Équipe de France

Rétro foot : Août 2002 (2/2)

Manchester United arrache Robin Van Persie à Arsenal. Avec Wayne Rooney, il formera un duo d’attaque incomparable. Ça fait du boucan outre-Manche. En Angleterre toujours, le Brésil et nos filles bleues pleurent leurs illusions olympiques. Pendant ce temps, en France, Didier Deschamps étrenne ses galons de sélectionneur, Falcao devient prince de Monaco et Lille inaugure son Grand Stade, où Mickaël Landreau est encore un héros. L’été est chaud !

Un clap : Roberto Carlos dépose les armes
On avait fini par le croire inusable mais finalement, à 39 ans, Roberto Carlos, entraîneur-joueur du club russe de l’Anzhi Makhachkala, annonce qu’il raccroche les crampons. Clap de fin d’une carrière qui s’est étirée sur plus de 20 ans. Arrière gauche hyper offensif aux montées aussi rageuses que ravageuses, Roberto Carlos a révolutionné le poste et le rôle de défenseur latéral. C’est sous le maillot du Real Madrid, où il a évolué de 1996 à 2007, que le n°3 le plus célèbre au monde a connu ses plus belles heures de gloire, garnissant notamment son palmarès de trois Ligues des champions et de quatre titres de champion d’Espagne.
International A brésilien à 19 ans à peine, il a également remporté la Coupe du monde 2002 avec la Seleçao. Avec son centre de gravité bas et un tour de cuisse de 58 cm, ses qualités de vitesse ont meurtri plus d’un adversaire. Roberto Carlos, c’était aussi un maître es coup franc. Celui qu’il infligea à Fabien Barthez lors du Tournoi de France en juin 1997 reste inoubliable : une frappe de mule de 30 m qui contourne le mur bleu, un ballon qui semble devoir sortir puis, comme aimanté par le but, prend une courbe parabolique complètement folle pour aller faire trembler les filets. Un sacré joueur et un sacré bonhomme, le premier latéral moderne.

Un stade : Une inauguration presque parfaite
Ça y est, le grand jour est arrivé. Le 17 août, à l’occasion de la 2e journée de championnat et la réception de Nancy, le LOSC inaugure sa nouvelle enceinte. Le Grand Stade Lille Métropole est un petit bijou qui peut accueillir 50 000 personnes, avec toit amovible et pelouse rétractable. Coût de l’œuvre : 320 millions d’euros et déjà plus de 30 000 supporters abonnés. Le président Michel Seydoux n’est pas peu content du résultat. « Je ne suis pas comme un enfant devant un jouet mais presque. Je ressens une immense fierté d’avoir été l’un des petits éléments moteurs pour que cette chose existe. » Seul bémol dans cette première presque parfaite, le résultat de la rencontre. Lille est tenu en échec 1-1 par une formation lorraine ultra-défensive. « On voulait que la fête soit totale, regrette le défenseur Aurélien Chedjou. Le public (ndlr : 47 500 spectateurs) a fait son travail mais nous, on a péché dans les 30 derniers mètres. Nancy a ouvert le score et nous a ensuite attendus. C’est frustrant. » Une première seulement presque parfaite.

Un carton plein : Les Français passent les barrages
C’était loin d’apparaître comme une mission impossible, cela ne s’est pas forcément passé dans la facilité mais le résultat est là : les trois formations françaises engagées en barrages de Coupe d’Europe (Lille en Ligue des champions, Bordeaux et Marseille en Ligue Europa) ont toutes franchi l’obstacle. Le LOSC, qui s’était incliné 1-0 à l’aller contre le FC Copenhague, a dû faire preuve de patience, dans son tout nouveau et tout beau Grand Stade, pour venir à bout des Danois. Les Nordistes ont validé à la 105e minute de la prolongation leur billet pour la C1 grâce à une réalisation de Tulio de Melo (qui fête ici sa réussite de manière spectaculaire). Ouf !
Quelques petits frissons aussi pour Bordeaux face à l’Etoile Rouge de Belgrade. Après avoir rapporté un bon 0-0 de la capitale serbe, les Girondins se font remonter au score (2-2) à la 90e minute. Ils sont réduits à 10 depuis une demi-heure (expulsion de Nicolas Maurice-Belay). Heureusement, dans les arrêts de jeu, Yoan Gouffran, l’homme du match, n’a pas tremblé au moment de transformer le penalty de la qualification. L’OM, enfin, avait assuré l’essentiel dès la rencontre aller, sur le terrain des Moldaves du Sheriff Tiraspol. Victoire 2-1 grâce à un tireur d’élite nommé Jordan Ayew. Tout ce beau monde verra donc l’Europe en septembre.

