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Rétro foot 2014-15 (Italie) : La Juve, et puis c’est tout

Quatrième titre consécutif pour la « Vieille Dame » qui confirme son hégémonie sur le foot transalpin.

Le départ aussi sec qu’inattendu d’Antonio Conte pour la Nazionale, à l’été 2014, n’aura donc rien changé. A l’échelle du Calcio, la Juventus trône sur la plus haute marche et ça fait maintenant quatre ans que ça dure. Les Bianconeri, que l’on dit chaque année en fin de cycle, confirment qu’ils n’ont pas le vertige. Mieux : la prise de fonctions de Massimiliano Allegri a coïncidé avec leur retour au plus haut niveau sur l’échiquier européen. <br /> Finalistes de la Ligue des champions, les Turinois ont retrouvé leur place dans la cour des grands d’Europe, une vérité qu’il faut relativiser par la dangerosité du parcours (ils n’ont pas rencontré le Barça avant la finale, eux) mais qui fait quand même plaisir. Et s’ils sont les champions d’Europe des défaites en finale, ils ne laissent pas la place aux copains dans le Calcio, leur domaine réservé. <br /> Pour Allegri, c’est une confirmation en forme de croche-pied à la réputation. Le technicien italien vient de réussir là où Carlo Ancelotti et Giovanni Trapattoni avaient échoué. Il devient le premier entraîneur de l’histoire à remporter le Scudetto avec les deux frères ennemis de la Botte : l’AC Milan (2011) et la Juventus (2015). Certes, dans le Piémont, on ressasse que Fabio Capello l’avait fait lui aussi. Mais les deux titres du « Mister » à la tête de la Juve ont été annulés par la justice suite à l’affaire du Calciopoli (rétrogradation de la Juve en Série B en 2006). Dix ans après, on a vu une domination sans partage illustrée par le cas Andrea Pirlo. En fin de contrat au Milan, le champion du monde 2006 avait rejoint la Juventus en 2011 et il a remporté tous les championnats depuis ! Il y a les bonnes affaires, les excellentes et il y a Pirlo… <br /> Quatre titres consécutifs, donc, et des chiffres toujours aussi impressionnants, comme les 24 buts encaissés. Evidemment la meilleure défense du championnat. Sept pions de moins que celle de l’AS Rome, dauphine de la Juve. Ou les 72 inscrits (meilleure attaque). La nouveauté du cru 2015 est une promesse : Allegri a laissé petit à petit le 3-5-2 de Conte au vestiaire pour mettre en place un 4-3-1-2 avec Patrice Evra et Stephan Lichtsteiner toujours aussi influents sur les côtés mais une assise toute neuve derrière. Une ligne de quatre toujours plus haute et un bloc équipe se projetant toujours aussi vite vers l’avant, emmené par un Paul Pogba certes handicapé par quelques pépins en cours de saison mais qui s’est montré toujours plus influent dans le jeu. Avec le Français, Andrea Pirlo et Claudio Marchisio, sans oublier Roberto Pereyra, la trouvaille argentine, ou Simone Padoin, le milieu turinois n’avait pas d’équivalent en Italie. <br /> Et puis, aux côtés d’un Carlos Tévez au top (voir par ailleurs)</span>, on a assisté à l’émergence de l’Espagnol Alvaro Morata qui a enrichi la palette offensive et étoffé les possibilités devant. Au final, les trois défaites au compteur (zéro à domicile !) apparaissent vraiment comme les accidents de parcours d’un champion sacré à quatre journées de la fin. D’un champion sans rival ? Rudi Garcia, une nouvelle fois dauphin avec la Roma, tiquait un peu : « Je suis ambitieux, désireux de gagner des titres ici mais l’écart sera encore plus grand l’année prochaine. Nous sommes premiers de notre championnat, celui pour la 2e place… »</span> <br /> <br /> <b>Mathieu DELATTRE / PLANETE FOOT</b> <br /> <br /> — <br /> <br /> <b>Le top : Carlos Tévez</b> <br /> Avec ses 20 buts, il n’est certes pas le meilleur buteur du championnat (Luca Toni, pour l’Hellas Vérone, et Mauro Icardi, pour l’Inter Milan, ont marqué 22 fois) mais il affichait le meilleur ratio de la ligue (0,63 but par match). « L’Apache » a confirmé son retour au plus haut niveau mondial, dans la foulée de son retour en sélection (après la Coupe du monde au Brésil et le remplacement d’Alejandro Sabella par Tata Martino). Aussi bien dans les chiffres que dans son impact et son influence sur le jeu turinois. Toujours aussi dur à la tâche. C’était l’année Tévez à la Juve puisqu’il a terminé meilleur passeur du club (7). Sa meilleure saison de Turinois. Et la dernière… <br /> <br /> — <br /> <br /> <b>Le flop : AC Milan</b> <br /> Enlevez Mauro Icardi chez les buteurs, impossible de trouver trace de Milan en haut du moindre classement. L’Inter a fini péniblement 8e, malgré le remplacement de Walter Mazzarri par Roberto Mancini en cours de saison. L’AC Milan a pris la 10e place du classsement final. Une saison de galériens pour les deux clubs lombards. L’Inter, désormais propriété d’Erick Thohir, milliardaire indonésien, voulait revenir au premier plan. C’est raté. A l’AC Milan (en passe lui aussi de tomber sous pavillon étranger ?), Pippo Inzaghi a été remercié, comme Clarence Seedorf avant lui. On a vraiment du mal à tourner la page… <br /> <br /> — <br /> <br /> <b>Le chiffre : 2 935</b> <br /> Pour une petite minute, Leonardo Bonucci est le joueur qui a le plus participé à la conquête d’un quatrième titre d’affilée pour la Juventus. Avec 2 935 minutes de temps de jeu, il devance Gianluigi Buffon et ses 2 934 minutes passées sur les pelouses de Série A. Les deux joueurs ont disputé 31 rencontres de championnat. Aucun membre du team turinois n’a disputé les 38 rencontres.

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