie qu’il jugeait trop fatigante ? On l’annule et on s’assoit sur les 8 millions d’euros qu’elle aurait rapportés. Les renforts ? Il aura ce qu’il veut. Mais cela n’a pas suffi. « Je pars pour reprendre des forces. Un entraîneur a besoin d’être en pleine possession de ses moyens pour transmettre l’énergie nécessaire à ses troupes et, là, mes batteries sont à plat. »
La pression a fini par avoir raison de lui. Ses joutes incessantes avec José Mourinho, son rival du Real Madrid, l’ont également cabossé. Et puis à l’intérieur même de son groupe, ce passionné, ce perfectionniste au degré d’exigence élevé a décelé quelques failles. Guardiola remercie d’abord ses joueurs : « Ils ont été grands et m’ont permis de vivre quatre saisons merveilleuses ». Un peu plus tard, il reconnaît : « Disons que, par rapport à une certaine époque, 2009 par exemple, je ne ressens pas la même communion ». Au cours de cette dernière saison, Gerard Piqué et Daniel Alves sont allés effectuer quelques tours sur le banc de touche. En cause : un mode de vie jugé peu compatible avec le haut niveau. Cesc Fabregas a connu le même sort pour s’être écarté, sur le terrain, des consignes données par son coach.
Pep le Magnifique se retire avec un impressionnant palmarès : 14 titres glanés en quatre saisons. Dans sa besace, on trouve deux Mondiaux des clubs, deux Supercoupes d’Europe, deux Ligues des champions, trois championnats d’Espagne, deux Coupes du Roi et trois Supercoupes d’Espagne. On peut également rappeler ce prodigieux quintuplé lors de la saison 2011-12 : Mondial des clubs, Supercoupe d’Europe, Ligue des champions, championnat d’Espagne, Supercoupe nationale. Enormissime, tout simplement. Sans parler de sa patte et de ce style de jeu incomparable qui n’avait peut-être jamais atteint une telle perfection. Même sous l’ère Johan Cruyff.
A l’heure des adieux, le génie Lionel Messi choisit de faire court pour rendre hommage à son « géniteur ». Sans doute pour mieux masquer ses sentiments. « Je ressens une telle émotion… Je voudrais juste remercier Pep pour tout ce qu’il m’a apporté. Sur le plan professionnel, bien sûr, mais aussi sur le plan personnel. » Son successeur est déjà désigné. Il s’agira de son adjoint et ami Tito Vilanova, opéré avec succès d’une tumeur en novembre de l’année précédente. « Tito connaît la maison de fond en comble, explique le président Sandro Rosell. Il garantit la continuité d’un style. » Guardiola, lui, s’éloigne de toute cette agitation, du stress de la compétition, de cette obsession : toujours faire mieux, toujours aller plus haut. Il va prendre du recul. « Ma vie, jusqu’à présent, n’a été que foot, foot et foot. Est arrivé le moment où j’ai besoin de me ressourcer. Mais je reviendrai. » Tout le monde l’attend déjà.

Un but : La folle chevauchée du « Magpie »
Ses débuts dans le football anglais ont été douloureux. Trois mois après son arrivée à Newcastle à l’été 2010, Hatem Ben Arfa a été la victime de Nigel De Jong. La cisaille de Manchester City a tout emporté sur son passage et surtout la jambe de l’attaquant international français. Résultat : double fracture du tibia-péroné. Entre opération, rééducation et rechute, le « Frenchie » est resté sur la touche près d’une année. Mais depuis le début de l’année 2012, Ben Arfa a retrouvé toutes ses sensations. Hatem est redevenu Hatem. Auteur d’un but ébouriffant contre Blackburn en Cup, il récidive quelques semaines plus tard en championnat. En ce début du mois d’avril où, paraît-il, il ne faut pas se découvrir d’un fil, Ben Arfa déroule sa pelote.
Dans l’antre chéri de St James’ Park, les Magpies accueillent Bolton. L’ancien Lyonnais se trouve dans sa moitié de terrain, à 40 m de ses buts. Là, il entame son show. Hop, je passe la balle derrière ma jambe d’appui pour mettre dans le vent un premier adversaire. Hop, une accélération pour en larguer un deuxième. Hop, un nouveau démarrage suivi d’un exter’ du gauche pour en semer deux autres avant d’aller crucifier Adam Bogdan, le pauvre portier des Wanderers. Une chevauchée héroïque de 60 m, une symphonie fantastique qui fait dire à son entraîneur, Alan Pardew : « Hatem est magique, tout simplement magique ». Et l’on reparle de Ben Arfa comme d’un très sérieux postulant pour l’Euro. Inimaginable quelques mois plus tôt.

Un top : Quevilly, c’est trop fort !
Après Marseille en quarts de finale, Quevilly s’offre un nouveau scalp de Ligue 1 en dominant Rennes (2-1) en demi-finales de la Coupe de France. Les Normands étaient pourtant menés 1-0 à la mi-temps. « A la pause, explique le capitaine Grégory Beaugrand, le coach (ndlr : Régis Brouard) nous a rassurés. Il nous a dit que c’était le scénario idéal. Il a valorisé ce qu’on avait fait et ç’a marché. » Avec l’égalisation de Karim Herouat à la 63e minute puis le but de la victoire d’Anthony Laup (qui grille la politesse à Jean-Armel Kana-Biyik) dans les arrêts de jeu. Un succès au bout du suspense qui rend l’exploit encore plus savoureux. A eux le Stade de France !

Un flop : Les Bretons mangent leur chapeau rond
Si cette Coupe de France est le top du top pour Quevilly, elle tourne à l’énorme flop pour le Stade Rennais, humilié par les Normands. « On est indéfendable », admettra le coach, Frédéric Antonetti. « On n’a pas de couilles », renchérit Yann M’Vila. L’affaire ne s’arrête pas au terrain. Au retour du match, dans la nuit, les Bretons sont pris à partie par quelques ultras. Antonetti, M’Vila et Kana-Biyik n’apprécient pas. Le coach a une sérieuse altercation avec les « manifestants ». Rebelote le lendemain, à la reprise de l’entraînement. Le ton monte haut entre M’Vila et l’un des contestataires les plus virulents. Il faudra l’intervention des agents de sécurité pour éviter que l’affaire ne termine en un mano a mano. Triste spectacle…

Une phrase
« Je suis abattu. Le mot est fort mais j’ai honte. Ça fait un moment que ça dure. Dans l’envie, dans l’état d’esprit, dans l’attitude, on n’y est pas. Je sais qu’on peut mieux faire mais on n’arrive pas à se retrouver et c’est difficile à vivre. »
Signé Nicolas Nkoulou après la défaite 2-0 face au Bayern Munich et l’élimination de l’OM en quarts de finale de la Ligue des champions.

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