Un chiffre : 166
C’est l’un des derniers renforts du mercato estival du Paris Saint-Germain. Le jeune prodige brésilien Lucas Moura (en photo) n’arrivera en fait qu’en janvier au club. Au total, avec lui (40 M€ plus 5 M€ de bonus), Zlatan Ibrahimovic, Ezequiel Lavezzi, Thiago Silva, Marco Verratti et Gregory Van der Wiel, c’est quelque 166 millions d’euros, bonus compris, que le Paris SG a dépensés pour faire son marché.

Un coup de théâtre : Le vrai-faux transfert de Réveillère
C’était une affaire claire, simple, limpide où toutes les parties – joueurs, clubs – étaient tombées d’accord dans une belle harmonie. En bref, le défenseur central du PSG Milan Bisevac devait prendre le TGV direction Lyon pour y signer un contrat de 4 ans tandis qu’Anthony Réveillère effectuerait le chemin inverse, direction Paris, pour un bail de 2 ans. Petit hic : si comme prévu, Bisevac s’est bien engagé avec l’OL, l’international français, lui, n’a fait qu’un bref passage dans la capitale avant de reprendre sa place dans l’effectif lyonnais. Explication : la visite médicale passée par le joueur à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière aurait révélé des faiblesses à l’un de ses genoux et incité les dirigeants parisiens à stopper net les négociations. Titulaire la semaine précédente pour l’ouverture du championnat à Rennes (photo), pour ce qui devait être son dernier match sous les couleurs rhodaniennes, le latéral est donc rentré au bercail. Où il a retrouvé une place de titulaire !

Un record : Le Bayern casse sa tirelire
Après des semaines d’âpres discussions, le Bayern Munich a finalement accepté les conditions de l’Athletic Bilbao pour recruter le jeune (23 ans) milieu de terrain Javi Martinez, international espagnol. Coût de l’opération : 40 millions d’euros. Soit le plus gros transfert de l’histoire de la Bundesliga. Le précédent record appartenait déjà au Bayern et datait de 2009 : le club avait engagé Mario Gomez, en provenance de Stuttgart, pour 33 M€. Y’en a qui ne connaissent pas la crise ! « Nous avons donné notre feu vert parce que nos finances sont excellentes, explique Uli Hoeness, président du conseil de surveillance. On peut se permettre d’investir une telle somme. »

Le coin des Bleus : Toute première fois
A la mi-août, petit pincement pour Didier Deschamps, l’homme aux 103 sélections, au moment de s’asseoir officiellement, pour la première fois, sur le banc de l’équipe de France dans le costume du sélectionneur. Les Bleus disputent une rencontre amicale face à l’Uruguay au Stade de France. Avant même le match, le nouveau coach a apposé sa patte. Dans la sélection qu’il a composée, outre Samir Nasri, Jérémy Ménez (suspendus), Hatem Ben Arfa, Yann M’Vila (laissés à la maison pour l’exemple), Yohan Cabaye, Adil Rami (blessés) et Abou Diaby (en phase de reprise), on note les absences d’Alou Diarra, Philippe Mexès et Florent Malouda. La part belle est faite à des joueurs peu ou jamais sélectionnés. On peut citer pêle-mêle Mamadou Sakho, Raphaël Varane, Mapou Yanga-Mbiwa, Maxime Gonalons, Etienne Capoue, Jimmy Briand, Bafétimbi Gomis, Dimitri Payet et… Rio Mavuba, plus vu en Bleu depuis cinq ans et demi ! Pendant le stage de préparation à Clairefontaine – « Un endroit que j’ai bien connu, symbolique, presque mythique » -, « DD » martèle à ses troupes son credo. Il veut des hommes performants sur le terrain et exemplaires en dehors. « J’ai fait une liste élargie de 50 joueurs et je compte sur tous. Aucun ne sera écarté. Mais attention, je veux que tout le monde ait un comportement irréprochable. S’il y en a qui ne le sont pas, ce n’est pas moi qui vais les perdre, c’est eux qui se condamneront. »
Pour ce qui est de la rencontre face à des Uruguayens fidèles à leur réputation, rugueux dans le jeu et rigoureux en défense, difficile de tirer de grands enseignements. L’équipe de France cherche des automatismes. Malgré quelques occasions, les Bleus doivent se contenter d’un petit nul, 0-0. Ni le 4-4-2 pour l’entame de match, ni le 4-2-3-1 qui l’a suivi n’ont apporté la lumière. Question de patience ? C’est ce que croit Karim Benzema dont l’une des tentatives a frappé le poteau. « Je pense qu’il s’agit d’un bon match de reprise, estime le Madrilène. Nous ne sommes pas tous au même degré de préparation. Il s’agit d’une nouvelle équipe avec de nouveaux joueurs à intégrer. Il faut un peu de temps pour mieux se connaître mais c’est positif quand même. » Au fait, ça lui a fait quoi à Didier Deschamps de retrouver le Stade de France côté pelouse ? « J’ai ressenti beaucoup de plaisir à rechanter la Marseillaise sans être très loin du terrain. Il y a eu de l’émotion et de la fierté, même si je vis tout ça par procuration, car ce sont les joueurs les acteurs. » Rendez-vous début septembre en Finlande pour entrer dans le vif des qualifications pour le Mondial 2014.

