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Rétro foot 2014-15 (Espagne) : Le Barça en mode MSN

Vingt-troisième titre pour les Catalans qui s’offrent le triplé pour la première saison de Luis Enrique. Et tout ça, c’est signé Messi-Suarez-Neymar.

C’était le 17 mai. Le Barça n’était pas encore champion d’Europe ni même vainqueur de la Coupe du Roi. Et c’était sur la pelouse de Vicente Calderon. C’est là, dans l’antre de l’Atlético, leur bourreau de l’an dernier en Liga, que les Catalans sont allés arracher le titre de champion d’Espagne 2015. Le vingt-troisième de leur histoire. Avec une saveur particulière. C’est toujours appréciable d’aller cueillir le titre chez un concurrent direct. Et c’est toujours de bon goût avec eux.
Peu après l’heure de jeu, dans un match assez déséquilibré à cause de la tension liée au résultat, Lionel Messi fait la décision dans un enchaînement. Comme un symbole. A l’entrée de la surface, face au but, Leo s’appuie sur Pedro pour un une-deux de poche. Jusque-là, rien que du classique. C’est la suite qui l’est moins. En pleine course et en pleine surface, la « Pulga » se remet à l’endroit avec, dans l’ordre, une roulette de la semelle, un crochet court et une frappe croisée de l’intérieur. Petit filet, évidemment. Comme à chaque fois, tout le monde le sait. Mais comme à chaque fois, ça fait mouche.
Un but d’école pour Messi. Autrement dit, un but d’extraterrestre. Même en boucle, il faut se concentrer pour admirer la technique en mouvement du meilleur joueur du monde. Au ralenti, c’est mieux mais c’est un privilège auquel les défenseurs de l’Atlético ne pouvaient pas prétendre en direct live. But magique et but décisif, donc, qui offre le titre aux Blaugranas au soir de l’avant-dernière journée. Cristiano Ronaldo, auteur d’un ultime triplé le week-end suivant, termine la saison en tête des buteurs avec un total presque incongru : 48 buts marqués. Trop imprécis, Messi ? Il plafonne à 43.
Sinon et pour retomber à des altitudes pressurisées, il faut saluer le travail de Luis Enrique. Pour sa première saison à la tête du Barça, le successeur de Tata Martino a réussi un sans-faute, aussi bien au niveau des résultats qu’au niveau de la manière. En incorporant Luis Suarez devant et en formant les « MSN », peut-être la ligne d’attaque la plus dingue de l’histoire, sans toucher au 4-3-3 sacré du Barça, il a imposé d’entrée sa griffe dans le grand livre. En faisant glisser Ivan Rakitic à la place de Xavi Hernandez, ce qu’il fallait quand même oser, il a réussi son autre grand chantier. Du haut de ses 27 ans, le Croate s’est imposé sans bruit au milieu de Sergio Busquets et Andres Iniesta. Bilan : 7 passes décisives et 5 buts pour le chevelu des Balkans. Surtout, une moyenne de 76 passes par match dont 91% de réussies. Sur le papier, c’est presque un calque de Xavi !
Et puis il y a l’auteur du but du titre. Messi, 43 pions et 18 passes décisives en Liga la saison passée (!), vole de nouveau depuis le début de l’année 2015. Vingt-sept buts en Liga depuis janvier. Une vraie complicité avec Neymar et Suarez. En l’espace de six mois, c’est devenu une nouvelle référence. Les « MSN » ont marqué 120 buts pour le Barça. Jamais un trio d’attaque n’avait dépassé la barre mythique des 100 (il y avait eu Thierry Henry à 26 buts, Samuel Eto’o à 36 buts et Lionel Messi à 38 buts en 2008-09 ; puis Pedro à 13 buts, Alexis Sanchez à 14 buts et Leo Messi à 50 buts en 2011-12). Un compte aussi rond qu’affolant.

Le top : Antoine Griezmann

Le grand écart. Transparent avec les Bleus contre la Belgique et l’Albanie, Antoine Griezmann attire toutes les lumières en Liga. Son transfert de la Real Sociedad à l’Atlético Madrid (qui a payé sa clause libératoire de 30 millions, quand même) au lendemain de la Coupe du monde au Brésil ressemblait à un nouveau départ. Les premiers mois ont été difficiles, voire désagréables, au contact de Diego Simeone. Et puis Antoine s’est libéré. Avec 22 buts, il a terminé à la 3e place du classement des buteurs. Une position qu’il faut apprécier à sa juste valeur : il la partageait avec Neymar et devant, il y avait « CR7 » et Messi, crédité de 48 et 43 buts ! Complet, il figurait aux côtés des deux autres dans l’équipe type de la saison en Liga.

Le flop : Keylor Navas

Il a été l’une des révélations de la Coupe du monde au Brésil dans les buts du Costa Rica, incroyable quart de finaliste du tournoi. Il jouait à Levante et dans la foulée de son Mondial de feu, il a signé au Real Madrid, où on pensait tenir le successeur d’Iker Casillas. L’été dernier, le Real avait déboursé 10 millions pour le recruter. Depuis, le Costaricien compte les herbes sèches au bord des pelouses de la Ciudad Real, à Valdebebas. Six matches en Liga, deux en Ligue des champions (les deux derniers rendez-vous en poule, quand le Real était déjà qualifié) et trois en Coupe d’Espagne. Ça fait cher payé…

Le chiffre : 115

Le nombre de cartons jaunes reçus par Almeria, ce qui en faisait l’équipe la plus sanctionnée du championnat. Hasard ou coïncidence, les Andalous ont terminé à la 19e place et ils ont été relégués en Deuxième division avec seulement 8 victoires. Bon, d’un autre côté, quand tu n’as pas le ballon…

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