Foot

Rétro foot 2014-15 (Angleterre) : Du Blues, du Blues, du Blues

Grâce à un recrutement ciblé et réussi, les hommes de José Mourinho se sont mis en mode rouleau compresseur. Et ils ont tout concassé

Pour le spectacle, on repassera. Cette fois, José Mourinho est vraiment de retour à Chelsea. « A la maison », comme il avait dit lors de sa toute première conférence de presse, il y a deux ans, lorsqu’il était revenu à Stamford Bridge, en quittant le Real Madrid. Une maison au sein de laquelle il n’avait remporté aucun trophée en 2013-14. Il s’est rattrapé ce coup-ci, en remettant les compteurs à l’heure « Special One » plus que GMT. Les Blues se sont offert un cinquième titre, le troisième pour le Portugais, déjà sacré en 2005 et 2006. Et les Blues sont redevenus gloutons puisqu’ils ont aussi raflé la Coupe de la Ligue en s’imposant en finale contre Tottenham (2-0). Comment ? En faisant du Mourinho. <br /> L’été dernier, ce dernier avait donné son bon de sortie à Frank Lampard parce qu’il voulait recruter Cesc Fabregas. Et à Chelsea, quand « Mou » veut, « Mou » obtient. Contre 33 millions d’euros, l’Espagnol a débarqué à Londres. Banco. En manque de repères au Barça, entre la pointe de l’attaque et la pointe du banc, Fabregas a explosé tous les compteurs pour son retour en Premier League. Dix-neuf passes décisives, un record absolu. Cesc est un vrai pari gagnant. Mais il n’est pas le seul. <br /> Il fallait s’appeler José pour convaincre Diego Costa d’être un attaquant glamour répondant à tous les canons de beauté de la Premier League et convaincre l’homme à la tête de cheval de tenter l’aventure. Bonne pioche. Le Brésilo-Espagnol – à moins que ce ne soit l’Hispano-Brésilien – est l’autre symbole du mercato réussi de Chelsea. Des buts à tire-larigot et une entente parfaite avec Fabregas. Ajoutez-y la patte d’Eden Hazard, couvé comme pas possible par le sieur Mourinho et élu meilleur joueur du championnat, du haut de ses 14 buts et 8 passes décisives. Ou encore la nouvelle jeunesse de John Terry en défense (<span style= »font-style:italic »>« Je le croyais cramé et il a réussi l’une des plus belles saisons de sa carrière »</span>, a résumé Mourinho dans un hommage dont il a le secret). Ce rouleau compresseur n’a laissé que des miettes à la concurrence. <br /> Huit points d’avance au final mais un championnat mené d’une main de fer, avec une maîtrise à tous les étages, aussi bien contre les gros que les plus petits. Ne cherchez pas, évidemment, la meilleure défense du championnat. Elle est là, avec 27 buts encaissés seulement. Plus qu’une marque de fabrique des équipes mourinhesque, c’est une signature. On peut noter également le poids de Thibaut Courtois qui a poussé Petr Cech sur le banc de touche, sur la balance du titre. <br /> Après, pour le jeu et les grandes envolées, on repassera… Ce n’est pas la priorité, le technicien portugais s’en tamponne. Il est champion et il n’y a que ça qui compte. C’est sa façon de voir les choses du foot, qui n’est pas partagée par tous évidemment. D’ailleurs, Chelsea l’a payé au prix fort contre le PSG en 8es de finale de la C1, en se faisant punir d »avoir trop refusé le jeu. C’est la prochaine étape pour le coach. Remporter une troisième Ligue des champions avec un troisième club différent (après Porto en 2004 et l’Inter Milan en 2010). Dans la cour de la Premier League, en tout cas, personne n’a été en mesure de contester la suprématie de ces Blues. Ceux du « Mou ». En mode rouleau compresseur.

Le top : West Ham United

Douzièmes au classement final, les Hammers n’ont remporté ni la Coupe, ni la Coupe de la Ligue. Et pourtant, ils étaient en lice pour le premier tour de qualification à la Ligue Europa. Les Londoniens ont gagné ce droit grâce à la place réservée par l’UEFA à l’équipe première du classement… du fair-play de la Premier League. Good job, les Hammers !

Le flop : Newcastle

Sauvés des eaux troubles lors de l’ultime journée, les Magpies peuvent remercier Moussa Sissoko, buteur providentiel contre West Ham. Mais au final, le bilan est une nouvelle fois désolant pour les supporters de St James’ Park. Les coaches se suivent et les défaites se ressemblent. Newcastle, qui voulait devenir l’antichambre de la Ligue 1 avec pléthore de joueurs français, naviguait toujours très loin des courants porteurs. Et ça dure depuis bien trop longtemps…

Le chiffre : 7

En milliards, la somme record que touchera la Premier League chaque saison avec la renégociation des droits télé au Royaume-Uni pour la période 2016-19. Sky et BT ne lésinent pas sur les moyens et montrent une nouvelle fois la puissance financière d’un championnat qui se joue dans d’autres sphères. A partir de mai 2016, la lanterne rouge de la Premier League touchera 136 millions d’euros de droits TV. Plus que le budget de l’Olympique de Marseille cette année. Et le champion ? 210 patates la saison… A titre de comparaison, la Ligue 1 récolte actuellement 748 millions d’euros en droits télé par an.

Populaires

To Top