Équipe de France

Rétro foot : Août 2012 (1/2)

Manchester United arrache Robin Van Persie à Arsenal. Avec Wayne Rooney, il formera un duo d’attaque incomparable. Ça fait du boucan outre-Manche. En Angleterre toujours, le Brésil et nos filles bleues pleurent leurs illusions olympiques. Pendant ce temps, en France, Didier Deschamps étrenne ses galons de sélectionneur, Falcao devient prince de Monaco et Lille inaugure son Grand Stade, où Mickaël Landreau est encore un héros. L’été est chaud !

Un transfert : Un Messie nommé Van Persie
L’affaire s’est éternisée. Elle a même longtemps paru des plus improbables. Impossible d’imaginer un arrangement entre les meilleurs ennemis du monde. Arsenal et Manchester United. Impossible, en théorie. Pourtant, ce 17 août, Robin Van Persie appose bien, au terme d’un grand poker menteur, sa signature chez les Red Devils. Et cela devient le transfert de l’été. Plus fort que « Ibra » à Paris ou Modric au Real parce que, là, il s’agit d’une transaction entre des gentlemen qui évoluent dans la même cour – celle d’Angleterre – et qui évitent plutôt habilement, en temps normal, de se déshabiller au profit d’un concurrent direct.
Au moment de présenter son nouveau poulain, Alex Ferguson, plus Sir que jamais, rend un hommage très, très appuyé à sa recrue. « Robin voulait absolument venir chez nous. Son envie a constitué une avancée immense dans les négociations. S’il n’avait pas effectué le forcing auprès d’Arsenal, l’affaire n’aurait jamais pu aboutir. Arsène Wenger, ce que je comprends, ne voulait pas le lâcher. Robin a dû monter au front pour obtenir son bon de sortie. Il faut le savoir. »
Il convient de souligner que les propriétaires du club – la famille Glazer – ont consenti un effort exceptionnel au nom du soutien indéfectible que le manager leur a toujours apporté, en dépit de la défiance des supporters à l’égard des patrons américains. Pour la dernière année de contrat de « RVP », ils étaient prêts à investir 15 millions de livres. Ils en ont finalement allongé 24 (près de 30 millions d’euros). Le Néerlandais perçoit dans l’affaire un astronomique salaire de 200 000 livres par semaine (environ 250 000 euros).

Van Persie + Rooney = 57 buts en Premier League
Vertige des chiffres. Mais rien n’est trop beau, ni trop cher pour satisfaire l’inusable Alex le Grand qui envisage de passer la main d’ici à deux ans et qui rêve de transmettre le flambeau avec une équipe au top du top. Tout en haut de l’affiche. Van Persie lui apparaissait comme un élément essentiel du puzzle XXL qu’il imaginait mettre en place. Son idée : associer la meilleure paire d’attaquants planétaire. Rooney, l’homme à tout bien faire, et le beaucoup plus égocentrique Batave (57 buts à eux deux la saison passée en Premier League).
Savoir si le duo va chanter d’une même voix est une autre affaire. En tout cas, Wayne la gâchette assure d’entrée qu’il ne doute de leur compatibilité. « Sachez qu’il s’agit d’un grand moment pour Manchester United. Signer un joueur de ce talent et de cette habileté signifie beaucoup. Nous sommes tous les deux assez intelligents pour avancer ensemble, afin de donner le meilleur au club et pour aller, avec tous les autres, là où le coach veut nous amener. » Tout en haut évidemment.
Au moment de sa présentation, Van Persie y est allé de son couplet sur ses envies, ses aspirations et ses ambitions. Clair, net et précis. Il débute par une explication de texte en version originale. « Dans certaines situations, quand il y a une décision difficile à acter, j’écoute toujours le petit enfant qui reste en moi. Et celui-ci me criait d’aller à Manchester United. C’est un honneur pour moi de rejoindre ce club et de suivre la trace de tellement de grands buteurs qui en ont fait l’histoire. Je vais tâcher d’apporter ma contribution et mon expérience pour remporter le plus de trophées possibles. »
Ce qu’il y a de bien avec « RVP », c’est qu’il ne parle pas pour ne rien dire et qu’il a vite fait de passer des paroles aux actes. Pour sa première titularisation, lors de la 2e journée du championnat – il était entré en seconde période pour l’ouverture de la Premier League à Everton -, le nouveau « Red Devil » conquiert tout de suite son monde. Robin découvre le Théâtre des rêves avec le paletot rouge sur les épaules. Première titularisation face à Fulham, première occase. D’une caresse en demi-volée, premier but pour sa première officielle à Old Trafford ! On joue depuis 10 minutes et le peuple mancunien se pâme, déjà sous le charme. So marvelous ! La semaine suivante, Robin va encore faire monter la température en réussissant un foudroyant triplé à Southampton qui offre la victoire à MU (3-2). On peut appeler ça une entrée en matière réussie. Ce Messi(e)-là se nomme Van Persie.