Un couac : Le Brésil ne roule toujours pas sur l’or
Comme toujours, le Brésil était le grand favori du tournoi olympique. Qui pourrait résister à l’armada jaune et sa cohorte de stars ou de futures stars annoncées ? Des noms ? Thiago Silva, Rafael, Marcelo, Oscar, Hulk, Neymar, Pato, Lucas Moura… Impressionnant. Une équipe taillée pour enfin atteindre ce Graal qui se refuse obstinément à la Seleçao. Eh bien non, une nouvelle fois – et comme d’habitude -, les Sud-Américains échouent dans leur quête d’or. Ils tombent en finale face à des Mexicains qui n’avaient pas de noms ronflants dans leur effectif mais une grosse envie, un sens élevé du collectif et une vraie discipline tactique. Un but d’entrée de jeu de Oribe Peralta et un autre de la tête du même Peralta (75e) ont eu raison des Brésiliens qui n’ont pu que sauver l’honneur dans le temps additionnel par l’incroyable Hulk. Inconsolables, les joueurs, à l’image du jeune Lucas Moura que son partenaire Thiago Silva tente de réconforter (notre photo). « Je suis, on est très triste, confie Thiago, le nouveau défenseur parisien. Il faut se dire qu’on apprend toujours beaucoup dans la défaite mais c’est terrible de perdre cette finale. On voulait tellement la médaille d’or ! Oui, c’est dur. » Rendez-vous aux Jeux de 2016 pour effacer la malédiction ? Pas le choix, ils se dérouleront à Rio de Janeiro !

Une distinction : Comme au bon vieux temps
Alain Giresse – 586 matches en D1 comme on disait alors et 47 sélections en Bleu – a enfin reçu la Légion d’honneur qui lui avait été attribuée en… 2007. Cela valait le coup d’attendre puisque c’est Michel Platini, l’actuel président de l’UEFA et son ancien partenaire du milieu en équipe de France – ils ont été champions d’Europe 1984 ensemble – qui lui a remis le précieux insigne. Ils ont forcément reparlé du bon vieux temps…

Un imbroglio : Les fausses pistes de Berbatov
La seule chose dont on était sûr, c’est que Dimitar Berbatov allait quitter Manchester United, tant son temps de jeu s’était considérablement réduit chez les « Red Devils ». Pour où ? Ça, c’était une autre histoire, le Bulgare se faisant un malin à brouiller les pistes et à faire durer le plaisir. Dans les derniers jours du mercato, on apprend qu’il a donné son accord verbal à la Fiorentina, où on l’attend pour la signature du contrat. On l’attend encore puisqu’à cet instant, Berbatov est en pleines négociations avec la Juve pour un bail de 2 ans. Première expérience dans le Calcio ? Non car en toute dernière minute, Fulham est monté au créneau et a finalement arraché le morceau. Un peu déroutant tout ça, non ?

Express
• Dominique Veilex, l’entraîneur du Gazélec Ajaccio, qui avait fait monter le club du CFA à la L2 en deux ans et qui avait été prolongé au début de l’été, est viré après la 1ère journée de championnat ! Jean-Michel Cavalli prend sa succession.
• Alors qu’elle faisait du shopping avenue Montaigne à Paris, Helena Segar, la compagne de Zlatan, est agressée par deux individus à scooter qui lui volent son sac. Butin : outre des papiers d’identité et des cartes de crédit, environ 5 000 euros en liquide.
• Condamné au loft stéphanois pendant six mois, la saison précédente, puis prêté à Nancy, Bayal Sall vient de réintégrer l’effectif pro des Verts moyennant une prolongation de contrat de 2 ans et un salaire… divisé par trois.
• Arrivé de River Plate à Monaco pour 16 millions d’euros, bonus compris, le très jeune Argentin Lucas Ocampos, 18 ans, devient le transfert le plus cher de l’histoire de la Ligue 2.
• Relégués en 4e division écossaise pour cause de graves problèmes financiers, les Glasgow Rangers s’imposent, dans leur antre d’Ibrox Park, 5-0 face à East Sterling. Devant… 49 000 spectateurs !
• Et de deux ! Peter Zeidler, entraîneur de Tours, est le deuxième coach viré en L2 depuis le début de la saison. Nous ne sommes qu’en août …
• Après être resté un an sans jouer, Steed Malbranque signe pour une saison à Lyon, son club formateur, avec lequel il s’entraînait depuis quelques semaines.
• Le défenseur du Mans Khaled Adenon écope d’une suspension d’un an pour « voie de fait à l’égard d’un arbitre » lors de la rencontre Rwanda-Bénin.

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