Des J.O. : Des Bleues et des pleurs
Elles se sont révélées aux yeux de la planète du foot féminin lors du Mondial 2011, où elles ont terminé à une aussi prometteuse que frustrante 4e place. Depuis, les filles de Bruno Bini, le coach des Bleues, ne pensent qu’à ça. Une obsession autant qu’un objectif. Le théâtre de leurs rêves s’appelle les Jeux Olympiques. Elles veulent arracher une médaille, si possible du plus joli métal, mais d’abord une médaille à se mettre autour du cou. Et si dans la phase de groupes, Eugénie Le Sommer et ses sœurs sont dominées par les tenantes du titre américaines (2-4), elles rectifient le tir contre la Corée du Nord puis la Colombie.
En quarts de finale, face à la Suède, l’entame est difficile mais les Françaises, grâce à des réalisations de Elodie Thomis et Wendie Renard, reviennent dans la partie et finissent par s’imposer. Le rêve se précise. Bruno Bini s’emporte : « Je ne veux pas aller à Coventry (ndlr : où se déroulera le match pour la 3e place). Elles ne veulent pas non plus aller à Coventry. Nous, il n’y a que Londres qui nous intéresse. » Pour cela, il y a d’abord des Japonaises à dompter et une demi-finale à ne pas jouer à moitié. Sauf que c’est ce qu’elles font… Résultat : 0-2 à la pause, sur deux erreurs défensives.
Heureusement, la cavalerie bleue se réveille en seconde période. C’est une Le Sommer pleine de rage qui réduit le score (76e). Dans la foulée, les Françaises obtiennent un penalty. Elise Bussaglia s’en charge et le frappe… trop à droite des cages, alors que la gardienne était totalement prise à contre-pied (photo). L’intéressée reste inconsolable. « Je veux m’appliquer et mettre de la force mais j’ouvre trop mon pied. Des penalties, j’en ai tiré je ne sais pas combien, c’est le premier que je rate. Je suis sûre qu’à 2-2, on en mettait un troisième. En face, elles étaient perdues. Ce qui se passe dans ma tête, c’est à moi de le gérer et je sais que ça va être compliqué. Une finale olympique, pfff… »
Personne ne voulait aller à Coventry mais elles vont tout de même s’y rendre pour tenter de décrocher le lot de consolation. Il a la couleur du bronze. Face aux Canadiennes, les Bleues donnent tout pour l’arracher, cette fameuse médaille. Elles attaquent à tout-va, dominent largement les débats, osent (25 tirs mais 4 cadrés seulement), touchent une fois la barre, une autre fois le poteau. Et puis pendant le temps additionnel, à la 92e et des poussières, profitant d’une mauvaise relance et d’un cafouillage, Diana Matheson marqua dans le but vide. Le premier tir cadré de la partie des Canadiennes. Il crucifie les malheureuses Bleues. Trop injuste !
Un an après, l’histoire bégaie, laissant les filles sur le bord de la route. « Ça se répète, se désole Camille Abily, on n’apprend pas de nos erreurs. C’est encore une médaille en chocolat. J’aime bien le chocolat mais je peux me l’acheter… » Un chocolat particulièrement amer.

Un joueur : Falcao, Européen convaincu
Le Colombien Radamel Falcao aime à la folie le parfum de l’Europe, jusqu’à s’en enivrer. Meilleur buteur de la Ligue Europa 2010-11 (17 pions) sous le maillot de Porto, meilleur buteur de la suivante (12 réalisations) sous les couleurs de l’Atletico Madrid, le goleador devient le superhéros de la Supercoupe d’Europe, disputée fin août. Il enflamme littéralement le stade Louis-II de Monaco lors de la rencontre de prestige opposant les vainqueurs de la Ligue des champions (Chelsea) à ceux de la Ligue Europa (l’Atletico, donc). Et un, et deux et trois buts ! En une mi-temps seulement… D’une précision diabolique, l’attaquant de la formation espagnole atomise, pratiquement à lui seul, les Blues. Score final : 4-1 pour l’Atletico avec cet extraordinaire triplé du Colombien qui a tout juste assez d’une main pour faire le décompte. Depuis, ses victimes rêvent de l’engager.

Un top : Landreau, ce héros
A l’occasion de la 3e journée de championnat, Lille rapporte un match nul (2-2) de son voyage à Nice. Il le doit un peu, beaucoup à son gardien Mickaël Landreau, tout simplement héroïque, sous les yeux du sélectionneur, Didier Deschamps, venu assister à la rencontre. L’ancien Nantais ne pouvait absolument rien sur les deux réalisations de Nemanja Pejcinovic et Eric Bauthéac. Il se montre décisif en offrant un véritable récital : pas moins de cinq parades exceptionnelles face aux Niçois, un peu écœurés. Monstrueux, tout simplement. « Oui, il a été grand, commente son entraîneur, Rudi Garcia, mais c’est souvent le cas. » Un peu plus de trois mois plus tard, ce sera pourtant la séparation…

Un flop : Dalmat signe puis résilie
Alors qu’il venait tout juste de s’engager pour deux ans à Nîmes, Stéphane Dalmat, 33 ans, décide finalement de dire stop et de raccrocher les crampons. « Tout était réuni pour retrouver le plaisir ici mais à la mi-temps d’un match de préparation contre Marseille, j’ai senti que c’était fini. Le lendemain, je ne me suis pas rendu au décrassage. J’ai préféré être honnête avec les dirigeants. » De sa carrière débutée en 1997 à Châteauroux et qui l’a vu fréquenter onze clubs, il dit : « J’ai certainement fait des mauvais choix, notamment au moment de quitter l’Inter, mais je reste fier de mon parcours. J’ai évolué avec les plus grands joueurs du monde et j’ai le respect de mes anciens coéquipiers. » Une drôle de fin quand même.

Un inconnu : Olinga, roulez jeunesse
Inconnu, peut-être, mais sans doute plus pour très longtemps. A 16 ans, 3 mois et 6 jours, l’attaquant de Malaga Fabrice Olinga (à droite sur la photo) devient le plus jeune buteur de la Liga, auteur de l’unique réalisation de la partie sur le terrain du Celta Vigo. Natif de Douala, au Cameroun, il est passé par la Fondation Samuel Eto’o avant de rejoindre l’Europe et le Real Majorque puis Malaga, où il a signé son premier contrat pro.

Une phrase
« Je suis le seul entraîneur à avoir gagné les trois plus grands championnats, alors on devrait peut-être m’appeler « The Only One » plutôt que « The Special One », jusqu’à ce que quelqu’un d’autre remporte les trois comme moi. »
Signé José Mourinho dans le texte, bien sûr.

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